Mar 20

10 avril 2019 Laïcité et Liberté en 2019

Prochaine rencontre « extraordinaire », au centre socioculturel du Lardin, le 10 avril à 20h
« Laïcité et liberté en 2019 » avec
Régine ANGLARD : Conseillère Départementale (Vice Présidente chargée de la Culture)
Mgr Albert ROUET : Théologien, écrivain, philosophe, sociologue…

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Mar 19

13 mars 2019 Le DON D’ORGANES

Centre socioculturel Le Lardin le 13 mars 2019 (100 participants)

DON D’ORGANE EN VUE DE GREFFE / DON DE VIE

(Dr Elias KARAM)

L’objectif de cette soirée n’est pas de faire du prosélytisme pour ou contre les dons d’organe mais d’éclairer les personnes sur les conditions et les enjeux et les inciter à dire à leurs proches leur volonté

Les greffes d’organe et de tissus sont un progrès majeur de la médecine. Les objectifs de l’Agence de Biomédecine est d’augmenter cette thérapeutique. Cette chirurgie est le seul moyen de réparer un organe vital et de rétablir une fonction. A défaut de greffe les personnes sont condamnées à court terme.

A Brive, l’année dernière 9 donneurs ont offert leurs organes :un donneur donne plusieurs organes et sauve autant de vies.

Le processus du don/greffe commence en service de réanimation où le décès (irréversible) d’un patient est constaté et prouvé (encéphale sans irrigation à l’IRM ; eeg plat 2 fois de suite ; pas de respiration spontanée). La décision est collégiale. La décision est difficile pour la famille car le décédé, ventilé et circulation artificiellement maintenue, a un aspect « normal ». Cependant la décision doit être prise en urgence.

Des examens (recherche de pathologie ; groupage tissulaire HLA…) sont effectués et adressés à l’Agence de Biomédecine (nationale) qui recherche dans son fichier un receveur potentiel compatible. Le patient est descendu au bloc et on garde une circulation normo thermique régionale avec perfusion des organes.

L’équipe qui doit greffer est avertie et, toujours dans l’urgence, contacte le receveur puis prend l’avion pour venir prélever à Brive. Le temps est très limité (4h pour le cœur)

Il s’agit d’actes très techniques avec des contraintes médico-chirurgicales, légales et exigeantes pour conserver la dignité de chaque personne.

En France le consentement est présumé témoignant de la solidarité. Chaque Français est donneur potentiel mais chacun peut, si il le désire, s’inscrire sur le Registre National de Refus en imposant les conditions de son choix (ne veut pas donner tel organe, pas à tel ou tel…). Cette décision est toujours révocable. La carte de donneur ne fait pas foi (la personne a pu changer d’avis entre temps).

L’avis de la famille est toujours demandé avant le début du processus : elle peut s’opposer au don mais doit rendre compte des conditions dans lesquelles la personne a dit son choix de refuser le don.

En pratique il ne peut pas être fait opposition au refus de la famille. Pour éviter des difficultés de choix, dans un temps dramatique et en urgence il faut en parler clairement à ses proches, avant, quand tout va bien.

Le don est solidaire, gratuit, anonyme, fraternel et citoyen.

Actuellement il existe en France 30% de refus (15% en Espagne)

Greffes : actuellement 60 000 personnes vivent en France grâce à une greffe. Il y a 5780 greffes d’organe par an. Sont greffés : rein (3500) ; foie (1374), cœur (467), cœur/poumon, poumons (378), pancréas (96).

A Brive les prélèvements se font sur des personnes à cœur battant (et encéphale mort). Se développe actuellement les prélèvements sur cœur arrêté, décédés, pour lesquels les soins sont « déraisonnables » et les chances de survie nulles.

Les greffons sont insuffisants pour couvrir les besoins : 4000 personnes décèdent en Europe (400 en France) par manque de donneur chaque année

Témoignage plein de vie d’une personne greffée depuis 7 ans : greffe alors que le pronostic vital était engagé à court terme. L’essoufflement était très important rendant la vie très difficile et inconfortable. Il a reçu un appel en urgence du CHU de Bordeaux. La prise en charge a été immédiate, l’opération indolore… le réveil plus délicat. Depuis il a une vie personnelle et sociale normale moyennant la prise d’1 comprimé matin et soir. Il fait du sport, voyage, mange… normalement.

Il pense souvent à la personne qui lui a fait cadeau de ses organes et par là de la vie. Par respect pour elle et pour le travail effectué il suit une hygiène de vie sérieuse (n’empêchant pas quelques écarts)

Seule contrainte, il effectue un bilan très approfondi tous les trimestres au CHU

Dr Karam : « les greffé ont 2 dates de naissance : le jour de l’état civil et le jour de leur greffe. Ils manifestent une reconnaissance éternelle. La greffe est la dernière chance ». « C’est un travail d’équipe très long, très technique, très précis. Mais qui donne de très grandes satisfactions ».

La greffe est rentable : elle évite des décès imminents, elle rend une qualité de vie excellent et est même économiquement positive : une greffe de rein est moins onéreuse que des dialyses trihebdomadaires, à vie !

Donneurs : Il existe obligatoirement un grand respect pour la famille, sa souffrance, des convictions, ses volontés. C’est une décision difficile dans un contexte affligeant et dans un délai très court.

Tout Français est un donneur potentiel (sauf opposition). L’âge n’est pas une contre indication (jusqu’à 93 ans !!!), ni le diabète ou l’alcoolisme. Seule contre indication au don l’état infectieux ou cancer.

Témoignage plein de courage et d’altruisme d’une femme ayant perdu son époux il y a 4 jours, dramatiquement. Il est justement décédé dans le service du Dr Karam. Elle dit le climat apaisant, qui réconforte de ce service de réanimation. Elle est bien sûr effondrée par le passage du cher disparu mais trouve dans le prolongement sur la Vie (la vie de plusieurs personnes), dans l’utilité de ce don, dans l’accueil et l’accompagnement de l’équipe, des germes de résilience, d’espérance.

Après greffe, le rein à une demi-vie de 12 ans : après on peut greffer à nouveau. Pour d’autres organes la vie d’un organe greffé peut excéder largement les 20 ans.

Le corps est rendu aux familles dans un état de présentation parfait pour suivre des obsèques habituelles.

Donneurs vivants : C’est une technique qui se développe : essentiellement rein (537/an) et foie (14/an). Le don vient de la famille stricte ou d’un ami de plus de 2 ans. Il ne peut y avoir de contre partie financière ou d’une forme de contrainte.

Greffe de tissus : Prélevés aussi après décès : peau, cornée, os, tendons, fascias, artères et veines.

Ce n’est pas un acte médiocre. Il sauve de façon certaine des vies : la peau pour les brulés (100% de décès sans greffe si plus de 60% de peau brulée), infection de prothèse osseuse, infection de prothèse vasculaire, pathologie oculaire. Greffe de valve cardiaque (malformations congénitales qui permettent une vie normale jusqu’à l’adolescence où la situation se dégrade rapidement avec pronostic vital)

Questions diverses :

*Le don de sang avec ses valeurs : don, gratuité, citoyenneté, fraternité prépare et facilite les dons d’organe (Eric Grandchamp)

*En Europe le don d’organe est partout gratuit : ce n’et pas le cas en Amérique du Sud (et du Nord), Asie, Moyen Orient…

*La race, l’ethnie, la religion… n’interviennent pas : l’important est la compatibilité HLA qui n’a rien à voir avec ces critères.

*Il existe une agence européenne et si un organe ne trouve pas preneur en France il est proposé aux autres pays.

*Les jeunes donneurs peuvent offrir beaucoup d’organes : ils sont multi donneurs.

*Les enfants peuvent être donneurs (cas très déchirants) ; il faut l’accord des 2 parents ; ou du tuteur

*Personnes isolées sans famille connue : recherche très active d’une parenté (mais urgence !!!)

La greffe d’organe nécessite le don d’un organe mais est aussi un don d’amour. Les critères de priorité de greffe ne sont en aucun cas la fortune, la puissance ou la célébrité : ce sont des critères médicaux et une priorité est donnée aux urgences et aux plus jeunes.

 

 

Dr     Elias     KARAM

Témoignage de Mme LABORDE

 

Témoignage   de Mr  Xavier  SAUTET

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Fév 20

13 Février 2019 violences dans la famille

VIOLENCE CONJUGALE

ET SES CONSÉQUENCES AU SEIN DE LA FAMILLE

L’ARES a souhaité aborder ce sujet complexe, souvent tabou, en essayant de définir la violence, de comprendre son origine et d’identifier les signaux qui permettent de repérer les différentes phases du cycle de la violence conjugale.

Brève définition de la violence :

Chacun sait que la violence est une force dont on use contre le droit, contre la Loi, contre la liberté publique et contre les personnes.

C’est contraindre quelqu’un à quelque chose en abusant de sa force.

C’est une force intense, souvent destructrice dont la mort est le résultat toujours possible, comme nous allons le voir lorsqu’elle s’exprime au sein des couples qu’ils soient mariés ou non.

Comprendre l’origine de la violence faite aux femmes

Si l’on remonte à l’époque de la Rome antique, un mari avait le droit de vie ou de mort sur son épouse comme sur ses esclaves.

A une époque encore récente, en France, comme ailleurs, il y avait une différence entre l’éducation des filles et des garçons. La jeune fille était valorisée lorsqu’elle était obéissante, douce et dévouée.

Quant au jeune garçon, il était éduqué pour conquérir et il était reconnu lorsqu’il gagnait en utilisant la force et la ruse.

Le contraste entre l’éducation des filles et des garçons explique en partie le fait que les femmes soient les premières victimes des violences conjugales.

Aujourd’hui, les femmes prennent davantage leur place aux côtés des hommes. Elles sont plus affirmées et plus indépendantes.

Toutefois, la publicité rappelle sans cesse aux femmes qu’elles doivent se préoccuper de leur corps et de leur apparence pour plaire aux hommes. Ce qui peut avoir des conséquences sur les relations amoureuses et expliquer certains comportements intolérables.

Le cycle de la violence conjugale

Il convient de préciser que la violence au sein d’une famille peut s’exercer par des mots, des attitudes, des actes. Elle peut être physique ou/ et psychologique.

Elle se caractérise par l’inégalité de la relation entre deux personnes, l’une des deux cherche à dominer l’autre par tous les moyens.

La plupart du temps, elle se déroule sous la forme d’un cycle en 4 phases qui est présenté comme un cercle vicieux.

1ère phase : la mise en tension

C’est le moment où le conjoint critique sans cesse, dénigre, menace se met en colère. La compagne a peur, est angoissée, doute d’elle-même. Elle est prudente et fait son possible pour faire baisser la tension.

2ème phase : la crise ou l’agression

Le conjoint passe à l’acte. Il utilise les 5 formes de violence : verbale, psychologique, physique, sexuelle et/ou économique. A ce stade, la compagne est triste, humiliée ne comprend pas ce qui lui arrive, elle peut se mettre en colère mais sa capacité de résistance est amoindrie.

3ème phase : la justification

Le conjoint minimise l’agression et justifie son comportement en rejetant la faute sur les autres, le stress au travail, les enfants, l’alcool…

La compagne tente de comprendre, pense qu’il a peut-être raison, elle se sent responsable. Elle doute d’elle-même.

4ème phase : la lune de miel

Le conjoint regrette ses actes, promet de ne plus recommencer. Il est plus affectueux, peut offrir des cadeaux et redevient amoureux.

La compagne croit en lui et retrouve l’espoir qu’il va changer.

Mais cela ne dure pas et la mise en tension (phase 1) recommence. Un jour, il n’y aura plus du tout de phase « lune de miel ».

L’Observatoire National des Violences faites aux femmes a publié une étude en 2016 sur des affaires recensées en 2015. Les chiffres sont là pour nous alerter.

Il ressort que les femmes sont les 1ères victimes des violences conjugales au sein du couple :

– 123 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon soit 1 femme tuée tous les 3 jours,

– 29 hommes ont été tués par leur ex-compagne ou compagnon,

– 25 enfants ont été tués dans le cadre de la violence au sein du couple parental.

On recense également 12 victimes collatérales.

Lorsqu’on repère dans son entourage une personne piégée dans le cercle infernal et destructeur que l’on vient de décrire, il faut briser le silence car la Loi protège et retenir un numéro de téléphone le : 3919. Pour les situations d’urgence, il convient de contacter la police ou la gendarmerie. En cas de suspicion nous devons faire une déclaration de « situation préoccupante » auprès des services du Conseil Départemental : là il s’agit d’impression, sans qu’il soit exigé de preuves.

La violence touche tous les types de couples, couples hétérosexuels, couples de femmes, couples d’hommes.

Elle a de graves conséquences sur les personnes concernées et sur les enfants qui en sont particulièrement affectés.

Face aux agressions qui règnent dans leur maison, ils ont besoin de soutien et de protection. Il souffrent, ils se sentent responsables, ils manifestent des troubles et risquent de développer un haut niveau de résistance à la violence.

En France, 22% des adultes disent avoir été victimes de violences dans l’enfance.

Les violences sexuelles (dont 80% à domicile) sont aussi fréquentes ; estimation (par recoupement des enquêtes) : il y a 123 000 mineures filles et 32 400 garçons victimes d’agression sexuelle par an en France.

Il faut protéger les enfants, parler, expliquer et diffuser un numéro d’appel le : 119. Un appel peut aider un enfant en danger.

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Jan 07

23 janvier 2019 Le Harcèlement au travail

Les activités ARES reprennent. Notre première rencontre 2019 aura lieu le mercredi 23 janvier

Toujours à 20 heures, salle saint Laurent à Bersac.
Nous accueillerons Maître RANEX, avocat, et nous discuterons sur le  thème:

« Harcèlement au travail. Le pot de fer contre le pot de terre »

HARCELEMENT AU TRAVAIL


Dans le cadre d’un cycle autour de la dignité de la personne, proposé par le groupe de discussion de l’ARES (Atelier de réflexion éthique et sociale), Maîtres Frédérique Froidefond et Philippe Rainex, avocats au barreau de Brive (photo), ont été invités à parler du harcèlement moral au travail, mercredi soir 23 janvier 2019, dans la petite salle Saint Laurent de Bersac, commune du Lardin.

Ce sujet difficile et souvent très douloureux pour ceux qui en ont été (ou en sont) les victimes, est aussi complexe sur le plan juridique, car la notion de harcèlement moral est essentiellement subjective. On n’en trouve donc pas de définition juridique et le harcèlement fut longtemps extérieur au champ du droit. C’est seulement avec la loi dite de « modernisation sociale », comme le rappelle Maître Rainex, loi du 17 janvier 2002, que la notion de harcèlement a été introduite dans le Code du travail et dans le Code pénal.

« La loi, explique l’intervenant, est venue donner un cadre juridique à un phénomène de société de plus en plus prégnant, et qui n’est pas sans relations avec l’évolution des conditions de travail dans les entreprises ». Celles-ci sont en effet de plus en plus exigentes avec leurs salariés, en termes de compétitivité répercutée à tous les échelons.

Le code du travail (article L1152-1) interdit « tout agissement répété de harcèlement moral entraînant une dégradation des conditions de travail du salarié, susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d’altérer sa santé physique ou mentale, de compromettre son avenir professionnel ». Quant au code pénal, par l’article 222-33-2, il s’appuie sur la même définition que le code du travail et fixe une punition de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Que le harcèlement provienne de l’employeur, du chef d’entreprise ou de son représentant (contre-maître, chef d’équipe etc..), d’un subordonné vis à vis de son supérieur hiérarchique, ou qu’il ait lieu entre collègues de travail, c’est toujours l’employeur qui est responsable. La prévention du harcèlement moral  lui est avant tout conférée. C’est à lui qu’il appartient de prendre des mesures, en application de l’article L.1152-4 du code du travail, et d’infliger des sanctions disciplinaires aux auteurs du harcèlement. Même dans le cas où le harcèlement émane d’un tiers, extérieur à l’entreprise, comme un consultant informatique, à qui a été confiée la tâche de venir mettre en place un nouveau système auprès des salariés, la Cour de Cassation a jugé que c’était à l’employeur de faire cesser cette situation. Quant à ceux qui ont témoigné de ces agissements et pourraient être accusés et devenir victimes, ils sont aujourd’hui protégés, leur licenciement par exemple peut être déclaré nul.

Depuis la loi Travail du 8 août 2016, la preuve du harcèlement est rendue moins difficile pour le salarié qui n’a pas à établir les faits mais simplement à présenter des éléments factuels laissant supposer l’existence du harcèlement. L’appréciation objective de la réalité du harcèlement n’en reste pas moins une tâche délicate pour le juge. D’une part, la victime, souvent très atteinte moralement, ne parvient pas facilement à dénoncer la chose et à faire valoir son droit, d’autre part, il peut arriver que quelqu’un qui se prétend harcelé soit en réalité harceleur auprès de son entourage de travail, et que son sentiment de victimisation puisse être abusif et correspondre à un désordre psychique, de forme paranoïaque par exemple…

On le mesure ici nettement, la chose n’est pas simple. L’écoute du récit du plaignant, et l’enquête menée au sein de son contexte de travail, constituent une tâche aussi décisive que délicate. Comme le rappelle maître Philippe Rainex, « le code du travail ne dit pas expressément ce qu’est le harcèlement, et le juge ne peut conclure à du harcèlement moral (ou parfois sexuel) qu’en fonction des conséquences de comportements répétés vis à vis de la personne. L’intention malveillante n’est pas un critère, car il peut y avoir harcèlement sans intention : il arrive souvent que des personnes ne soient pas conscientes des effets sur autrui de leur comportement. La répétition de ce qui atteint la personne est un élément important. Un seul acte ne peut signifier un harcèlement moral ». Par exemple, un employeur qui critique ou insulte une ouvrière devant un client, ce qui est déjà une atteinte à sa dignité, ne sera considéré comme condamnable pour harcèlement que si la chose se répète. « Cela ne veut pas dire que les actes doivent être proches dans le temps », la Cour de Cassation a considéré qu’il y avait acte de harcèlement pour des faits répétés sur plusieurs années… La dégradation des conditions de travail, l’atteinte au droit, à la dignité de la personne ainsi qu’à sa santé, la mise en jeu de son avenir professionnel sont également importants dans le jugement qui apprécie une situation de harcèlement.

Comme le remarquent les intervenants, la construction jurisprudentielle -en référence à des arrêts de la Cour de Cassation-, ainsi que l’évolution médiatique et sociétale de cette problématique du harcèlement moral, guident l’évaluation des faits par les magistrats dans ces affaires qui occupent aujourd’hui la moitié de celles qu’ils traitent en droit du travail. « Il y a beaucoup d’écarts entre les décisions prises aujourd’hui et celles qu’on aurait prises il y a 30 ou 40 ans », sachant qu’avant 2002 on ne pouvait même pas poursuivre… Pour la partie pénale du problème, la partie contentieux, où est engagée la responsabilité pénale de l’employeur, les syndicats peuvent intervenir par subrogation pour le salarié et au titre de l’enjeu collectif que représente le comportement mis en cause.

Selon le Code du Travail, il peut y avoir harcèlement dès l’embauche, dans le cadre du recrutement ou d’une formation en vue d’un emploi : ce peut être une discrimination qui devient harcèlement quand la personne est systématiquement évincée d’un recrutement. Dans le cadre du pouvoir disciplinaire, lorsque l’employeur exerce des sanctions disciplinaires, le juge peut constater un harcèlement quand les avertissements se multiplient et dans tout traitement discriminatoire envers un salarié. Pour le juge qui est en charge d’apprécier le harcèlement, un article du code du travail « le contrat de travail est exécuté de bonne foi », constitue un principe fondamental. L’employeur a obligation de rémunérer son salarié et de lui donner du travail. Lorsque, pour faire partir une personne non désirée, on ne lui donne pas de travail, il y a « exécution de mauvaise foi du contrat de travail ». En mars 2010, un accord national interprofessionnel a été défini pour toutes les activités, qui prend des dispositions sur le harcèlement moral et les violences au travail pour tous les secteurs privé et public. Toutefois, comme la discussion  finale l’a abordé, nombre de plaintes dans le secteur public n’ont jamais abouti et il semble qu’il y ait une disparité de traitement entre les secteurs, le privé étant semble-t-il plus protégé.

L’intervention de M. Didier Mouroux, ancien président du Conseil des Prud’hommes de Brive, a éclairé les difficultés de ces affaires de harcèlement, en citant divers exemples dont le cas où la condamnation d’un employeur met en jeu des emplois… Il a souligné la différence entre les Conseils de Prud’hommes qui jugent en droit et en fait, alors que les Cours de Cassation jugent strictement en droit. Maître Froidefond a relevé notamment le rôle des médecins du travail et de certaines organisations de comités internes aux administrations ou aux entreprises permettant de mieux cerner les problèmes de souffrance au travail. De son côté, Patrick Chouzenoux , en sa qualité de juriste, notaire honoraire, est également intervenu pour participer à la discussion lancée par les questions du public. S’il est indéniable que nous sommes sensibilisés à ces problèmes, aujourd’hui plus qu’hier, il n’est pas aisé de les régler concrètement, les intentions correctrices émanant notamment de la Loi Macron n’étant pas dotées des moyens humains nécessaires sur le terrain…

Prochain rendez-vous de l’ARES : le mercredi 13 février 2019 à 20h, avec Delphine Labails, qui interviendra  sur le thème des violences en famille, et sur la question de la loi sur la fessée.

Texte  rédigé   par   Ewanews

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Déc 15

Décembre 2018 Apéritif déjeunatoire

APERITIF-DEJEUNATOIRE

Le 8 Décembre 2018

 

 


Nous regrettons, et nous excusons, de n’avoir pas pu accueillir les personnes trop tard inscrites. La salle utilisée
l’hiver limite les inscriptions et elle était complète. Mais en Juin notre traditionnelle rencontre conviviale se déroulera dehors et tous pourront participer.

 

Il s’est agi d’une rencontre amicale et joyeuse de découverte de dégustation de vin (merci Jean Francois) et aussi de travail.

Sont programmées:

Le 23/01/2019: « Harcèlement au travail. Le pot de fer contre le pot de terre? » avec Me RANEX avocat

En Février 2019: « Violences en famille » Violence envers les femmes, les enfants, interdiction de la fessée…

En Mars 2019: « Dons d’organes/greffes d’organes » avec un médecin réanimateur spécialisé

En Avril 2019: réunion extraordinaire « Laïcité et libertés en 2019 » Débat avec Mgr Albert ROUET et Régine ANGLARD (conseillère départementale et longtemps Pdte de l’Amicale Laïque de Terrasson)

 

Pour 2019 vous avez choisi dans l’ordre de préférence:

« La tolérance »

« Emigrations/Immigrés »

« PMA/GPA »

« Afrique: anthropologie, conditions et modes de vie »

« Bouddhisme »

« Le monde protestant »

« islam »

 

Ce sont tous des sujets importants et d’actualité: nous nous efforcerons de trouver des intervenants/experts pour nous accompagner dans notre approche et nos réflexions.

 

 

BON NOËL, BONNE ANNEE !!!  

 

TOUS NOS VOEUX POUR 2019 (et années suivantes)

 

 


L’équipe au service de l’ARES

 

 

 

 

 

 

 

Avant l’arrivée des participants

L’assemblée

Dégustations des vins avec Jean François

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Déc 01

Apéritif-déjeunatoire de fin d’année

Comme tous les ans l’ARES célèbre la fin de l’année et la satisfaction du travail accompli.

Ensemble et joyeusement.

C’est aussi l’occasion de choisir les prochains thèmes et organiser les futures soirées. C’est très important.

Apéritif-déjeunatoire de fin d’année

Samedi 8 décembre à 12h30
Salle Saint Laurent à Bersac
CONVIVIALITÉ – Travaux pratiques

 

Occasion d’initiation (ou confirmation) à la dégustation de vin avec J.F.Rouillard

Participation 7 Euros. N’hésitez pas à inviter vos amis.

Inscrivez vous par mail ou au 06 30 12 29 41

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Nov 18

Novembre 2018 – Douleurs et souffrances

Douleurs et souffrances, Rencontre-débat

Dr Geneviève Demoures

A Bersac, mercredi 14/11/18

1)    Introduction du Dr Geneviève Demoures

La douleur est une donnée de la condition humaine et nul n’y échappe à un moment ou à un autre.

Elle frappe provisoirement ou durablement selon les circonstances. Mais le plus souvent il s’agit d’un malaise vite oublié dès qu’on n’a plus mal.

Pour autant cette douleur renvoie toujours à un contexte personnel et social qui en module le ressenti.

Comme la maladie et la mort, la douleur est la rançon de la dimension corporelle de l’existence. (Un ordinateur ne souffre pas et s’il ne marche plus, il va à la casse tout simplement.)

La douleur est donc le privilège et le tragique de la condition humaine et animale.

On sépare traditionnellement la douleur (atteinte de la chair) de la souffrance (atteinte de la psyché).

Mais ce dualisme corps/esprit ne semble pas plus fondé que la distinction douleur/souffrance.

Descartes, dans les Méditations, explique que « la douleur n’avait aucun effet sur lui, si elle n’était logée dans son corps comme un pilote en son navire.

Tous ces sentiments de faim de soif, de douleur ne sont autre chose que certaines façons confuses de penser qui proviennent du mélange du corps et de l’esprit. »

Ainsi donc il me semble que la douleur, loin d’être limitée à celle d’un organe, d’un fragment de corps, ou d’un trajet nerveux marque un individu et déborde vers son rapport au monde.

La douleur d’avant le sens n’existe pas, il faudrait pouvoir la concevoir sans contenu, sans sujet, sans individu pour l’éprouver. Or cette douleur ne se limite pas à la traduction mathématique d’une lésion, elle est ressentie selon une grille d’interprétation inhérente à chaque individu.

L’être humain n’est pas seulement un corps, pas seulement un cerveau, mais il se définit à travers ce qu’il fait de sa pensée, de son existence dans une relation bâtie sur son histoire personnelle.

Ainsi la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle laissant émerger la question du sens et de la parole.

Il n’y a pas de douleur objective attestée par l’examen médical et plus ou moins ressentie par les patients. Mais plutôt une douleur singulière perçue et marquée par l’alchimie de l’histoire individuelle et du degré de la lésion.

Le sujet qui souffre est le seul à connaître l’étendue de sa peine. (« Vous n’avez rien »)

Le Breton exprime ainsi : « La douleur ne se prouve pas, elle s’éprouve »

Et Canguilhem : « L’homme fait sa douleur bien plus qu’il ne la reçoit »

La douleur n’écrase pas seulement le corps, elle écrase l’individu, elle brise l’écoulement de la vie quotidienne et altère la relation aux autres. Elle est souffrance.

Ainsi donc si la douleur est un concept médical, (qu’il est possible de quantifier par des échelles, de traquer et s’apaiser par des traitements), la souffrance est le concept du sujet qui ressent la douleur impliquant la souffrance.

Le mal aux dents ne reste pas cantonné dans la dent, il envahit la vie de l’individu, altère ses activités et son rapport avec ses proches. Nécessairement la douleur déborde le corps et quand l’individu est percuté par la douleur c’est la chair de sa relation au monde qui en pâtit.

Alors peut-être que la souffrance est fonction du sens que revêt la douleur, elle est le degré de pénibilité de la douleur. Elle est toujours envahissement de soi, impuissance, peut entraîner la disparition du goût de vivre, là où la douleur peut rester sous le contrôle de l’individu.

La souffrance intervient dès lors que la douleur entame les capacités de résistance, là où il perd le contrôle et éprouve le sentiment que sa vie, dépourvue de sens, se défait.

Alors que la douleur est un ressenti pénible, mais encore dans les limites de la tolérance de l’individu, la souffrance est une effraction psychique qui envahit toute la conscience du moi et met à mal la relation à l’autre.

Dans des circonstances maîtrisées la souffrance est insignifiante et l’individu peut connaître des situations douloureuses dont il ne restera qu’une pénibilité supportable.

Ainsi dans des pratiques de sport extrême, chez les stoïciens, les adeptes du chamanisme…

Ou bien l’expérience de l’accouchement, souvenir terrible pour les unes envahies par la douleur et l’absence de compassion, moment magique de la naissance pour d’autres, où le plaisir n’était pas loin ; demande d’une péridurale pour les unes, refus de la médication pour d’autres.

La douleur ressentie s’inscrit dans un projet, un sens perçu par l’individu, elle n’est alors pas souffrance.

Lorsqu’on travaille ce sujet de la douleur et de la souffrance, on ne peut évidemment pas faire l’impasse sur l’enseignement du Livre de Job, même en laissant de côté la théologie.

Ainsi au début de l’histoire, Job est un homme comblé, riche et entouré de ses amis et d’une famille prospère.

Lorsque les maux s’abattent sur lui, Job se tait car seul le silence peut absorber l’abîme de son interrogation. Et la présence de ses amis, loin de l’apaiser, ne fait que le conforter dans l’idée que ses souffrances ne sont pas méritées d’autant qu’elles lui sont incompréhensibles.

Et lorsque Dieu apparaît, il ne lui donne pas les raisons de ses souffrances mais plutôt une figure de sens qui rétablit la confiance dans le monde. « Où étais-tu lorsque j’ai fondé la Terre ? »

Ricoeur ne dit pas autre chose quand il s’exprime ainsi : « Le mal, c’est ce qui ne devrait pas être, mais dont nous ne pouvons pas dire pourquoi cela est. »

Parce que le scandale du mal n’a cessé, depuis la poignante lamentation de Job d’opposer son mystère aux tentatives d’explication :

  • Défaillance de la volonté chez Saint Augustin
  • Simple invention humaine chez Spinoza
  • Effet des blessures d’amour propre infligées par la compétition entre les hommes chez Rousseau
  • Mal radical chez Kant
  • Banalité du mal résultant du vide de la pensée chez Anna Arendt.

Toujours est-il que le mal, comme la souffrance, nous oblige à le combattre… même si nous savons bien que nous n’y parviendrons jamais totalement.

L’humanité continuera à souffrir et à mourir et la société ne sera jamais totalement expurgée de la tentation du mal : c’est abolir sa condition, c’est-à-dire la liberté elle-même. Les humains ne sont pas prédéterminés, car alors ils seraient déresponsabilisés.

Peut-être est-ce parce que le mal n’est pas nécessaire que l’on peut lutter contre lui. Comme le disait encore Paul Ricoeur « pour commencer à combattre, il faut renoncer à expliquer », parce que l’expliquer c’est vouloir assigner des causes au mal, que ce soit le péché, la méchanceté, l’environnement, l’hérédité, etc.

La lutte contre le mal est une lutte à l’infini, mais c’est celle de la liberté.

Alors il y a la place pour l’espérance, il y a la place pour ce qui nourrit la présence à l’autre, pour cette solidarité qui s’exprime dans la consolation. La consolation n’abolit pas la souffrance, elle accueille la plainte de celui qui souffre, elle permet  la relation  et la parole échangée elle autorise à penser l’aventure humaine, y copris dans sa finitude, sous le signe de la fraternité.

Pour moi, aucune souffrance et aucune douleur n’a de sens en elle-même et donc chacun d’entre nous doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour en libérer l’humanité dans la mesure du possible.

Par ailleurs, toute souffrance subie peut acquérir un sens chez celui qui l’assume et la vit consciemment.

Elle peut même acquérir une dimension sociale quand elle est vécue comme com-passion à la souffrance de l’autre. Et pour ceux d’entre nous qui partageons la foi chrétienne elle est compassion aux souffrances du Christ venu nous en libérer. Nous libérer pour nous permettre d’accéder vers une plus grande plénitude de vie.

Ce travail se construit tout au long de l’existence : une vie faite de moments difficiles, de souffrances, de chagrins, de ruptures, d’épreuves qui nous tombent dessus ! Mais une vie aussi faite de rencontres, de petits bonheurs, de tendresse et d’émotions partagées.

Une vie aussi faite de deuil à soi-même, de deuil de ses performances, de son pouvoir sur l’autre, de l’image qu’on a de soi, de la tentation de la maîtrise qui peut faire le lit de la culpabilité.

Ce travail intime qui nous accompagne chaque jour peut permettre alors de mettre des mots et de faire sens pour traverser plutôt qu’affronter le mal à l’œuvre dans le monde pour avancer sur les chemins de conversion… pour autant que la médecine aura su prendre en compte toute la dimension de la douleur. Car il est des douleurs tellement aigües, des souffrances tellement envahissantes qu’elles ne laissent pas de place pour la pensée.

Peut-être que chacun de nous est appelé à entendre respectueusement la souffrance, la sienne, celle des autres et grâce à la rencontre à faire preuve de compassion.

  1. Demoures

2)    Questions et débat

La rencontre de Septembre, « Euthanasie », était un sujet connexe de celui de « douleurs et souffrance ». Elle avait accueilli des témoignages et réflexions impressionnants qui peuvent être interrogés et approfondis ce soir.

La douleur concerne une partie du corps (Mal aux dents, au ventre, au cœur…), la souffrance envahit l’ensemble de la personne. Les limites sont floues : une douleur intense ou prolongée devient toujours une souffrance qui s’empare du corps et de l’esprit. La douleur est parfois choisie (sportifs, jeunes qui se scarifient…). La jouissance où la douleur physique, préférée au vide et à la douleur morale, est recherchée.

Le Mal existe et existera toujours

Les tsunamis, les tempêtes, les guerres, la mort… la souffrance aussi. Le problème n’est pas de le nier mais plutôt de s’interroger : « Qu’est-ce que j’en fais ? Comment vivre avec le Mal ? Quel sens donner à cette situation ? »  Il ne s’agit pas de se résigner ou d’abandonner la lutte contre les fléaux, mais de se poser ces questions.

-Est-ce qu’un animal souffre ? 

-Il a évidemment des douleurs physiques et affectives (ex : une vache séparée de son veau). Mais a-t-il une souffrance ? Pense-t-il sa mort ? Je n’en suis pas sûre.

 

Comme dit dans le Livre de Job, les questions sur l’origine du Mal sont nombreuses mais la seule réponse est le silence.

Les mécanismes naturels de défense.

Il existe des réactions physiques (ex : les endorphines) et des réactions neurologiques (ex : victimes d’accidents graves, sidérées, qui ne souffrent pas pendant un laps de temps).

La perception de la douleur est singulière, dépendante de la personnalité, de la culture, du moment, de l’entourage… (ex : enfant anglais qui, blessé, recevait l’injonction de ne pas pleurer, de ne pas être un chicken (connoté pleutre, douillet, pleurnichard…) chez nos voisins britanniques). La ressenti de la douleur aurait certainement été autre pour un enfant français ou méditerranéen.

Témoignage : un soldat de la guerre de 1870, très grièvement blessé aux jambes, écrit de son lit d’hôpital à sa famille. Alors qu’il est agonisant, il s’enquiert de sa famille, des voisins, de la vie locale. Hypothèses : il veut ainsi rester dans le monde des vivants, de sa famille… Ou/et sa situation de blessé de guerre le pose dans une situation héroïque de défenseur de la patrie qui donnant sens à ses douleurs les atténuent, leur donne un sens. Mécanisme de sublimation.

La douleur ressentie est très influencée par la culture et la religion.

Témoignage : une femme médecin, veuve, avec un enfant atteint de trisomie, une fille est diagnostiquée leucémique… « J’ai eu beaucoup de chance : quand j’ai été éprouvée j’ai toujours rencontré quelqu’un ». Témoignage corroboré « J’ai toujours rencontré quelqu’un qui tend la main. Même un étranger ».

Mécanisme de la résilience (qui nécessite toujours un « tuteur de résilience » disponible). Cela implique toujours que la victime accepte d’être aidée.

Les douloureux et éprouvés doivent être en relation, accompagnés.

Pour métaboliser leur douleur sans qu’elle les submerge, les souffrants doivent trouver un sens pour intégrer ce mal dans leur raisonnement et leur destin (comme le soldat blessé). La culture et les religions sont un guide dans cette recherche d’explication.

 

Pour qu’une personne éprouvée accepte une reconstruction, appelée résilience, l’aidant doit : lui manifester de l’empathie et de l’affection ; s’intéresser prioritairement à ses côtés positifs ; le laisser libre de parler ou de se taire ; ne pas se décourager face aux échecs apparents ; respecter son parcours de résilience ; lui faciliter l’estime de soi ; éviter les gentilles phrases qui font mal ! (Particulièrement avec des souffrants psychiques.)

Trouver du sens, son propre sens, à l’existence telle qu’elle se présente est le premier des mécanismes de défense. On ne trouve du sens qu’en relation avec son entourage, en liens.

Douleurs et souffrances physiques.

La douleur physique est inhérente à tous les êtres sensibles. Mais la douleur peut devenir souffrance et enfermement quand elle envahit l’esprit, l’ensemble de la personne. La souffrance psychique a aussi des douleurs perçues dans le corps. Notre souffrance serait comme l’accumulation dans notre corps des douleurs de toutes les douleurs de notre histoire.

Les traitements efficaces existent (jusqu’à la sédation). Témoignage : une alliance thérapeutique patient/médecin est nécessaire. Cela passe par la parole et non par les examens. La souffrance vécue n’étant jamais objectivable, la souffrance dite ne doit pas être mise en doute. Elle doit être écoutée.

Douleurs et souffrances psychiques.

Moins reconnues, moins acceptées, elles sont souvent déniées. Elles entrent avec effraction dans une vie ; celle-ci perd son sens. Douleurs et souffrances intenses, incommunicabilité, entrainent un isolement et une marginalisation qui peuvent aboutir à une situation de sdf et mener à la toxicomanie. L’asile était autrefois une réponse pour protéger ces malades, malgré des chambrées de 50 malades, des équipements rustiques…

Les maladies psychiques sont diverses : schizophrénie, maladie bipolaire, mélancolie, dépression chronique… et chacune de ces affections ont un pronostic et des traitements différents.

Les dépressions sont caractérisées par la triade : perte de l’élan vital, perte de l’estime de soi, sentiment d’incurabilité.

Le traitement de ces maladies psychiques permet au malade de ne pas se laisser envahir et préserve autant que possible sa vie de famille, au travail, ses relations…

Souffrances des familles de malades psychiques.

Souvent, les souffrances des maladies psychiques sont niées par le malade et par son entourage car elles sont trop dérangeantes.

Il existe un déni souvent lié à la culpabilité. Les proches cherchent quelle erreur ou faute ils ont commis (erreur d’éducation, mauvais exemple, faute de l’entourage…). Le voisinage cherche dans le passé des explications (réparation de fautes ou mauvaise vie des ancêtres, génétique, toxiques…)

Attention !!! aux « gentilles paroles » toxiques !!! « Je me mets à ta place », « tout ça c’est du passé », « il faut te remuer », « il faut ne plus y penser », « tu as tout pour être heureux » … sont de gentilles phrases qui peuvent causer de grandes souffrances chez une personne ayant perdu l’estime de soi. Une écoute bienveillante, sans injonctions, jugement ou intrusion, ne guérit pas mais peut soulager et surtout ne pas nuire.

Il existe des associations regroupant et aidant les familles : UNAFAM… hélas les familles repoussent et n’ont pas assez recours à ces associations (Culpabilité, honte, difficultés à communiquer …)

On peut se laisser toucher par la relation au malade : en faire quelque chose pour soi.

Souffrances des malades atteints de maladie neuro-dégénérative.

Les douleurs (ex : rage de dent) peuvent avoir des conséquences graves chez des personnes dans l’impossibilité de communiquer par la parole. Cela risque d’entrainer un retard de soins et, par exemple, une impossibilité de manger, provoquant une souffrance envahissante.

Une dépression et une anxiété sont souvent présentes surtout aux premiers stades de la maladie : la personne se rend compte de ses déficits et de ses nouvelles limites.

Il existe une persistance de la mémoire émotionnelle, que l’on peut voir dans une larme ou un sourire, même quand les autres mémoires et fonctions (en particulier le langage) sont perdues. Les souffrances existent mais les petits bonheurs aussi !!

Souffrances des familles de personnes atteintes de maladie neuro-dégénérative.

Deux témoignages concordants : Une mère en EHPAD, avec une maladie évoluée sans contact verbal possible. Grande douleur et culpabilité de ne « pouvoir faire que ça ». Soins et accueil jugés insuffisants. Culpabilité de ne pas rendre à leur mère les soins reçus de sa part. Injustice d’une « situation non méritée ».

Les familles sont souvent épuisées physiquement et émotionnellement. Un sentiment de culpabilité les retient de demander une aide nécessaire, professionnelle, familiale ou amicale.

« Il n’y a que moi qui puisse soigner mon mari » ; « C’est à moi de le faire »… Des tentatives d’explications sont avancées : « C’est à cause du divorce du fils, à cause des voisins, à cause du travail » …

Cela retarde une prise en charge médicale et sociale toujours utiles. Il s’agit d’une maladie, personne n’est responsable, il s’agit seulement de trouver la meilleure prise en charge.

Souvent, les conflits avec les soignants sont centrés sur l’alimentation : la fille (ou fils) veut réparer le manque supposé (ou réel) du manque de nourriture de son parent : rendre le bénéfice d’avoir été nourri par ce parent dans l’enfance. La fille ou le fils peuvent aussi apporter une irremplaçable présence, même limitée, une stimulation émotionnelle par la réactivation de souvenirs ou de sensations.

Il faut savoir lâcher prise, sortir de l’illusion de la toute-puissance et de la culpabilité.

Souffrances de soignants de malades souffrant de maladies neuro-dégénératives.

Une confusion à éviter : l’EHPAD n’est pas un « lieu de vie » mais un « lieu de soin ».

La compassion peut être ambigüe : il ne faut pas s’identifier au malade, ne pas se mettre à sa place.

L’empathie consiste à comprendre ce que d’autres éprouvent et à entrer en résonance avec eux sans contagion émotionnelle.

La quantité de travail est importante : l’équipe soignante n’est pas une bande de copains, ce sont des professionnels. L’EHPAD étant un « lieu de soins », les soins au malade sont la priorité. (Et non la décoration de l’étage, les anniversaires ou la fête des mères parfois inadaptée : célébration de fête des mères à des religieuses !).

Le « burn-out » est souvent dans la réparation. La toute puissance des soignants se fracasse sur le mur de la réalité de la souffrance et de l’impossibilité de guérir le malade. Les soignants ou aidants « ne se sentent pas reconnus ». D’où un effondrement physique et psychique.

Souffrances sociales (dans le cadre de la maladie).

Les maladies physiques, et plus encore les maladies psychiques ou dégénératives, nous font voir la réalité en face : nous avons des limites, des fragilités. Nous ne sommes pas tout-puissants, nous ne pouvons pas avoir emprise sur tout, tout maitriser.

Car on ne peut pas nier l’existence de ces maladies, ni l’humanité des personnes qui en sont atteintes, fragiles et diminuées, même si la société de consommation œuvre pour voiler cette condition humaine.

Un malheur peut donner du sens à notre existence. Ne pas fermer cette ouverture.

Témoignage : dame ayant perdu 2 nouveaux nés. Effroyable souvenir de son mari emportant le corps dans un petit cercueil sous le bras. Le bas-âge des enfants ne les plaçaient pas dans l’humanité digne d’obsèques. « Dieu a donné, Dieu a repris » ont été des paroles inadmissibles et blessantes. L’Eglise a heureusement changé totalement de doctrine et de pratique à ce sujet.

Toutes les religions ont essayé de donner un sens au Mal ; les chrétiens croient que le sacrifice de la Passion a racheté le Mal. Par ses paroles, par sa vie et sa fin de vie sur la croix, le Christ a réparé et montré la voie pour les hommes.

Quand il est fait, le bilan financier du traitement des malades ne fait jamais état des économies réalisées par l’investissement en temps et en travail auprès des malades. Les bénévoles (visiteurs à domicile ou en EHPAD, membres d’associations comme Alliance 24 ou France-Alzheimer…) contribuent gracieusement à une aide indispensable.

La judiciarisation croissante des rapports sociaux, professionnels ou particuliers est une conséquence directe de l’individualisme et de la société de consommation. Confrontés à la souffrance « ils ne se sentent pas reconnus à leur juste valeur » et, au lieu d’envisager la voie constructive de la lutte collective, ils demandent réparation par de l’argent, unique valeur.

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Nov 02

Octobre 2018 – Tisseurs de liens en milieu rural

Bersac le 17 Octobre 2018

 

INDISPENSABLES TISSEURS DE LIENS

en milieu rural

Tisser des liens entre personnes, entre générations, entre milieux sociaux : c’est un objectif et une nécessité aussi bien pour les élus locaux que pour les responsables d’associations.

Les liens humains sont une dimension irréductible de la « nature » de l’Homme. Indispensables pour donner sens à la vie, pour le développement des enfants, pour assister les plus démunis, pour créer des occasions joyeuses…

Dans notre milieu, rural, les activités reliant les personnes sont très majoritairement organisées sous le régime du bénévolat (contrairement au milieu urbain), nombreuses et très fréquentées. Parmi la quarantaine de personnes présentes ce soir, 3 seulement, n’appartiennent à aucune autre association que l’ARES !

 

Deux invités passionnés de relations.

Un élu (Lionel ARMAGHANIAN maire de Beauregard) et un responsable sportif (Guy ROUGERIE dirigeant du CAB rugby jeunes) ont animé la rencontre à partir de leur expérience. Ils sont passionnés par leurs responsabilités et activités respectives. Ce sont 2 enfants du pays, attachés à leur terroir, connaissant bien le milieu local, son histoire et ses habitants.

Ils rencontrent les mêmes difficultés et font les mêmes constatations dans leurs domaines respectifs

G.R. « Créer un lien social c’est facile ; mais c’est de l’entretenir et de l’enrichir qui est plus dur » ; « pourtant le sport, en particulier collectif, est une école de la vie » ; « nous responsabilisons les jeunes qui parfois manquent de toute éducation : être à l’heure, dire bonjour, nettoyer son équipement… » ; « C’est un lien entre les personnes et intergénérationnel »

L.A. élu à 31 ans, maire depuis 18 ans de sa commune natale. « Le lien social est la préoccupation principale de tous les maires » ; « parfois pour régler des petits problèmes de voisinage car les voisins ne se parlent pas » ; « il est remarquable que la solidarité, l’aide entre voisins, est spontanée et massive quand il y a des catastrophes : inondations, tempête, grêle… »

Un enseignant remarque que « le lien entre parent et enseignant est essentiel pour la qualité et la réussite des études ».

 

Une évolution ressentie comme préoccupante. Les intervenants, et les participants, jugent négative l’évolution des relations. Dans le sport « le bénévolat est en chute ; en particulier les parents qui déposent les enfants à l’entrainement et viennent les récupérer à la fin ». Parfois avec 2 heures de retard !

L.A. « Les gens ne se connaissent plus ; au Foyer Laïque, les adhérents sont nombreux (142) ; mais les gens d’acteurs sont devenus consommateurs : ils prennent le service proposé et s’en vont, sans s’investir » ; « seuls les anciens s’investissent les jeunes couples ne prennent pas le relai » ; « depuis la télé et surtout depuis internet ».

 

Le passé a laissé place à beaucoup de nostalgie ; « dans la société paysanne les gens étaient obligés de s’entraider, se prêter le matériel, partager veillées et repas » ; « l’USV (rugby du Lardin) était une citadelle, un club rude et besogneux comme ses habitants ouvriers, qui laisse des souvenirs dans toute la région… » ;  avec nombreuses anecdotes pittoresques. « Avec l’individualisme actuel tout s’est effiloché. Quand il y a de nouveaux habitants, ce qu’ils font en premier c’est de planter des haies qui les cachent de tous et mettre un panneau –Propriété privée/ Défense d’entrer- »

 

Une volonté pour travailler et vivre en relation maintenant et demain.

« Actuellement l’école de rugby du CAB forme des joueurs de très haut niveau. Certains dans les grands clubs »-« Oui mais quelle proportion ? »-« 5 sur 300 en formation ». « Il se crée des liens de camaraderie qui perdurent même après la vie sportive commune ». Observation valable pour les petits clubs avec des liens intergénérationnels (ex d’un dirigeant exerçant pendant 60 ans !).

« Le très gros problème c’est le manque de bénévoles, de personnes responsables, en particulier de parents » ; manque généralisé dans les communes et dans les clubs sportifs (grand et petits). Ce déficit humain est démultiplié par les exigences administratives et règlementaires entrainant souvent une prise de risque de la chaine de responsabilité. La multiplication des procédures (plus ou moins légitimes) est sans doute un des facteurs (avec la minimisation des moyens propres) de la vague de démissions ou de non-poursuite du mandat.

Pour les petits clubs, ruraux en particulier se rajoute un manque de moyens financiers.

 

Il est remarqué que le sport n’est pas, loin s’en faut, la seule activité socialisante : moins médiatisés, les clubs de musique, de peinture… sont nombreux et actifs. Aussi le sport peut être désocialisant quand ses exigences empêchent, par exemple, des étudiants de s’intégrer dans leur classe et parfois de suivre des études correctement.

 

Une initiative constructive initiée par la municipalité : « Agenda 21 ». La création et l’entretien de relations de voisinage (bonnes !) est une préoccupation première de la municipalité (« de toutes les municipalités »)

Beauregard est actuellement dans son deuxième plan (de 3 ans) d’ « Agenda 21 ». Il s’agit de rassembler les volontaires (élus, habitants… en fait toute personne même étrangère à la commune) autour de projets locaux ayant 2 buts : améliorer l’environnement et tisser des liens de proximité. Il a été organisé ainsi des nettoyages de ruisseau ou de source, le dégagement de chemins… suivis d’un pique-nique partagé, dans une ambiance souhaitée joyeuse. Cette organisation permet, entre autre, aux nouveaux habitants de rencontrer leurs concitoyens.

« Il est dommage qu’il faille toujours créer un évènement pour que les gens se rencontrent ». « Ce devrait être naturel, sans intervention d’un tiers, que les gens se parlent, se connaissent ».

Cette initiative n’est pas unique : repas des anciens, clubs et associations multiples, journée de la poterie, club d’histoire locale tissant aussi des liens avec les générations précédentes… « Les repas sont les plus fédérateurs… ».

« On peut regretter le fait que les gens d’acteurs sont devenus consommateurs ».

 

Une initiative constructive d’un club sportif : Des membres actifs ou anciens de l’USV ont souhaité célébrer le centenaire du club en 2007. Guy Rougerie a été pressenti, puis coopté, pour coordonner ces manifestations. Ont été organisés des spectacles, des repas, des soirées à thème… et enfin le week-end avec match de gala (3000 spectateurs). Le succès et la renommée de ce « centenaire » ont dépassé les prévisions. Les bénéfices de cet ensemble de manifestations a été versé intégralement à l’école de rugby de l’USV pour la formation et l’éducation des jeunes. Aussi (et surtout ?) ce fut une belle occasion de nouer ou renouer des liens entre anciens, très anciens et jeunes. Un passage de témoin entre générations.

L’équipe organisatrice a, sur sa cohésion, initié puis développé des actions de sensibilisation et d’aide au sportifs handicapés. « …d’une remarquable solidarité et d’une grande qualité de relations ».

« Les liens avec les vulnérables (personnes âgées en isolées, handicapés malades et invalides, les personnes socialement très défavorisées et isolées…) sont certainement à rechercher et cultiver ».

Des freins à la vie de relations : Beaucoup d’obstacles sont sur-souligner, nostalgie aidant.

*Changements structurels du milieu rural : disparition de la paysannerie, services publics rares ou disparus (poste, école, commerces de proximité…), diminution des foires et marchés locaux,

*Conditions sociales actuelles : travail des femmes et éloignement du lieu de travail diminuent les opportunités de rencontres, par exemple à la sortie des écoles. « Quand un couple travaille, loin de son lieu de résidence, on peut comprendre que le soir ils veuillent s’isoler et se reposer. Même si c’est loin de l’idéal social ».

*La décomposition des familles : les clubs apparaissent souvent comme un substitut à l’absence d’autorité et de devoir éducatif des parents.

*Multiplication des normes, règlements et lois. Couplé au juridisme et à l’existence de « procéduriers » compulsifs c’est un frein à l’engagement collectif et aux initiatives : nombreux sont les maires qui renoncent devant le risque judiciaire (et les conflits de voisinage !). Les responsables d’associations prennent souvent des risques personnels avec des actions (par exemple accompagner des enfants ou adolescents) alors qu’ils sont mal couverts par leur assurance ou qu’ils sont hors-règlement (par exemple sous-effectif). Certains se retirent.

*Pour les associations rurales le manque de financement est une limite et un frein.

*Multiplicité des offres avec dispersion des adhérents jeunes ou adulte.

*Il existe des groupes fermés et d’autres ouverts, accueillant : il semble que les seconds aient la préférence de « communautés » autour de centres d’intérêt temporaires en particulier chez les jeunes.

*Enfin : il s’agit d’un problème mondial : il s’est creusé un fossé entre générations et un changement de mode de vie (ex : Hollande). Le changement des formes des relations de proximité et l’investissement moindre des nouvelles générations est universel.

 

Et pourtant !!!! des engagements et des joies. Malgré les limites et les difficultés nous sommes dans un milieu où « quand je vais au marché à Terrasson je connais la plupart des personnes et je les salue ». « Il existe pleins d’activités organisées (par exemple l’Amicale Laïque) et aussi beaucoup d’initiatives personnelles ou des relations s’établissent de personne à personne ou par groupe ». Les « fêtes des voisins » organisées ou spontanées rencontrent du succès et témoignent du besoin de contacts. Même si certains regrettent qu’il faille créer un « évènement » pour que des voisins se parlent.

Il se crée de nouvelles formes de relations. Moins bien qu’avant ???

« Pourquoi vous êtes vous engagés ? » ; « Ce doit être génétique (en riant) ; pour le bien commun, par solidarité avec les habitants de mon village ; pour faire avancer les choses »

« On me l’a demandé. J’ai toute ma vie été dans le rugby. C’est une ambiance, surtout dans le Sud Ouest. Le rugby ne s’arrête pas après la deuxième mi-temps…Il est important qu’il y ait une transmission entre générations ».

 

« Qu’est ce que cela vous apporte ?»

 Tous les deux: « De la joie !!! »

 

Post-réunion : l’Arménie.

Lionel Armaghanian a bien voulu nous renseigner sur la réparation d’un lien très particulier. Il a fait partie d’une délégation, en Arménie, de maires français, ayant un ancêtre arménien. Il est donc allé dans le pays de son grand-père paternel réfugié en France, en passant par la Syrie, pour fuir le génocide ottoman.

Grandes lignes : 3 000 000 d’habitants dont 1 200 000 dans la capitale Erevan. Pays avec contraste très grand entre villes modernes, comparables aux villes européennes, et des campagnes où rien n’est organisé (services publics, circuits économiques…). Pays du mont Ararat (refuge mythique de Noé) et de la première église (toujours autonome) de l’histoire. Bon vin… mais non commercialisé !). Massif  exode des jeunes, en particulier vers la Russie. Mécénat des expatriés très important. Mentalité « d’assistés » avec attentisme, sans initiatives personnelles. Mémorial du génocide : « Très impressionnant, comparable à Auschwitz. Les photos et les noms des victimes : 3 000 000 de personnes sur une population totale de 6 000 000 »

 

Il est prévu une coopération de l’association des maires d’origine arménienne : objectif de stimuler la créativité et la prise en main de leur propre destin par les arméniens.

 

Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux (ce) que l’on aime

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Sep 22

Septembre 2018 L’EUTHANASIE

Ce 19 septembre    l’abbé  Jean Marie BOUYGUES  éthicien   a animé un débat sur  l’euthanasie

 

 

 

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Mai 26

Mai 2018 La vie a t-elle un sens par Genevieves DEMOURES

Pensez vous que la vie a du sens ? que la vie a un sens ?
Quel sens donner à sa vie
Autant de question qui refont surface en Occident après
l’effondrement des grands systèmes religieux et des idéologies
politiques mises à mal. Alors chacun est renvoyé à lui même et peut
légitimement s’interroger sur ce qui fait sens pour lui d’autant que la vie
nous réserve un lot d’épreuves et de changements qui nous
amènent à nous questionner sur notre place, sur l’aventure humaine,
la nôtre et celle plus collective, ,sur  le devenir et la trace que nous
pourrions laisser.

Le sujet est très vaste et modestement nous allons essayer de
réfléchir ensemble; comme vous savez je ne suis pas philosophe,
simplement médecin gériatre, en retraite depuis peu, mais aussi
présidente de France Alzheimer pour la Dordogne, participants aux
travaux de l’espace éthique sur les maladies neuroévolutives.
Enfin mère de 4 enfants, grand-mère de bientôt 7 petits et aussi fille
d’une vieille dame qui perd la tête et ne sait plus trop si je suis sa fille
sa mère ou sa sœur..
C’est de toutes ces places qui je compte réfléchir avec vous en
ajoutant aussi la foi chrétienne qui m’anime au cœur de la rencontre
humaine
Si l’on veut essayer d’y voir plus clair, commençons par nous
interroger sur le sens du mot SENS:

avec 3 significations, la direction, la signification et la sensibilité
La direction est relative à un but; autrement dit une existence ne
prend sens que lorsque ce que l’on fait mène à quelques chose,
lorsque le présent conduit à l’avenir. Mais si l’on identifie sens et
direction alors la vie que l’on mène semblera toujours ailleurs et le bonheur
pour demain; car la plupart des buts s’éloigne lorsqu’on les atteint et c’est
ce qui conduit la pensée religieuse dans son ensemble (toutes les
pensées religieuses) à ne donner sens à la vie que par rapport à un
au-delà d’où son insistance sur l’espérance.
Le sens ne serait donc pas uniquement direction mais signification;
Signifier c’est faire signe, faire signe dans la parole, impliquant une
altérité; nos vies ont du sens dans la mesure ou nous sommes
capables de leur donner par la relation à un autre que moi;
Mais la question du sens renvoie à la question du rapport au temps;
mo présent prend sens par rapport au passé qu’il accomplit dans la
fidélité et les loyautés qui m’accompagnent, mais aussi à l’avenir qu’il
prépare, mes projets à moi mais aussi le devenir collectif;
pour autant présence sensible au présent dans ce qui nous
autorise à savourer les petits bonheurs quotidiens complète ces trois
significations: direction, signification et sensibilité
Alors pourquoi la vie devrait avoir un sens ?

Les grands systèmes philosophiques et religieux de l’humanité se
sont tous emparés de cette question existentielle:
Pour Platon le sens de la vie est d’atteindre la forme de connaissance
la plus pure qui soit, pour Aristote il s’agit de rechercher le bonheur
suprême alors qu’Epicure met en avant le plaisir tranquille dénué de
souffrance.
Les stoiciens prônent une vie en harmonie avec le Logos (la parole)
le principe d’ordre de l’univers par une maîtrise de soi dépassionnée;
la pensée libérale met en avant la recherche de la liberté, par le
travail et la proprété; d’autres courants prônent l’amélioration de la vie vers
une conception d l’Eternité selon que l’on est fidèle ou pas aux lois

du Coran pour les musulmans; la suppression du soi intérieur

pour devenir un avec l’absolu cosmique et être délivré du cycle des

réincarnations pour les hindouistes; chez les bouddhistes la

recherche de l’illumination permet la fin de la douleur et de l’illusion

de soi ; enfin dans la Bible la réconciliation avec Dieu est la porte de

la vie éternelle et permet à l’homme d’être sauvé.

Dans nos sociétés occidentales où le relativisme règne en maître, nos

contemporains désireux de se libérer de tout système de pensée

refusent souvent d’admettre que la vie pourrait avoir un sens absolu

et collectif ; on ne compte pas toutes les publication prônant le bien-

être individuel, la connaissance de soi, le développement personnel

et la réconciliation avec son être profond, etc..

En effet le sens de la vie sur terre peut nous apparaitre comme

absurde à cause de la mort qui vient frapper chacun de nous parfois

prématurément laissant les questions sans réponses, souvent dans

des conditions difficiles ou absurdes, toujours avec douleur.

C’est que nous livre Albert Camus, philosophe de l’absurde quand il dit

« si la vie avait un sens on ne le chercherait pas r»

L’absurde étant la rencontre inévitable entre la détresse de

l’homme et l’indifférence du monde

Alors à part se mentir à soi-même, comment trouver du sens au cœur

d’un réel qui ne répond à aucune questions ?

Je citerai un phrase du photographe BRAISSAÏ: « on se demande

parfois si la vie a un sens… et puis on rencontre des êtres qui

donnent un sens à la vie »

En effet ces questions, pour importantes qu’elles soient, sont quand

même l’apanage des riches que nous Sommes, car nous n’avons pas à

lutter pour notre survie ; au contraire les personnes très pauvres,

démunies de tout, de nourriture, de terre, d’espoir tentent tout

simplement de survivre au jour le jour sans s’interroger sur le sens de du Coran pour les musulmans; la suppression du soi intérieur pour

devenir un avec l’absolu cosmique et être délivré du cycle des

réincarnations pour les hindouistes; chez les bouddhistes la

recherche de l’illumination permet la fin de la douleur et de l’illusion

de soi ; enfin dans la Bible la réconciliation avec Dieu est la porte de

la vie éternelle et permet à l’homme d’être sauvé.

Dans nos sociétés occidentales où le relativisme règne en maître, nos

contemporains désireux de se libérer de tout système de pensée

refusent souvent d’admettre que la vie pourrait avoir un sens absolu

et collectif ; on ne compte pas toutes les publication prônant le bien-être individuel, la connaissance de soi, le développement personnel

et la réconciliation avec son être profond, etc..

En effet le sens de la vie sur terre peut nous apparaitre comme

absurde à cause de la mort qui vient frapper chacun de nous parfois

prématurément laissant les questions sans réponses, souvent dans

des conditions difficiles ou absurdes, toujours avec douleur.

C’est que nous livre Albert Camus, philosophe de l’absurde quand il dit

« si la vie avait un sens on ne le chercherait pas r»

L’absurde étant la rencontre inévitable entre la détresse de

l’homme et l’indifférence du monde

Alors à part se mentir à soi-même, comment trouver du sens au cœur

d’un réel qui ne répond à aucune questions ?

Je citerai un phrase du photographe BRAISSAÏ: « on se demande

parfois si la vie a un sens… et puis on rencontre des êtres qui

donnent un sens à la vie »

En effet ces questions, pour importantes qu’elles soient, sont quand

même l’apanage des riches que nous Sommes, car nous n’avons pas à lutter pour notre survie ; au contraire les personnes très pauvres

démunies de tout, de nourriture, de terre, d’espoir tentent tout, simplement de survivre au jour le jour sans interroger sur le sens de

leur existence. Cequi peut les aider à vivre, ce qui peu les soutenir
au-delà de la recherche de nourriture, ce sont peut être les liens familiaux,
amicaux, communautaires;
Comment ne pas être interpellés par le regard des petits enfants
affamés et de leur mères en république du Congo, par les regards
fous des enfants soldats, par la détresse des migrants sur leurs
embacations de fortune, par les images des camps de concentration
ou la folie humaine avait fait perdre la raison et continue à
questionner sur le sens?
Comment ne pas être interpellés encore par cette vénération de
ceux qui produisent avec le regard condescendant posé sur les
assistés et les improductifs au sein desquels les vieux, malades ou
non se vivent comme un charge.
Ccomment ne pas être interpellés par ceux qui défendent les
avantages acquis ceux qui ne peuvent vivre dignement de leur
travail, et ceux qui sont envahis par la peur d’être abandonnés parce
que trop dépendants?
Comment ne pas être interpellés enfin face aux enjeux écologiques
pour notre planète, aux ravages induits par toujours plus de profit,
face aux armes qui ne cessent de proliférer y compris dans une
grande puissance mondiale.. Quel sens produit cette course en
avant ?

Le doute peut alors légitimement s’installer sur le sens de la vie
d’autant que si tout ce qu’on a appris ne sert à rien alors pourquoi en
garder mémoire ?
Et si l’on n’imagine pas d’avenir qui permette l’épanouissement
comment ne pas se tourner vers un passé souvent fantasmé, dont la
lecture ne correspond plus au présent et qui devient source de repli ?
L’oubli dans lequel la société maintient certains groupes de
population ne peut conduire qu’à la violence ou aux maladies de

‘oubli car il vaut peut-être mieux perdre la mémoire que de
constater qu’on appartient plus à l’histoire du présent.
Il nous faut alors chercher ce qui donne sens..
Le philosophe Michel de Montaigne écrivait que » philosopher c’est
apprendre à mourir »
Et Cicéron affirmait que  » toute la sagesse du monde se concentrait
en un point: « nous apprendre à ne craindre de mourir »
Est-ce que vivre pour préparer sa mort serait le sens de la vie? Mais
alors si la mort est aussi inéluctable et absurde pourquoi donc
génère-t-elle autant d’angoisse ? Notre quête de sens se
dans le néant de nos finitude..
Cependant l’être humain a toujours gardé en lui une aspiration
d’éternité. Pour lui-même ou pour l’humanité
Et au cœur de cette espérance se trouve la parole.
C’est la parole qui fonde l’avenir, qui promet l’avenir en ouvrant le
temps présent.
Au commencement était la Parole et la parole était Dieu et la
Parole était Dieu(Jean1)
La parole permet la rencontre, la rencontre avec soi et la rencontre
avec l’autre. c’est la parole qui fait sens dans nos relations
humaines. nous sommes membres les uns des autres; et
l’épanouissement de chacun n’est pas à mon sens accumulation de
performances, de richesses, voire de connaissances il s’agit là
d’accumulation
Au contraire le sens de toute une vie est plutôt dépouillement et
c’est en cela que vieillir peut se comprendre comme le moyen
d’apprendre à se dénuder de tout ce qui n’est pas essentiel;

Vieillir pourrait être un chemin ou l’on réécrit son histoire afin de la
rendre plus acceptable, pourrait être la mémoire d’une révolte
contre les mesquineries, le conformisme et les postures.
Comme le prix à payer pour être enfin libre.
 » Accéder à une vie bonne, avec et pour autrui dans des institutions
justes » ainsi que le dit Paul Ricoeur.
Tel est sans doute le sens d’une vie, construite depuis l’enfance, pas à
pas afin que chacun de nous puisse en faire un destin non pas
égoïstement mais au cœur d’une générosité sans cesse mise en
œuvre.
Nous ne maitrisons ni l’origine, ni la fin et en cela le sens de la vie
peut paraître absurde; le Politique( avec un P au sens large) est
arrachement à la fatalité dans ce qu’il permet la fécondité sociale de
chaque être humain et traduit ce que chaque homme possède en
commun dans une exigence à Se Penser et non à subir les mirages du
paraître et de l’avoir.
C’est ce que m’ont appris les personnes qu’on dit « insensés » à
travers les colères et les étrangetés de leur comportement, à travers
les mots balbutiés pour tenter la rencontre, à travers ce temps
suspendu qu’ils habitent ou le passé et le présent se mêlent, à travers
Cette quête inlassable de la rencontre..

Alors pourrons nous devenir ces veilleurs de l’Espérance,
annonciateurs que demain est déjà possible si nous savons
expérimenter cet Amour qui place l’éternité dans le Sens de notre vie

COMPTE RENDUE DE CETTE  CONFERENCE

DONNER DU SENS A SA VIE

A Bersac la salle Saint Laurent était complète pour participer avec le Dr Geneviève DEMOURES à une réflexion sur le sens de la vie. Geneviève DEMOURES, dans un exposé apprécié, définit en ouverture les questions posées. « Est-ce que la vie a du sens ? » « Est-ce que la vie a un sens ? », « Comment donner du sens à ma vie ? ». Elle propose de réfléchir ensemble à partir de nos expériences sur ces questions où il n’y a pas une seule réponse. Elle propose d’exposer sa vision du problème à partir de son expérience professionnelle de médecin gériatre, mais aussi de sa vie de femme, de mère, de grand-mère et aussi de fille et aussi à partir de son éducation et de ses convictions.

Le sens a plusieurs définitions. Il est direction : alors la vie sera toujours une attente insatisfaite. Il est signification en rapport avec mon expérience. Il est alors exprimé dans la parole. Il est aussi présence sensible par nos ressentis qui s’originent dans nos organes des sens.

Les religions, les philosophies tentent de satisfaire cette recherche de sens en promettant un au-delà ou un futur radieux.

Pour d’autres le sens de la vie peut apparaître comme absurde à cause de la mort inéluctable, souvent difficile et cruelle. Absurde aussi quand dans la vie collective nous rencontrons la misère matérielle dans nos villes nos campagnes ou sur les autres continents, ou la violence criminelle des enfants du Congo par exemple. Absurdité aussi dans le regard condescendant de ceux qui produisent sur les improductifs (vieux, malades…) ou les égoïsmes sociaux. Absurdité aussi des ravages écologiques induits par la course à l’accumulation, à la croissance… économique exclusivement.

La recherche de sens a aussi une dimension communautaire, collective, universelle.

Nous pouvons avoir un doute : la vie a-t-elle un sens ?

Alors il faut chercher ce qui donne sens à cette vie qui va se finir un jour.

Geneviève DEMOURES met au centre de cette quête la parole. La parole comme relation avec les autres mais aussi réécriture de sa vie. Ainsi le vieillissement ne serait plus la perte de la capacité d’accumuler (richesse, savoirs, performances…) mais un lent dépouillement, un moyen de se dénuder de tout ce qui n’est pas essentiel. C’est le prix à payer pour être enfin libre.

Le but d’une existence serait alors « d’accéder à une vie bonne, avec et pour autrui dans des institutions justes » (Paul Ricoeur). La politique (au sens noble de gestion de la Cité) apparait ici comme une activité donnant sens à un destin collectif.

Discussion libre où de nombreuses opinions et beaucoup de témoignages ont enrichi la réflexion. Nous les regroupons par thèmes :

*La parole : Pour l’humain elle est au centre de la possibilité de donner un sens à la vie selon G. DEMOURES. « C’est dans le regard de l’Autre que nous existons ».

La parole peut construire, réparer ou donner un sens à une existence. Quand une maman dit à son bébé « tu es le plus beau des bébés », ou l’amoureux à sa fiancée  « tu es la femme que j’attendais » ou le mari à son épouse « tu es la femme de toute ma vie » la personne existe pleinement, ressent sa valeur pour autrui. Par là elle construit son estime de soi et élabore son destin.

Positive la parole l’est aussi quand un mendiant reçoit une parole, aussi estimée selon eux qu’une obole. Il en est de même pour un prisonnier ou pour un écolier, pour un malade ou une personne en fin de vie par exemple, écoutant et écouté.

Mais la parole, ou son absence, peut être blessante voire destructrice. Un deuil non dit ou dénié, par exemple, aux enfants de la défunte, peut être destructeur et extrêmement douloureux. Il en est de même quand on se retrouve exclu par la maladie ou le handicap. La parole de la personne n’existe plus : elle est « mise dans une case », à l’extérieur du réseau social naturel.

Seule la relation humaine peut réparer ces blessures. Une illustration : une mère, très âgée, appelle « maman » sa fille. Quand celle-ci corrige son erreur, la mère se ferme et rompt le dialogue. La parole ne peut revenir que quand la fille reprend la conversation au niveau des préoccupations de la mère : « Oui, je comprends. Ta mère te manque… ». C’est un exemple de parole réparatrice.

Dans les témoignages de personnes exclues du fait d’un handicap ou de l’âge c’est aussi la présence d’une épouse ou de mains tendues qui ont permis une reprise de la vie. C’est la fameuse « résilience » (B.Cyrulnik) qui demande pour émerger des « tuteurs de résilience » c’est-à-dire une personne tendant la main nécessaire au bon moment. « J’ai eu beaucoup de chance parce que quelqu’un m’a toujours tendu la main ».

*Le matérialisme, l’évaluation de toute chose et tout être à la mesure de l’économie ôte tout sens et valeur à la vie humaine. « Devenir riche n’est pas donner un sens à sa vie : on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un cercueil ».Par exemple il faudrait, dans les EHPAD, « gérer » une personne agitée, fugueuse, agressive… Il faudrait aussi « gérer » le personnel, l’établissement, sa vie, le stress… Quand il s’agit de personnes, « gérer », empêche de réfléchir aux causes du comportement (malades) ou des difficultés dans l’organisation du travail (soignants).

Il est souligné la disparition des « vocations » : vocation de soignant, d’agriculteur, d’artisan… Le critère de choix étant uniquement matériel : rentabilité et commodité. L’absence de « vocation » est sans doute une cause du nihilisme, de la désespérance ou des aigreurs de certains jeunes.

*La vie prend sens loin des clivages et divisions souvent artificiels entre catégories de personnes. La vie est multiple. Ces oppositions, souvent exacerbées par la publicité, le clientélisme ou le sectarisme ôtent une source de sens. Par exemple l’opposition du binôme séniors-jeunes. Des exemples illustrent le vide de ce concept et des vécus pratiques permettant de dialoguer, de faire des ponts entre les générations, dont tous bénéficient. Les séniors voient que des jeunes assurent la relève ; les jeunes voient que le vieillissement n’est pas la néantisation de la personne. Chacun enrichit l’autre de son expérience.

Il suffit de ne pas rompre la relation par une attitude ou des paroles excluant notre commune humanité.

*La souffrance et « le Mal » sont une réalité et un mystère. Est-ce que l’existence du Mal ne rend pas la vie absurde ? Sans signification propre ?

En cas de malheur, de deuil, il faudrait poser la question autrement : « qu’est ce que je vais faire de ça ? » après bien sûr la période de révolte, de déni, de deuil.

La mort « permet de relativiser nos mesquineries ».Elle permet de « goûter l’instant présent. Les petits bonheurs. Surtout partagés ». « La souffrance peut être un chemin vers le haut… ou pas ! ».

*Les traditions, les communautés naturelles donnaient un sens à la vie par des phases symboliques, en particulier aux changements de statut : accueil dans la famille, adolescence, mariage, décès. « A la suite de la perte de ces repères on se retrouve seul ; en particulier de nouvelles générations qui ont perdu le sens de la vie ». La perte ou la dissolution des traditions, des rituels, la vie dans l’instant, ont ôté du sens à la vie de beaucoup déracinés et anxieux, en particulier dans les épreuves de la vie. Parfois ils fuient les questions existentielles dans une suractivité et/ou des addictions (possibles). La plus fréquente est la dépendance au « Dieu télé qui leur enlève tout désir de se battre ».

Il est difficile de trouver, seul, un sens à sa vie. Mais chacun a une responsabilité dans la recherche d’un sens collectif : il faut répondre et se répondre ; « même je ne sais pas ; même à soi-même ».La phrase de Ricoeur « accéder à une vie bonne, avec et pour autrui » prend tout son sens.

*Croyances et spiritualité sont des boussoles pour certains dans un élan de sublimation.

Les réponses de chacun sont bien sûr libres et variées. Pour Dr G.DEMOURES : «Il s’agit de faire de nos vies des destins». « Le but ultime c’est l’humain » ; « il faut suivre son chemin de vie ; cela fait sens d’avoir une fidélité » (toutes fidélités : conjugale, religieuse, patriotique…).

Il est fait remarquer qu’il existe actuellement toutes sortes de croyances ou de religions en France. Mais « n’est ce pas plutôt des idolâtries ? Idole OM, PSG ou autre et surtout idole-argent, ou la plus fréquente l’idolâtrie de son nombril, de sa petite personne ? Je suis Dieu »

Pour Geneviève DEMOURES : « …importance de s’abandonner à l’Amour universel et qui nous relie. C’est la définition de la communauté humaine et ce qui constitue l’Humain » ; « Je ne sais pas si je crois à la résurrection. Mais je crois à l’éternité, à la vie »

Assemblée générale/Apéritif le 8 Juin à 18h30. Salle Saint Laurent

Participation libre. Tous sont bienvenus

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