«

»

Mar 17

Imprimer ceci Article

Mars 2016 – Nature, éducation, enseignements

NATURE, EDUCATION, ENSEIGNEMENT 

 

Le 17 Mars à Bersac

 

49 personnes réunies dans un « groupe de parole libre », sur un thème au cœur du débat public.

En introduction des pistes de réflexion (groupe de préparation) sont proposées :

  • L’ambiguïté et les enjeux sont résumés par la Genèse : « Croissez et multipliez vous, remplissez la terre et soumettez la ; dominez… sur tout être vivant » et parallèlement l’injonction « jardin d’Eden pour le cultiver et le garder ».
  • La nature : qu’est-ce qu’elle offre ? à cultiver ? en quoi est-elle indispensable ? a-t-elle besoin de nous ? importance des législations avec contraintes « antinaturelles » ? les humains en font partie mais en quoi sont ils spécifiques ?…
  • Les objectifs de la COP 21 (précaution, prévention, correction des atteintes, pollueurs-payeurs) nous concernent-ils ?
  • Empreinte écologique, bilan carbone…que faire en actes.
  • Souci des générations futures : écoute des jeunes générations, éducation, enseignement : quelle est notre responsabilité ? nos possibilités ?
  • Volonté et pouvoir de chacun dans des actions individuelles et collectives

 

Nombreuses sont les personnes qui sont intervenues pour donner leur avis et leur sentiment sur le bilan actuel et les actions utiles (donc éthiques) individuelles, collectives et internationales à mener. Avec des priorités et des points de vue différents, contradictoires, les opinions peuvent être classées en 2 groupes : les fatalistes/pessimistes et les optimistes/volontaristes.

 

L’état de la nature inquiète de nombreuses personnes.

La population mondiale augmente de façon exponentielle entrainant une augmentation des besoins en énergies et en matières premières. De plus les progrès de la technicité, des moyens de production, les nouveaux produits démultiplient les rejets et consommation d’énergie. Ces activités impactent directement l’environnement avec des effets négatifs proportionnels. Les fatalistes pensent que ces évolutions font partie du destin inéluctable de l’humanité. Les volontaristes pensent le contraire et que la prise de conscience sera suivie d’une lente mais possible évolution vers une réduction des pollutions.

 

Le réchauffement climatique, actuellement prouvé, est une préoccupation majeure. L’emballement du réchauffement, dû à l’activité humaine, ne permet plus les régulations naturelles. Ce réchauffement associé à l’augmentation de la population, de la technicité (et donc des déchets) et à la baisse de biodiversité, permet de dire que nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l’anthropocène (ère géologique de l’homme après le Pléistocène, le Pliocène, le Miocène…). Quelle responsabilité !

 

A coté des pollutions personnelles (déchets, surconsommation, incivilités…) existent les pollutions industrielles qui pour certains sont d’une ampleur et d’une dangerosité bien plus graves. Ce sont par exemple les rejets de métaux lourds ou de substances ne pouvant pas disparaitre même après de longues périodes. Ils empoisonneront les générations futures de façon certaine. « C’est aux dirigeants d’agir ».

 

Les générations successives ont de nouveaux besoins : ce fut l’électroménager (qui a tellement soulagé les ménagères !), la voiture personnelle… maintenant ce sont les écrans et objets connectés, mais aussi les voyages en avion, que les nouvelles générations estiment indispensables. Toutes ces activités et services auxquels nous tenons consomment de l’énergie et polluent. Qui acceptera de ne plus se déplacer en voiture ? De sacrifier le confort ménager ? Y aura-t-il des privilégiés qui, seuls, auront le droit de consommer ou surconsommer ? Cela pose des questions morales très fortes auxquelles sont apportés des réponses variables selon le degré d’optimisme et de volonté des personnes.

 

Les dégradations du milieu et les menaces dues aux activités humaines ne doivent pas occulter les avantages énormes du progrès et des sciences.  « N’est-il pas bon que l’homme intervienne ? Les avantages évidents dans la lutte contre les maladies, la souffrance, la famine, les aides au travail et le confort sont bons pour l’Homme ! ». Des bénéfices à venir sont raisonnablement espérés.

 

Les ravages de la guerre (bombe atomique, défoliant et napalm…) sont, eux, unanimement dénoncés, en plus des dégâts humains, comme des atteintes inutiles et graves à la nature. Toutes les actions de paix sont utiles, aussi, à la nature.

 

L’engagement individuel  est il possible ? Utile ?

 

Des arguments expliquant l’inaction sont avancés : le peu d’effet possible, de réparation ou de défense, de l’action d’une personne en regard de l’ampleur du problème. La responsabilité est rejetée sur les dirigeants politiques et économiques. L’action d’une personne est une goutte d’eau dans l’océan des pollutions industrielles et systémiques. « C’est aux dirigeants de trouver et imposer des solutions ».

La « sinistrose » ambiante est aussi un frein à l’action. Le pessimisme actuel ne permet pas d’envisager des solutions : alors pourquoi faire des efforts ? Il serait inutile de faire des sacrifices qui n’ont pas d’utilité.

 

On constate ainsi des comportements négatifs avec jets de cannettes devant un lycée ou de détritus par les portières de voiture ou dans la campagne. Un autre exemple frappant d’incivilité écologique est, « au lendemain de la COP 21, l’incendie de pneus au cours de manifestations diverses ». Ou le bris de matériel public urbain lors de manifestation à motif écologique ! Un car scolaire mis à disposition est sous utilisé : chaque parent amène après quelques semaines son enfant (pollution du car plus des voitures !)

 

L’inaction civique peut être aussi la simple négligence : pour prévenir ou corriger des dysfonctionnements il est « souvent nécessaire d’écrire à qui de droit en suivant l’affaire au jour le jour ».

 

Heureusement nombreuses sont les personnes qui croit à l’action positive et qui essaient de mettre en cohérence leur réflexion, leurs constats, leur parole et leur action. Cette action peut être de précaution de prévention ou de correction des atteintes (objectifs de la COP 21) dans des démarches concrètes.

 

Les objectifs sont imagés par plusieurs participants : « respecter un contrat homme/nature gagnant-gagnant » ou « revenir à un instinct animal ne prélevant et utilisant que le nécessaire ».

 

Mais c’est au niveau de la consommation de chaque ménage qu’une action est possible : mettre un frein à la consommation avec de nombreux exemples : voiture de moindre cylindrée, circuits courts alimentaires, économies d’énergie, alimentation la plus bio possible (coût plus élevé limitant), habitations économes en énergie… Des gestes simples suppriment la pollution de la personne elle-même : arrêter de fumer par exemple.

 

« L’amélioration des relations interhumaines, de la communication (y compris internationale) est indispensable à une bonne relation homme-nature ». Cet objectif demande le respect de la Vérité, indispensable. L’éducation et l’enseignement des enfants font partie de ces relations intergénérationnelles essentielles. La position des grands parents est souvent fort utile dans la connaissance, et donc le respect, de la nature.

 

Les moeurs des nouvelles générations sont précurseurs des comportements à venir. Incités par une conscience écologique (et aussi par une carence financière) ils adoptent des attitudes économes de l’environnement. Le covoiturage (Bla-bla car…) est un bon exemple. Mais aussi les trocs (des vêtements aux appartements), les échanges, le commerce des objets d’occasion (« Le bon coin »…), la colocation… sont des pratiques de plus en plus fréquentes. Ces partages induisent de moindres pollutions pour la fabrication et l’usage. Ces conduites individuelles multipliées par un grand nombre de pratiquants, en plus des économies ponctuelles, orientent l’économie vers des productions de biens et des offres de service plus respectueuses de l’environnement.

 

Est posé le problème du passage effectif à l’action, à l’autolimitation : qui veut abandonner sa voiture ? Renoncer aux voyages en avion ? Qui veut sacrifier son confort et ses envies ? Quoi sacrifier ? Est-ce utile ? La fable du colibri qui « fait sa part » dans la lute contre un incendie illustre ce dilemme. N’est-ce pas une position orgueilleuse inefficace ? Ne serait-il pas plus positif d’entrer en relation puis de s’allier pour combattre le fléau ? L’homme a un plus gros cerveau que le volatile : il peut nouer une alliance universelle nécessaire et efficace.

 

« Quand l’homme se prend pour Dieu…il n’est pas étonnant que l’on aille à la catastrophe ».

 

Les actions collectives citoyennes sont essentielles pour tous. Nous les classerons en actions citoyennes, actions industrielles et actions politiques. Tous ces niveaux d’action interagissent les uns sur les autres.

 

Les actions citoyennes où des personnes se regroupent en comités d’action, comités de défense, syndicats, associations… Il s’agit de choix politique, d’orientations, de groupe de pression démocratiques ou non. Ce peut être sur un sujet précis ou limité (défense des abeilles, d’un site, d’une région… ou promotion d’un mode de déplacement, d’une forme d’agriculture, d’une éducation…) ou sur un sujet universel (promotion de la consommation de proximité, des transports en commun, d’un étiquetage honnête… ou lutte antinucléaire, contre les OGM…). La représentativité et le caractère démocratique de ces groupes est variable.

 

La communication entre les personnes mais aussi entre ces groupes de pression et les acteurs économiques et l’administration est essentielle pour une action positive.

 

Le caractère universel des préoccupations écologiques est mis en doute. « N’est ce pas une problématique européenne ? En Afrique les personnes sont préoccupées par l’accès à la nourriture, ils sont dans l’urgence et ne se soucient pas des dégâts écologiques futurs »

 

L’efficacité des actions remontant du peuple vers les autorités est comparée à l’efficacité des règles, lois, injonctions… descendant autoritairement de l’Etat.

 

Les démarches des industriels et commerçants, par la recherche scientifique, les choix stratégiques, les préférences de production plus respectueuse de la nature sont nombreuses. Elles sont limitées par la financiarisation de l’économie exigeant des profits maximum au détriment de toute autre préoccupation. « L’argent et la finance ont dominé la nature créant des dégâts »

 

Les études d’impact écologique préalables à toute création d’activité artisanale, agricole ou industrielle sont un garde-fou utile à la population mais aussi à l’industriel qui ne risque pas ainsi d’avoir un procès ou des réparations très onéreuses plus tard. « Ce peut être un contrat gagnant-gagnant ».Ces études ne doivent pas être une « autorisation de polluer ». Cela pose le problème de la Vérité, les tricheries étant toujours néfastes au bien commun. Ces duperies peuvent prendre la forme « d’exportation des déchets en particulier vers des zones plus pauvres ».

 

Les règlements et interdictions ont des conséquences sociales importantes : la non ouverture d’un établissement c’est aussi des emplois en moins ce que les politiques et les citoyens redoutent.

 

Exemple : « Le rejet de boues rouges dans la Méditerranée. Cela fait 20 ans que ça dure. Et devant la menace de 500 licenciements l’usine en déverse toujours malgré les protestations et condamnations ». Entre la préservation de l’environnement et les problèmes sociaux il y a des priorités difficiles à établir !

 

Heureusement nombreux sont les exemples incitant à l’optimisme et encourageant à l’action. Les voitures consomment bien moins de carburant qu’auparavant. Les chauffages des maisons sont plus efficaces et elles sont isolées…

« Chez Total nous avons éliminé le plomb des carburants avec de très gros bénéfices de santé publique. Je regrette d’avoir arrêté de travailler avant d’avoir pu contribuer à stopper la toxicité du diesel, plus toxique pour la respiration que l’essence (connu depuis 20 ans) ».

 

Les initiatives et contrôles de l’Etat et de l’administration sont essentiels. Ils doivent concilier les nécessités écologiques avec les contraintes économiques, financières et sociales. Dans les pays démocratiques les élus dépendent et se soucient de leur réélection : ils ne peuvent pas aller contre une volonté ou des besoins populaires. Ils se soucient de l’économie : ils ne peuvent pas dire non aux initiatives des entrepreneurs/employeurs ! Par ailleurs ils sont responsables du bien commun. Les choix peuvent être difficiles !

 

« Il faut que les dirigeants imposent les solutions à tous les niveaux. Par exemple car scolaire obligatoire ou, dans le domaine agricole, des règles semblables pour tous les producteurs européens. Il n’y a pas d’autres solutions ». « Oui mais alors c’est une dictature et moi je n’en veux pas ! ».

Un aspect de ces conflits d’intérêt est la rédaction des décrets de Loi où tous les articles sont discutés pied à pied et les lobbys industriels font d’énormes pressions. Cela explique que les décrets sont parfois loin de l’esprit de la Loi votée ou ne sont jamais publiés parfois.

L’autorité publique n’est pas infaillible : « Lors des enquêtes pour les inondations les experts n’étaient pas d’accord entre eux ! ». De plus entre les législations européennes et les législations et règlements français il peut y avoir des différences ou contradictions rendant les décisions difficiles, voire impossibles.

 

Très nombreuses sont les initiatives et réalisations bénéfiques à l’environnement. Mais « c’est comme le Titanic. Il y a une grande inertie et, quand on coupe les moteurs, le navire poursuit longtemps sa trajectoire. Espérons qu’il en change avant la catastrophe ».

 

Un exemple d’initiative  constructive est le site de l’Education Nationale « Education et Environnement », très riche en propositions pédagogiques. «Oui mais il existe depuis 20 ans et les générations sont toujours aussi inciviles»

 

Le problème est international car la pollution (Tchernobyl ou marée noire…) ne s’arrête pas aux frontières.

« Il y a des problèmes énormes et insolubles : les Chinois achètent en Afrique d’immenses territoires, avec une forêt dessus, pour un prix ridicule. Ensuite ils font ce qu’ils veulent. Il n’y a pas, là, le contrôle sanitaire ou l’inspection du travail. C’est l’exploitation maximum ». Un consensus mondial, « je n’y crois pas. Il y a trop d’égoïsme et chaque pays défend ses intérêts sans se soucier des autres. On n’y peut rien ». Oui mais « l’opinion publique peut contraindre les gouvernements. Il y a d’immenses manifestations en Chine même. Les Chinois ne veulent plus mourir de pollution ».

 

Peut-on imaginer une autorité mondiale capable d’imposer des solutions écologiques ? « Un homme aurait tous les pouvoirs. Ce serait mieux d’ailleurs que ce soit une femme ! ». « En fait c’est un point de vue de pays riche ! ». Les objectifs des différents pays sont divergents voire contradictoires. Nous exportons nos déchets et les pays producteurs de matières premières sont souvent des pays pauvres, l’Afrique en particulier. « Personne ne voudra faire de sacrifices pour un autre pays ». « Les pollutions en Afrique c’était pour notre niveau de vie. Et maintenant on leur dirait de faire des sacrifices ? ». « Ce sont aux pays riches, nous, de faire des sacrifices ». « Oui mais est ce que ces sacrifices, les africains en profiterai ? »

Un exemple de la difficulté d’accords internationaux en ce qui concerne l’environnement : les résolutions de la COP 20 n’ont pas été appliquées. La COP 21 a des objectifs mais peu de moyens pour contraindre les gouvernements. De plus « elle a coûté fort cher avec pollution par les avions et des tonnes de papiers »

 

L’éducation et l’enseignement des nouvelles générations, au niveau mondial peut faire espérer une prise de conscience généralisée capable de passer au-delà des égoïsmes individuels et nationaux.

 

« Il s’agit d’une très lente maturation, progressive, par des lois qui nous protègent sans que nous nous en rendions compte. Nous allons vers une meilleure prise en compte de l’environnement ». C’est dans toutes les initiatives individuelles, scientifiques et politiques que l’on doit placer notre espoir.

 

Les relations internationales apaisées sont nécessaires pour se diriger vers des accords multilatéraux concernant l’environnement et aussi éviter les guerres toujours néfastes.

 

Idées de réflexion possibles/mots clefs. Les échanges de la soirée (jusqu’à changer d’avis ?) ont dégagé des sources de cogitations et de débats.

L’environnement nécessite de chacun : vérité/réalité, prudence, devoirs envers les générations futures, solidarité universelle, engagement

Tout est lié : environnement, économie, social, sociétal, information, éducation, enseignement, politique…

 

La discussion peut s’approfondir sur le site http://ares-perigord.fr/

 

 

Prochaines réunions :

 

Mercredi 13 Avril : « Vivre dans une société multi religieuse » avec Mgr Albert ROUET archevêque émérite, philosophe, théologien, écrivain…

                   Jeudi 19 Mai : « La joie de vieillir » avec le Dr Geneviève DEMOURES psycho gériatre

LIENS:

Charte de l’environnement
Actions et initiatives locales
Voir la bande annonce du film « Demain »
Télecharger l’encyclique « Laudato si » en pdf

Lien Permanent pour cet article : http://ares-perigord.fr/mars-2016-nature-education-enseignements/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>