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Avr 27

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Avril 2011 – La mort est-elle une fin ?

ARES

 

CR de la réunion du 27-04-2011 à Bersac

 

Les participants étaient 26.

 

Le Dr Delage remercie l’association St Laurent pour le prêt de la salle et présente à nouveau le groupe ARES pour les nouveaux venus.

 

 

Thème de la séance : La Mort est-elle la fin ?

 

 

Tous les participants ont pris la parole quelques minutes chacun à leur tour pour évoquer l’expérience que le thème de la séance leur inspire, présenter leur vision de l’approche de la Mort et de l’Après, faire part de leurs convictions et de leurs doutes.

 

 

Il apparaît en synthèse que la plupart considère la fin de vie d’un proche comme une fin terrestre, une fin physiologique, mais pas comme la fin de la relation affective qui les lie avec le défunt. Cette relation leur permet de ressentir encore après la mort la présence des êtres chers déjà décédés, qu’ils soient de la famille ou proches ou pas.

 

Cette relation qui a été créée à deux, pendant le temps de vie commune, perdure lorsqu’un seul reste en vie. C’est ce qui permet de croire que l’Être qui contribuait à cette relation continue d’exister même après son décès terrestre, sous une autre forme cependant. Le fait de sentir la présence du défunt même après sa mort laisse présager, pour certains, qu’il continue d’exister ailleurs, qu’il y a donc un « après » pour la personne décédée.

 

 

Certains ont remarqué que le principe d’une vie ou d’une existence après la mort terrestre ne se retrouve pas seulement chez les croyants, mais également chez certains athées. Il faut tenir compte du contexte dans lequel nous évoluons : la représentation de l’au-delà a changé au fil des siècles, et a imprégné et formaté notre culture. De nos jours l’empreinte des jeux vidéo apprend aux plus jeunes à ne pas considérer la mort comme un phénomène permanent, notamment grâce à l’obtention de « nouvelles vies », et la distanciation entre l’Eglise et l’Etat a permis à certains de se libérer des images purement religieuses qui entouraient la mort et de s’en faire une idée moins sacrée.

 

 

Certaines participantes, auxiliaires de vie notamment, voient aussi la mort comme une libération, une cessation des douleurs et de l’état pathologique des personnes en fin de vie. La mort peut s’accompagner alors de la tristesse du deuil mais également de la joie et du soulagement ressenti à l’égard du défunt.

 

 

Pour savoir si la mort est la fin, il faut se demander également ce qu’est la Mort pour chacun.

 

Plusieurs idées ont été émises :

 

– la mort terrestre est la fin de cette vie et le début d’une autre, comme la naissance est la mort de la vie fœtale et le début de la vie extra-utéro ;

 

– chaque jour notre renouvellement cellulaire et la circulation des atomes fait que les atomes qui nous composent aujourd’hui auront été pratiquement remplacés en totalité dans quelques mois, donc notre corps, tel que nous le connaissons ne perdure pas. Cette vérité permet de relativiser le concept-même de la mort physique. Notre vie n’est pas uniquement liée à notre corps physique, elle a une autre nature, elle perdure, là où les atomes qui composent notre matière ne perdurent pas.

 

– de même, toujours dans le domaine biochimique et biologique, nous savons de quoi nous sommes composés et nous pouvons savoir comment nous fonctionnons (les impulsions électriques voyageant le long de nos nerfs pour transmettre des ordres de mouvements ou véhiculer des informations de perception et les intégrer). Mais nous ne pouvons pas déterminer ce qui est à l’origine de tout ce fonctionnement, l’étincelle même de Vie, ce qui permet et provoque cette électricité, ces mouvements, ces pensées, ces sensations, ces émotions. La mort arrête ces processus autonomes, mais les tissus de notre corps sont pourtant encore capables de transmettre, de réagir (cf. les expériences sur tissus prélevés ou morts)

 

– la mort est également, rappelons-le, obligatoire et nécessaire. Elle est nécessaire car notre corps se dégrade. Elle est nécessaire également pour l’évolution de l’espèce humaine : si l’humain ne mourait pas, il n’aurait pas la nécessité de transmettre son savoir. Chaque génération ferait son apprentissage total sans compter sur les générations précédentes. Et démographiquement, ce serait impossible à suivre (croissance exponentielle).

 

– la mort est un renoncement total. Mais en cela elle n’est que le dernier renoncement d’une vie qui est jalonnée de petits renoncements, de petites morts : renoncement à l’enfance, renoncement à la jeunesse, à la santé, au calme, à certains rêves ou projets, renoncements pour chaque frustration rencontrée… tous ces renoncements nous préparent au renoncement ultime.

 

 

Les expériences de chacun ont amené aussi la réflexion sur l’intérêt d’imaginer et de croire à un « après » : La mort fait peur ; l’inconnu fait peur ; l’aspect définitif de la perte d’un être cher fait peur. Il est donc réconfortant d’atténuer cette peur et de s’accrocher à l’espoir : l’espoir que ce qu’il y a après est mieux que ce que nous vivons actuellement, l’espoir de retrouver les proches disparus car l’absence est pesante et frustrante.

 

Les représentations artistiques de la Mort rappellent qu’elle n’épargne personne. Les enfants, les jeunes adultes, les personnes âgées. Cependant dans les représentations de la Résurrection ne montrent que des jeunes adultes au corps épanouis. La vie après la mort est donc une promesse d’épanouissement total, de régénération, d’accomplissement, ce que la vie terrestre ne permet pas forcément.

 

La mort reste un phénomène mystérieux et incompréhensible. Il est difficile d’en faire part et d’expliquer son ressenti : que l’on accompagne une famille endeuillée ou que l’on explique à des enfants ou des adolescents ce qui entoure la Mort, on n’est armé que de ses convictions et de ses espoirs car nul ne peut affirmer de façon indiscutable ce qu’il pourrait y avoir après. La mort est forcément entourée de spéculation en fonction de chaque culture et des chemins de vie de chacun. Mais il ressort des expériences des personnes qui accompagnent des familles endeuillées que l’espoir qu’ils peuvent transmettre a déjà pour vocation de leur apporter un soulagement.

 

 

Pour éclairer cette séance, Marie-Claude nous propose une lecture tirée du livre d’Ezéchiel :

 

Les ossements desséchés (ou « la vision des ossements » Ezéchiel 37, versets 1 à 14).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prochaine réunion à Montignac le JEUDI 26 mai à 20h

 

Sur le thème : Les bébés-médicaments (ou bébé de la deuxième chance)

 

 

Information : un bureau a été constitué composé du Docteur Delage, de l’Abbé Pic, d’Andrée et André Begoc et d’Aël Jacquel.

 

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