«

»

Nov 23

Imprimer ceci Article

Novembre 2016 -Les pratiques juives contemporaines

p10102261p10102351Intervention du 23 novembre 2016
Véronique Dubois aumonier israëlite représentant le Grand Rabbin de France.

 

  1. Identité
    1. Qu’est-ce qu’être juif ?
      • i. Est-ce une identité, un peuple, une religion ? Un pays, un état ?
      • ii. Judaïté et nationalité ? Juifs, Israéliens, Israélites. Le peuple élu.
      • iii. La préoccupation des juifs est-elle universelle ou personnelle ?
    2. Qui est juif ?
      • i. Est-il possible de définir précisément la judaïté ?
      • ii. Peut-on devenir juif, peut-on cesser d’être juif ?
      • iii. Les juifs sont-ils prosélytes ?
    3. Communauté
      1. Y a-t-il une société juive, une communauté ?
      2. Sépharades et ashkénazes, et autres ?
      3. Combien de juifs en France ? à Paris ?
    4. Principes et pratiques
      1. Principes de foi
      2. Les pratiques proprement dites (Cette partie est le sujet principal de la soirée)
      3. Questions sur les pratiques
        • i. Les pratiques juives contemporaines diffèrent-elles des pratiques anciennes?
        • ii. Sont-elles les mêmes dans tous les pays ?
        • iii. D’où, de qui, viennent-elles ? De quoi ces pratiques sont-elles l’écho ?
        • iv. Vers quoi tendent-elles ? Quel est le but, quel est l’objectif ?
        • v. Quelles sont les conséquences négatives si les pratiques ne sont pas suivies, positives si elles le sont ? (« punition/récompense »)
        • vi. Les juifs doivent « réparer le monde »
      4. Quelle est l’eschatologie juive ? Qu’y a-t-il après la mort ?
    5. Transmission
      1. Comment sont enseignés ces principes et ces pratiques aux générations suivantes ?
      2. Comment les jeunes vivent-ils ces pratiques ?

 

———————————————————————————————————————————————————

 

  1. IDENTITE
  2. Qu’est-ce qu’être juif ?

Est-ce une identité, un peuple, une religion ? Un pays, un état ?

 

Juifs (en hébreu : יְהוּדִים / yehoudim, ) : membres d’un peuple lié à sa propre religion, le judaïsme. La tradition juive relie leur ascendance aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob également appelé Israël. Ils peuplent la Judée et le royaume d’Israël, structurant leur quotidien autour de la Bible ( cinq Livres de la Torah attribués à Moïse, les Livres des prophètes ultérieurs et d’autres écrits.)

La Bible définit nos croyances, notre histoire, notre identité nationale. À la suite de la destruction des 2 Temples de Jérusalem (- 568 et + 70), c’est l’exil vers Babylone avec le retour permis par Cyrus, roi Perse, puis l’exil à travers le monde. Le peuple juif devient diaspora.

Orthographe

Conformément aux conventions typographiques qui imposent une majuscule aux noms de peuples et une minuscule aux noms de croyances11, « Juif » s’écrit avec une initiale majuscule quand il désigne les Juifs en tant que membres du peuple juif (et signale ainsi leur judéité), mais il s’orthographie avec une initiale minuscule lorsqu’il désigne les juifs en tant que croyants qui pratiquent le judaïsme (et insiste en ce cas sur leur judaïté)

Développement :

Les références y désignent un groupe endogame (ne se mélangeant pas aux autres peuples) « Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils –   Deutéronome 7:3», ayant une relation directe avec Dieu « Pardonne, ô Éternel ! à ton peuple d’Israël, que tu as racheté  Deutéronome 21:8», et occupant un territoire, « le pays dont l’Éternel, ton Dieu, te donne la possession Deutéronome 21:1 ».

Après la dispersion des Juifs à travers la planète, le sentiment d’être un peuple est resté une obligation religieuse. Le peuple juif a refusé tout universalisme religieux, et en particulier toute conversion en masse des « nations » (Goyim) au sens biblique, c’est-à-dire des non-juifs.

Après la destruction du premier Temple, en 587 av. J.-C., les yehoudim se disséminent de par le monde (ce qu’ils nomment la גָּלוּת galouth (ou gola) ou, en grec, la diaspora). Les francophones nomment Juifs ces yehoudim émigrés, ainsi que leurs descendants des deux premiers millénaires de l’ère courante.

Le judaïsme naquit au retour de l’Exil, sous l’impulsion du scribe Ezra et des promoteurs du second Temple de Jérusalem (516 av. J.-C.). À partir de cette date et jusqu’à nos jours, yehoudim est remplacé en français par « juifs », pour signifier la judaïté (identité religieuse) et la judaïcité des concepts et rites religieux juifs.

À la suite de la destruction du Second Temple par les Romains (en 70 ap. J.-C.), et la destruction définitive du royaume de Juda (Ier siècle), et enfin avec la rédaction des Talmuds, la religion juive s’unifie (IIe siècleVe siècle). Le rétablissement de l’État juif est alors abandonné, et renvoyé à des lointains temps messianiques.

C’est à partir du XIXe siècle, sous l’influence des idées laïques et nationalistes en occident, qu’une redéfinition politique et nationale de l’identité juive est mise en avant. Ainsi on peut répondre à la question « qu’est-ce qu’être Juif ? » (mihou yehoudi?) : une réponse entre celle donnée par la halakha jusqu’aux lois du retour en Israël (2006) = contradiction, appartenir au peuple élu en ne s’inscrivant ni dans l’élection, ni dans l’alliance.

 

L’appartenance à un peuple, avant tout

Se dire sans Dieu, pour un Juif, c’est affirmer avec une radicalité absolue son appartenance à un peuple. C’est dire « je suis juif de façon absolue, en écho à Gershom Scholem « …le juif a tous les droits d’être simplement un Juif et de contribuer à être ce qu’il est en étant simplement ce qu’il est » C’est simplement dire avec une totale liberté « je suis le Juif qui est ».

C’est participer à la chaîne de transmission identitaire en acteur à la fois de son propre destin et de celui du collectif. Son destin parce qu’il s’agit du choix assumé de s’inscrire dans la transmission.

Celui de collectif parce que, au moment où les 3 religions monothéistes sont confrontées au double péril de la baisse de la pratique religieuse d’un côté et de la montée des intégrismes de l’autre, le Juif sans Dieu peut, de façon paradoxale, devenir le garant de la survie de l’ « être juif ».

 

 

Un Juif sans Dieu n’est pas un Juif athée

Ici, le « a » dit l’absence, pas le manque. L’athée est celui qui ne croit pas en Dieu, qui pose sa croyance en la non-existence de Dieu et qui fonde son identité par rapport à cette négation de l’existence de Dieu Le Juif sans Dieu se pense, s’assume comme juif hors de toute référence à Dieu.

 

Retour au judaïsme dès les années 1960-1970: inversion par rapport à la tendance 1798-1940:

Après l’émancipation du 18ème siècle, le mariage mixte signifiait rupture avec le passé, et qui pouvait aller jusqu’à la conversion au christianisme pour mieux intégrer le monde universitaire ou économique. Ceux qui en France demeurèrent dans le giron traditionnel optèrent majoritairement pour une pratique religieuse ouverte sur la cité. Cela donna l’israélitisme, véhiculé notamment par le Consistoire :  « juif à la maison, Français à l’extérieur ».

Cette situation a évolué à la suite de 2 événements majeurs du XXe siècle:

–   la Shoah & la création d’Israël.

réaction critique face au double refus de nier la réalité de l’antisémitisme comme celle de leur identité juive.

 

  1. Judaïté et nationalité ? Juifs, Israéliens, Israélites.
  2. Le peuple élu.
  1. Un pays, un état.
  2. Le peuple juif est lié à une Terre, voire à une promesse de Terre

la Terre promise par Dieu à Abraham : ainsi, depuis deux mille ans, le messianisme juif a développé l’espoir d’un retour sur la terre ancestrale, retour qui doit advenir avec l’arrivée du Messie et le rétablissement du Temple à Jérusalem. Cette période messianique, qui apparaît dans de nombreuses prophéties, serait marquée par la disparition des inégalités, des guerres, des persécutions, des souffrances…et par l’accomplissement de la mission universaliste d’Israël.

 

Or, peuple juif est devenu après l’an 70 une diaspora. Dès 1948, la création de l’état d’Israël est la réalisation de la promesse divine, pour d’autres noms (mouvement extrémiste des neture karta, ne parle pas l’hébreu). Pour ceux qui vécurent la création de l’état d’Israël, ce fut un bouleversement au – delà des mots. A partir de la génération suivante, Israël est devenu une évidence. Donc, le terme « israélite » tombe en désuétude, remplacé par le terme « Juif », ex dans la création après – guerre du FSJU. Ce qui était un signe d’opprobre devient un symbole identitaire, après 1945.

 

Le 15 mai 1948 est proclamé l’État d’Israël. La déclaration d’indépendance du 14 mai indique « Eretz Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. […] Contraint à l’exil, le peuple juif demeura fidèle au pays d’Israël à travers toutes les dispersions, priant sans cesse pour y revenir, toujours avec l’espoir d’y restaurer sa liberté nationale. […] C’est de plus, le droit naturel du peuple juif d’être une nation comme les autres nations et de devenir maître de son destin dans son propre État souverain. […] L’État d’Israël sera ouvert à l’immigration des Juifs de tous les pays […] il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture. […] Confiant en l’Éternel tout-puissant, nous signons cette déclaration sur le sol de la patrie59 ».

 

 

Le peuple élu – La préoccupation des juifs est-elle universelle ou personnelle ? Les juifs sont-ils prosélytes ?

Ce statut est souvent associé à une grande rigueur personnelle ou collective auto-imposée, afin de remplir les attentes de Celui qui élit.

Plus spécifiquement, dans la Torah, le terme « peuple choisi » fait référence aux enfants d’Israël, qui forment un royaume de prêtres1. Les enfants d’Israël possèdent aussi le « Verbe » ou la « Loi de Dieu », sous la forme de la Torah communiquée par Dieu à Moïse. Les Juifs se considèrent donc comme le peuple élu. Cette élection implique plus de responsabilités comme l’énonce le prophète Amos (Livre d’Amos 3:2): « C’est vous seuls que J’ai distingués entre toutes les familles de la terre, c’est pourquoi Je vous demande compte de toutes vos fautes. » Le rôle est d’être humble en révélant le message biblique « parce que dans la création, le moustique t’a précédé (Talmud) », tout en mettant en avant l’importance de la responsabilité d’un message d’amour universel: « l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est un » (Deutéronome 6, 4).

 

 

 

Prosélytisme

Prosélytisme est interdit : Souviens-toi que tu as été étranger en pays d’Egypte.

Distinguer l’Universel Juif de l’Universel réducteur des Grands Empires. (Armand Abécassis, La pensée juive – espaces de l’oubli & mémoires du temps)

D’autres croyances peuvent mener également vers Dieu. Le judaïsme, pour sa part, affirme que, pour un non-juif, le respect des Lois noahides est suffisant pour assurer sa place au monde à venir, sans avoir à être juif.

 

Après la dispersion des Juifs à travers la planète, le sentiment d’être un peuple est resté une obligation religieuse. Au contraire du christianisme, lui-même issu du judaïsme, ce dernier a refusé tout universalisme religieux, et en particulier toute conversion en masse des « nations » (Goyim) au sens biblique, c’est-à-dire des non-juifs.

 

  1. Communauté
    1. Y a-t-il une société juive, une communauté ?

La communauté est un ensemble de personnes liées par une Histoire, une croyance ou des moeurs ou religion communes dont l’on hérite alors que la société (de socius, socii ami allié de guerre) nécessite un sentiment volontaire d’appartenance à un groupe ou la volonté de former un groupe sur des bases communes, différentes de celles que l’on a hérité.

 

Il existe une Communauté, constituée de communautés organisées autour d’institutions spécifiques (religieuses, sociales, juridiques), au cœur des populations chrétiennes et musulmanes. Toutefois, bien que minoritaire, le judaïsme reste symboliquement central en tant que référence.

 

  1. Sépharades et ashkénazes, et autres ?

L’appellation Ashkénaze, Ashkenaze ou Achkenaze désigne « les Juifs de l’Europe occidentale, centrale et orientale qui sont d’origine et de langue germaniques par opposition à ceux qui sont originaires d’Espagne et sont dits séfarades (sefardim) »1,2 et aux Juifs descendant des communautés juives des régions proche et moyen-orientales dits Mizrahim. Les Ashkénazes sont caractérisés par des coutumes, un héritage culturel et des traditions religieuses particulières. À la différence des communautés séfarades ou mizrahim, la langue vernaculaire des Ashkénazes est le yiddish5, variété de moyen-haut allemand enrichie d’emprunts à l’hébreu, au polonais et au russe6).

 

Les Séfarades tirent leur nom de l’hébreu Sefarad qui désigne la péninsule Ibérique. Au sens étroit, Sefarad qui, en hébreu, veut dire « Espagne », désigne ce pays et les Juifs originaires de cette région.

Ceux-ci, après les pogroms de 1391 et leur expulsion d’Espagne (1492) puis du Portugal (1496), se sont en effet répandus dans l’Empire Ottoman, au Maroc et en Afrique du Nord, en Italie et dans une moindre mesure aux Pays-Bas. Le terme « séfarade » est devenu à tort un terme pour designer les communautés non-ashkénazes en général lorsqu’il désigne à l’origine plus spécifiquement les Juifs d’ascendance ibérique4,5.

 

  1. Combien de juifs en France ? à Paris ?

Le nombre de juifs dans le monde est toujours plus faible que celui d’avant la Shoah. C’est ce qui ressort des informations publiées par le bureau central des statistiques. En 1939 il y avait 16,600,000 de juifs dans le monde alors qu’aujourd’hui, ils ne sont que 14,310,000.

Et ou vivent les juifs dans le monde ? Selon les données du bureau central des statistiques, Etats-Unis : 5,700,000 juifs,  France 420,000, Canada 386,000,  Angleterre 290,000, Russie 183,000,  Argentine 181,000,  Allemagne 118,000 et  Australie 113,000.

Les Juifs de France

Par ville :
 Les 420 000 juifs de France sont
– à plus de 70% en Ile de France 280 000, (40 000 75017)
– Marseille 60000,
– Lyon 20000, puis Nice, Toulouse, Strasbourg 15000 chacun.

  1. Questions sur les pratiques
    1. Les pratiques juives contemporaines diffèrent-elles des pratiques anciennes?

DISPARITION DU TEMPLE & DIASPORA

Souligner la centralité du Temple de Jérusalem dans le culte juif de l’antiquité. Ainsi l’épisode historique de la destruction du Temple, en 70 de notre ère, marque profondément la tradition juive comme catastrophe ; l’exil qui s’ensuivit à partir de 130 ne la marque pas moins et donne lieu à ce que l’on désigne par le terme grec de diaspora, dispersion.

Les rituels du Temple, en particulier les sacrifices d’animaux, disparaissent avec lui ; le culte se reporte sur la prière d’une part et le foyer d’autre part. Le Livre et son étude vont dès lors jouer un rôle central dans les pratiques juives. Ainsi les juifs de la diaspora auront un point commun : l’étude de la Torah. Elle devient un point d’ancrage et le lieu d’une mémoire collective. Les livres se transportent, se recopient, s’interprètent. C’est ce qui explique la centralité du Texte dans le judaïsme diasporique

RENCONTRE JUDAÏSME ET MODERNITE

  • – judaïsme officiel français évolue également en se modernisant : traduction du rituel de prières.

institutionnalisés : les libéraux 17, qui prônent une « adaptation de la vie rituelle au monde moderne » en plaçant l’éthique au centre de toute pratique ; les conservateurs 18 (massorti), partisans de la conservation des principes rabbiniques adaptés aux problématiques modernes, et un judaïsme traditionnel à orthodoxe, très largement majoritaire en France, comprenant lui-même plusieurs courants 19 : le courant consistorial, les courants orthodoxes et les courants hassidiques, en majorité le hassidisme a Bible

  • – double effet de la rencontre du judaïsme et de la modernité : la modernité travaille de l’intérieur les différents courants du judaïsme en les diversifiant : Afin d’illustrer ces recompositions, nous pouvons nous référer à la pratique de la cacherout (lois alimentaires de la Bible et du Talmud) 24. Celle-ci peut aller du simple évitement du porc à la consommation de viande cacher ou au respect scrupuleux des séparations entre aliments lactés et carnés. Enfin, les pratiques alimentaires sont systématiquement appréhendées comme un vecteur de transmission entre les générations à travers la cuisine juive ou les nourritures festives. Ainsi, l’aliment permet de faire mémoire – mémoire familiale – dans une temporalité courte, celle de la généalogie, mémoire du texte biblique également dans une temporalité longue.

Quelques exemples très contemporains

Comment les décisionnaires religieux vont-ils réagir face à des situations inédites induites par la modernité scientifique ou par l’évolution des normes sociales ? bouleversements dans les sciences du vivant, celui de la place des femmes et celui de l’homosexualité.

La loi juive, la halakha. Halakha en hébreu signifie justement mouvement. La loi est en mouvement, et c’est bien la tradition interprétative et jurisprudentielle qui permet ce mouvement. La liberté d’interprétation va permettre d’élaborer, à chaque période, un système de sens en accord avec les valeurs du temps à partir du moment où ce système ne contredit pas une tradition autorisée.

 

  1. Sont-elles les mêmes dans tous les pays ? D’où, de qui, viennent-elles ? De quoi ces pratiques sont-elles l’écho ?

 

Non. Incidences culturelles, économiques, climatiques…minhag prend la pas sur la halaha.

 

  • i. Vers quoi tendent-elles ? Quel est le but, quel est l’objectif ?

Tension vers le principe d’unité car toute unité renvoie à celle de Dieu. Tisser une unité dans le temps puisque nous sommes en diaspora. Peréniser l’idée d’identité (héritage commun et identique) et la mémoire. Injonction Zakhor

 

  • ii. Quelles sont les conséquences négatives si les pratiques ne sont pas suivies, positives si elles le sont ? (« punition/récompense »)

Conséquence : une mitswa entraîne une mitswa, une avera entraîne une avera

Récompense : on dit faire une mitswa et étudier la Torah par amour gratuit.

Conséquence liée au tikkkoun olam.

 

  • iii. Les juifs doivent « réparer le monde »

Le tikkoun olam, ou tikkun olam, en hébreu : תיקון עולם, « réparation du monde », est un concept issu de la philosophie et de la littérature juives, recouvrant en grande partie la conception juive de la justice sociale (tsedaka).

Selon certaines explications, plus grand est le nombre de mitzvot (prescriptions religieuses) réalisées, plus le monde se rapproche de la perfection. De cette idée, le mysticisme juif a développé l’idée que le tikkoun olam déclencherait ou accomplirait les prophéties concernant la venue du Messie ou celles du monde à venir. La croyance dans le tikkoun olam est l’un des concepts centraux du Zohar (le Livre de la Splendeur), et plus encore de l’école lourianique de la Kabbale.

 

 

  1. Quelle est l’eschatologie juive ? Qu’y a-t-il après la mort ?

L’eschatologie juive est un rameau de la pensée juive s’intéressant à la destinée finale du peuple juif, et du monde en général.

Selon la plupart des croyances relatives à ce sujet, la fin des jours (hébreu אחרית הימים a’harit hayamim1) se caractérise par la venue du Messie, se déroule en plusieurs étapes, et s’achève sur le triomphe de Dieu et celui de son peuple, les enfants d’Israël.

L’eschatologie juive dans la Bible hébraïque

La Torah commence dans une idyllique création de l’homme, qui se conclut par son expulsion du jardin d’Eden et la perte de son ascendant sur les créatures terrestres. La descendance du fils de l’homme créé à son image, donc à celle de Dieu, échoue et déchoit à son tour, si bien que Dieu décide de faire venir un cataclysme sur la terre pour effacer l’humanité. Les uniques survivants du déluge sont cependant à peine meilleurs, et leurs descendants ne tardent pas à provoquer la visite de Dieu en érigeant une tour désignée pour atteindre les cieux. Cependant, dès les germes de l’histoire des Hébreux, donc de la lignée d’Israël, il est annoncé à Abram que par lui seront bénies toutes les nations du monde2. Abram, qui deviendra Abraham, a deux fils, mais seul Isaac est nommé « descendance3 » et de même seul Jacob est appelé « descendance4. » D’autres « prophéties » émaillent le récit des patriarches5. La Fin des Jours est traditionnellement divisée en un nombre d’époques successives :

  • Hevlei Hamashia’h et Ikveta deMeshi’ha (prodromes messianiques). C’est une ère de souffrances mondiales, dans laquelle s’inscrit notamment la guerre de Gog et Magog, prophétisée par Zacharie et Ezéchiel.
  • Retour du prophète Élie, qui amène le Messie,
  • les Temps Messianiques: il s’agit de l’étape la plus importante, au point d’être souvent confondue avec le processus entier.

Les Temps messianiques

Durant les Temps messianiques, qui marquent la fin de ce monde, règne un Roi issu de la lignée de David, qui sauve Israël de l’exil, et le conduit dans les voies de la Torah, que reconnaissent aussi les nations, ce qui conduit à la paix universelle.

 

Que se produira-t-il à la fin des temps ?

Selon Maïmonide,

Les Temps messianiques auront lieu lorsque les Juifs recouvreront leur indépendance et retourneront tous en terre d’Israël. Le Messie sera un très grand roi, il accomplira de grands actes, et sa réputation parmi les nations [non-Juives] sera encore plus grande que celle du Roi Salomon. Sa grande droiture, et les miracles qu’il accomplira, seront cause que tous les peuples feront la paix avec lui […] Rien ne changera aux Temps messianiques, à ceci près que les Juifs recouvreront leur indépendance. Riches et pauvres, forts et faibles existeront toujours. Cependant, il sera très facile de pourvoir à sa subsistance, et on pourra accomplir beaucoup avec peu d’efforts […] Ce sera un temps où le nombre d’hommes sages augmentera […] la guerre n’existera plus, et les nations ne brandiront plus l’épée l’une contre l’autre […] L’Âge messianique sera éclairé par une communauté de justes, et dominé par la bonté et la sagesse. Il sera dirigé par le Mashia’h, un roi droit et honnête, éminent de sagesse, un roi droit et honnête, proche de Dieu. Ne crois pas que les voies du monde ou les lois de la nature seront changées, ce n’est pas vrai. Le monde continuera tel qu’il est. Le prophète Isaïe a prédit « Le loup vivra avec l’agneau, le lion dormira avec l’enfant. » Ceci n’est cependant qu’une allégorie, signifiant que les Juifs vivront en sécurité, même avec les nations anciennement perverses. Toutes les nations retourneront à la vraie religion, et ne voleront ni n’opprimeront plus. (Mishné Torah, Hilkhot Melakhim chap. 12)

 

Qu’y a-t-il après la mort ?

 

Nous sommes crées « à l’image de D.ieu. » Étant donné que D.ieu est éternel, un élément qui nous compose – l’essence Divine qui représente notre identité et que nous désignons comme notre âme – doit inévitablement être éternel et immortel.

Nos âmes nous accompagnent dans notre périple terrestre et ne nous abandonnent pas à la fin de notre existence physique.

Nos corps, en tant que créations matérielles, proviennent de la poussière de la terre et doivent retourner à leur source ; ils se désintègrent au moment où ils sont enterrés. Mais nos âmes sont un cadeau de D.ieu, instillées en nous par le Tout-Puissant.

Voici ce qui se passe après la mort : nous acquérons la sagesse pour évaluer notre propre existence en appliquant les critères du Ciel – car nous voyons désormais les choses depuis une perspective éternelle

Nous n’avons pas à notre disposition d’image claire du Paradis et de l’Enfer. Alors que la croyance en la récompense et le châtiment après la mort est, d’après Maïmonide, l’un des treize principes cardinaux de notre foi, nous n’avons aucun moyen de savoir exactement ce que recouvre ce concept. Mais nous pouvons essayer de deviner. Puisque notre entrée dans le monde futur est précédée par l’obligation pour chacun d’entre nous de visionner le film de notre existence

Et même si nous ne savons pas exactement comment nos âmes seront traitées, que ce soit en haut ou en bas, nous avons la garantie que les vertueux recevront une récompense correspondant à leurs bonnes actions, et que les méchants regretteront amèrement le mal qu’ils ont commis.

La bonne nouvelle : D.ieu – dans Son infinie bonté – a établi ce processus comme un nettoyage, au terme duquel après un an (ou moins), toute la négativité a été emportée pour toujours.

 

 

  1. Transmission
  2. TRANSMISSION
  3. Transmission

Que reste-t-il  pour un Juif athée ?

Pour lui, être juif c’est avoir reçu cette judaïté de ses parents, de l’un et de l’autre ou des 2 et d el’avoir acceptée. Cette transmission acceptée est la garantie de la survie du judaïsme, Si l’être juif dépend de la transmission, celle-ci a un caractère automatique et ne peut se perdre que par l’apostasie, Or, pour les Juifs, l’apostasie ne réside pas dans la renonciation mais dans le choix d’une autre religion, Le Juif sans Dieu reste juif parce que précisément sa judéité ne dépend pas de Dieu.

Ainsi, juif sans Dieu c’est accepter de s’inscrire dans une transmission, dans cette «  communauté historique abstraite » quévoque J.P Sartre dans Réflexion sur la question juive, en la recevant et en la transmettant à son tour. On est que l’on naît : c’est revenir aux origines, à une communauté de destin, qu’il n’a pas choisi et qui le détermine.

 

 

Etre juif sans Dieu, c’est donc vivre dans cette « certitude inquiète », selon le mot de Georges Perec, d’appartenir à un groupe qui s’est constitué par son alliance à Dieu, en inventant une autre forme d’identité qui n’a ps à être prouvée mais qui est éprouvée. Pas besoin de signes, de rites, avec un einéglité entre H&F, les femmes n’étant pas marquées dans leur corps. Par le signe de l’alliance.

Etre juif sans Dieu n’est pas une volonté de rupture. Cela ne conduit pas à une exclusion de la communauté, et il n’y a pas de prosélytisme exercé à son égard. Il est reconnu par sa communauté comme un des siens.

 

  1. Comment sont enseignés ces principes et ces pratiques aux générations suivantes ?

Famille, talmud thora, école juive, EI, mvts de jeunesse

 

  1. Comment les jeunes vivent-ils ces pratiques ? TB, recrudescence

Tendance actuelle à la communautarisation de plus en plus marquée des rapports sociaux religions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXE

 

Les Sept Lois de Noé (hébreu : שבע מצוות בני נחSheva mitzvot B’nei Noa’h), plus souvent appelées lois noahides et parfois lois noachiques, sont une liste de sept impératifs moraux qui auraient été donnés, d’après la tradition juive, par Dieu à Noé comme une alliance éternelle avec toute l’humanité.

 

Judéo-christianisme

Article détaillé : judéo-christianisme.

Dans les Actes des Apôtres, Luc raconte que, lors du concile de Jérusalem, sous la présidence de Jacques et en présence de Pierre, on convint d’imposer aux païens qui se convertissent en la foi en Jésus-Christ (qui ne s’appelait pas encore le christianisme), des obligations dont il donne à trois reprises la liste (Ac. 15, 20.29; 21, 25) :

  • s’abstenir des viandes immolées aux idoles (comparer la troisième loi noachide : interdiction de l’idolatrie) ;
  • s’abstenir de l’impudicité (comparer la quatrième loi noachide : interdiction des unions illicites, c’est-à-dire les relations hors mariage et l’inceste) ;
  • s’abstenir des animaux étouffés, c’est-à-dire des viandes non saignées (comparer la dernière loi noachide, dont la formulation rabbinique, toutefois, ne correspond pas exactement : interdiction d’arracher un membre d’un animal vivant) ;
  • s’abstenir du sang (comparer la cinquième loi noachide; interdiction de l’assassinat).

La Première épître aux Corinthiens ferait allusion aux deux premières (I Co. 5, 1 : allusion à l’interdit de l’inceste ; I Co. 8, 1ss : allusion à l’interdit des viandes offertes aux idoles), mais aussi à la première loi noachide (obligation de respecter un tribunal, v. I Co. 6, 1-10) et à la sixième (interdiction du vol, v. I Co. 6, 10) ; quant à la deuxième (interdiction de blasphémer), elle pourrait être évoquée dans d’autres passages pauliniens, comme l’épître aux Romains, 2, 241

Les commandements :

  • d’établir des tribunaux ;
  • de l’interdiction de blasphémer ;
  • de l’interdiction de l’idolâtrie ;
  • de l’interdiction des unions illicites ;
  • de l’interdiction de l’assassinat ;
  • de l’interdiction du vol ;
  • de l’interdiction de manger la chair arrachée à un animal vivant.

 

Lien Permanent pour cet article : http://ares-perigord.fr/les-pratiques-juives-contemporaines/

1 Commentaire

  1. Daniel

    Merci à Veronique DUBOIS pour son exposé passionnant et à Chouski pour son travail de transposition
    sur notre site

Répondre à Daniel Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>