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Fév 23

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Février 2011 – Fin de vie et euthanasie

ARES

 

 

CR de la réunion du 23-02-2011 à BersacMichelangelo's_Pieta_5450_cropncleaned

 

 

 

 

 

Les participants étaient une trentaine dont les Pères Ventoze, Lafage et Pic.

 

Le docteur Henri Delage expose d’abord brièvement les circonstances de la naissance du groupe ARES, ses objectifs et son mode de fonctionnement.

 

Il est né de la concertation de quelques paroissiens de Montignac et de Bersac autour de l’abbé Emmanuel Pic et du Dr Henri Delage.

 

Il se propose d’offrir un lieu d’échanges et de réflexions sur les problèmes éthiques et sociaux contemporains dans un esprit de partage et de libre échange entre les participants.

 

Une réunion est prévue chaque mois qui se tiendrait le mercredi alternativement à Bersac et à Montignac.

 

 

Le thème de cette première réunion est la fin de vie et l’euthanasie.

 

 

Il est proposé dans un premier temps un tour de table afin que chacun puisse dire rapidement en quoi il est concerné par ce sujet : expérience personnelle ou préoccupations.

 

Il n’est pas possible de retranscrire ici les interventions de chacun, mais d’essayer de traduire quelques axes de réflexions, de questionnement qui se dégagent de ces paroles partagées.

 

Notons d’abord qu’il est remarquable que chacun ait pu s’exprimer et ceci, de façon personnelle parfois même très intime.

 

►Rares sont les personnes qui n’ont pas été confrontées par la mort d’un parent ou d’un patient (pour les soignants) aux circonstances douloureuses d’une fin de vie difficile.

 

►Deux problèmes apparaissent immédiatement :

 

  • La souffrance physique plus ou moins bien prise en charge, selon les circonstances, avec ses composantes affectives et psychologiques.

  • L’acharnement thérapeutique conçu le plus souvent comme le maintien d’une vie souvent très artificielle dans un corps apparemment inconscient naturellement ou sous l’effet des traitements.

 

Dans le temps ces problèmes ont beaucoup évolué avec le développement des services de soin palliatifs qui ont permis de mieux maitriser le traitement de la douleur et d’assurer un environnement à l’écoute des malades, une présente aimante qui redonne souvent un sens à ce qui reste de vie et prépare au passage de la mort.

 

  • Les soignants en soins palliatifs font remarquer qu’elles n’ont jamais vu, dans leurs services un patient soulagé dans son corps réclamer l’injection mortelle. Cependant ce sont les familles ou l’entourage qui peuvent quémander une précipitation de l’issue fatale. L’angoisse des accompagnants doit être prise en compte.

 

►La majorité des participants a dit son opposition à une légalisation du permis de tuer tout en reconnaissant que la souffrance réfractaire à un traitement bien conduit est intolérable.

 

Il a été dit également qu’il n’était pas possible de se mettre à la place de celui qui est condamné à mourir, ni des proches qui l’accompagnent.

 

►La loi Léonetti reconnait cependant, à certaines conditions la possibilité de mettre en œuvre un traitement antalgique, en cas de douleurs insupportées, même si celui-ci risque provoquer une issue fatale.

 

L’un des prêtres fait remarquer, pour éclairer le problème posé par «  l’injection de trop »qui calme mais risque de tuer, que lorsque 2 effets résultent d’une même action, l’un positif qui apaise, l’autre négatif qui tue, la morale retient que ce qui compte c’est l’effet premier recherché : combattre la souffrance.

 

►Sont évoquées aussi les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, à un stade terminal et dont certains ne voient plus très bien quel contenu, quel sens a leur vie.

 

Au-delà du fait que malgré les apparences, elles sont encore bien vivantes, surtout sur un plan affectif, l’atteinte à leur vie relèverait de l’eugénisme : l’élimination de celui qui est « autre ».

 

►Très émouvant fut le témoignage de Marie-Claude qui lutte depuis de longs mois contre une affection mortelle : elle avoue bien sûr ses moments de découragement, de peur, de désespoir, mais elle rend aussi grâce d’avoir pu bénéficier d’un accompagnement personnalisé. L’amour, dit-elle, est une thérapie formidable.

 

►La soirée s’est achevée par une méditation, guidée par Emmanuel Pic, sur les rapports avec la souffrance et la mort des chrétiens.

 

Ces rapports n’ont pas la même forme selon les civilisations, les peuples qui vivent, par exemple, dans les bidonvilles du Brésil ou la brousse du Gabon, n’ont pas la même conception de la mort.

 

Le Père Pic s’est inscrit en faux vis-à-vis d’une quelconque conception rédemptrice de la souffrance, en disant que ce n’est pas la souffrance en elle-même qui est aimable pour un chrétien – elle doit toujours être combattue – mais la possibilité offerte de rencontrer la personne du Christ au cours d’une expérience douloureuse. C’est lui qui est aimant et qui peut être aimé. Le théologien François Varillon disait que Jésus n’est pas venu répondre à la mystérieuse question de la souffrance mais l’habiter de sa présence..

 

Le regard porté par l’accompagnant sur la personne qui souffre est fondamental, il permet de lui restituer une grande dignité.

 

Cette présence auprès de celui qui souffre est faite d’une interrelation entre les participants. Dans St LucVII 24-26 autour du centurion et de son serviteur souffrant, il y a le Christ, le thérapeute, la foule, les apôtres…, il y a un tissu de relations qui peut nous faire penser à la Ste Trinité et son mystère.

 

Enfin on expérimente tous les jours, les petites morts que sont pour nous les souffrances physiques ou affectives, les pertes, qui nous touchent et c’est la façon dont nous les vivons qui est ou non une source de progression dans l’amour de Dieu.

 

C’est aussi le sens de tous les petits sacrifices de carême : mais nous sommes quand même bien loin des douleurs de toutes natures de certains malades en fin de vie….

 

 

Il est décidé que nous prolongerons nos échanges sur ce thème en étudiant la prochaine fois la loi Leonetti, et dans une autre séance encore nous partagerons le témoignage des soignants et accompagnants des services de soins palliatifs.

 

 

Prochaine rencontre proposée pour le mercredi 23 mars à Montignac à 20H.

 

 

 

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