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Mars 2018 – Insécurité et citoyenneté

INSECURITE ET CITOYENNETE

Le chef d ‘escadron TETU Matthieu invité par l’ARES a eu l’amabilité de se déplacer en personne pour exposer sa mission et les conditions dont il dispose pour l’accomplir. Dans un dialogue avec l’assemblée il a pu aussi dire l’intérêt de la coopération avec les citoyens, les bénéfices que chaque partie en retire et les conditions d’une amélioration de cette contribution.

Le chef d’escadron TETU est le commandant de la Compagnie de gendarmerie de Sarlat qui recouvre (en gros) l’ancien arrondissement de Sarlat qui va de Terrasson à Villefranche et de Salignac au Bugue soit 75 000 habitants environ. Donc un vaste territoire rural, avec quelques petites villes, traversé par des axes de communication importants (principalement la D6089) et une activité touristique soutenue l’été (Lascaux, Sarlat, vallée de la Dordogne et de la Vézère…) : ces données géographiques influencent beaucoup la délinquance et les risques.

Moyens humains. La Compagnie de gendarmerie de Sarlat est constituée de 110 gendarmes (dont environ 30 gedarmes femmes) dont une brigade motorisée. Elle héberge sur son territoire une brigade autoroutière à La Bachellerie. Ce sont deux unités dédiées à la sécurité routière. Elle comporte un PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) chargé des interventions les plus physiques. Ce PSIG a une compétence PSIG sabre, dédiée à la gestion des situations à risque de « tuerie de masse ». Il existe également une « brigade de recherche ».

Pour le terrain, le travail de proximité, il y a 4 COB (Communautés de gendarmerie : exemple la communauté de Terrasson-Montignac avec 22 gendarmes). Ce sont les COB qui effectuent le travail principal : être au contact de la population, être visibles, être placées pour prévenir, être informées et réagir vite. Chaque gendarme est affecté une demi-journée par semaine à la recherche de renseignements au contact de la population.

Les appels d’urgence (« police secours ») sont en augmentation nette mais le département de la Dordogne reste le 9° département le plus sûr de France. « Dans le temps, un curé devait rester longtemps pour connaitre bien ses pécheresses. Le turn over n’est il pas préjudiciable à l’efficacité ? »–« Certains gendarmes restent longtemps et sont la mémoire locale de la gendarmerie. Par ailleurs il est difficile de refuser durablement des demandes de mutation »

Après un temps où « la politique du chiffre » a paralysé la gendarmerie (énormité des tâches administratives, statistiques…) la gendarmerie nationale a pu se recentrer sur son cœur de métier. Lutter contre toutes les formes d’insécurité. Avec un bémol : la gendarmerie doit faire la chasse aux « charges indues », en particulier le gros travail à l’interface gendarmerie-judiciaire qui consomme beaucoup de temps et d’énergie.

« Avez-vous assez de personnel ? »– « Oui ; cela est convenable. Il y a parfois des postes non pourvus ou absents (maladie…), mais globalement nous sommes normalement pourvus ».

« Notre slogan : notre engagement, votre sécurité »

« Les réglementations européennes concernant le temps de travail interdisent ce qui était le statut traditionnel où le gendarme, qui est un militaire, était mobilisable, à chaque heure ou jour, selon les besoins et les ordres de la hiérarchie »

Moyens matériels : A une époque, pas très lointaine, la gendarmerie a pu manquer de moyens pourtant essentiels : parc auto vieillissant, dotation en carburant insuffisante… Ce temps est révolu. Sont mis à disposition des moyens tout à fait modernes d’investigation et d’intervention.

Un hélicoptère partant de Limoges ou Egleton pour la recherche de personne, de véhicule…. Le parc auto a été renouvelé. Chaque gendarme est doté d’un smartphone qui met à sa disposition, en intervention, tous les renseignements dont il disposerait au bureau.

« Vous pouvez comme ça savoir quel est le propriétaire d’un véhicule ? Qui est telle personne ? »–« Non le droit d’accès aux renseignements est sévèrement encadré et doit être en rapport avec une procédure judiciaire. Pas une recherche par curiosité ou intérêt personnel »

« Oui, mais maintenant quand on va à la gendarmerie de Thenon ou de Terrasson la nuit, il n’y a personne. On nous demande de nous adresser à une gendarmerie éloignée »–« En fait il y a un interphone qui sonne à Périgueux, où, 24h/24 et tous les jours, un gendarme vous répond pour vous informer, recevoir votre demande et déclencher les secours si nécessaire ».

Participation citoyenne. La gendarmerie Nationale s’investit beaucoup dans ce nouveau concept. Il s’agit d’une collaboration, gratuite, institutionnelle des citoyens avec ses services. Il s’agit d’un modèle créé en Angleterre où il a montré son efficacité. Ce dispositif est, après accord de la municipalité, une invitation à signaler des personnes ou des situations suspectes.

On sait que, si votre voisin est cambriolé, vous avez 3 fois plus de chance d’être cambriolé à votre tour. « Donc, en protégeant le voisin vous vous protégez vous-mêmes ». Il s’agit de signaler tel démarcheur non déclaré, telle personne qui se présente comme employé de l’électricité (ou de la police…), tel fourgon rôdant autour d’une maison fermée…

« Peut-on signaler aussi une suspicion de violence ? de salafisme ? de maltraitance ? de trafic de stupéfiants ?.. »–« Bien sûr cela ne concerne pas uniquement les risques de cambriolage »

« Attention !!! Il ne s’agit pas de créer une milice privée, encore moins d’essayer d’appréhender les délinquants. Il faut signaler à la gendarmerie, qui, après vérifications, se chargera de l’affaire dans le cadre de la Loi ».

La participation citoyenne peut être rapprochée de l’OTV (opération tranquillité vacances) : témoignage d’un terrassonnais qui signale son absence avant de partir en vacances : la gendarmerie surveille périodiquement son domicile ; les voisins jettent un œil sur sa maison. A charge de revanche lorsque les voisins s’absentent.

Intervention de Monsieur le Maire du Lardin : « Nous avons eu plusieurs cas d’escroquerie. Nous n’avons pas encore signé de convention-participation citoyenne- mais déjà nous avons signalé plusieurs fois, en particulier dans le bulletin municipal les numéros d’urgence et la marche à suivre en cas de suspicion »

Cambriolages : C’est un problème très fréquent. Avec des délinquants locaux, généralement connus et faciles à interpellés, et des délinquants itinérants, parfois traversant les frontières, et se déplaçant et volant surtout le long des axes de circulation (la RD 89 et les autoroutes essentiellement). Principalement, seuls l’argent liquide et l’or les intéressent, faciles à transporter et à écouler.

La PTS (police technique et scientifique) a fait faire de gros progrès ; un exemple est l’interpellation d’un voleur de nationalité lituanienne, ayant sévi en Espagne et dans d’autres pays européens, qui a pu être interpellé dans le centre de la France. Ses empreintes génétiques avaient été retrouvées sur un petit caillou. La pose de petits cailloux sur le portail est une technique fréquente de repérage : si le caillou n’a pas bougé c’est qu’il n’y a pas de passage et donc que la voie est libre !

Une participation citoyenne des voisins permettrait, dans de nombreux cas, d’avoir une action préventive, de protection ou de résolution du problème.

« Quel est le taux de résolution des enquêtes après vol ? »–« En France (pas de statistiques locales) le taux de résolution est de 16% ; Il sera meilleur si la participation citoyenne est installée permettant les renseignements humains. Nous avons pour volonté de bleuir le territoire ; c’est-à-dire de déployer les gendarmes sur tous les territoires, être visibles. Il y a un effet dissuasif et protecteur ».

« Peut on piéger son domicile ? »–« Non. Il existe toujours la nécessité d’adapter la hauteur de la réplique au risque de l’agression. La légitime défense est très encadrée ».

Protection des vulnérables. Les victimes sont souvent des personnes vulnérables, à protéger en priorité : personnes isolées, personnes faisant confiance à priori et se faisant détrousser « par ruse » après avoir ouvert leur porte… Les voisins « participation citoyenne » doivent être doublement vigilants. Le signalement à la gendarmerie peut se faire directement au bureau, par l’interphone (en dehors des heures d’ouverture), par téléphone (le 17 ou 112 avec un portable et le 114 pour les personnes sourdes et malentendantes) ; il existe aussi un site internet gendarmerie Accessible depuis un ordinateur, une tablette ou encore un téléphone, la brigade numérique de la gendarmerie vous répond 24 heures sur 24. Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur :

pour faire une déclaration et un compte Facebook départemental où de nombreux objets volés sont en photo.

Notre individualisme exacerbé a pu faire baisser l’esprit de civisme voire développer une indifférence à nos voisins, en particulier les vulnérables : « a minima éthique, la protection des voisins est notre protection ».

« L’insécurité et la sécurité sont des sentiments. Ils ne sont pas des données objectives ». On comprend que les personnes fragiles se sentent vulnérables face aux agressions et vols.

Nouvelle délinquance : La multiplication des délinquants itinérants a été signalée. Ils utilisent des techniques toujours renouvelées : passer par les toits, repérer les maisons (surtout les résidences principales) temporairement inhabitées..

Il existe aussi une nouvelle délinquance, en particulier informatique. Par mail, ou autre moyen de communication, se développent des escroqueries : demande d’argent car perte de moyens de paiement à l’étranger, virus informatique à éliminer (virus qui a été introduit par l’escroc !), parrainage… Toutes ces escroqueries doivent être dénoncées, le croisement des informations peut aboutir à la neutralisation des sites et des délinquants.

La participation citoyenne n’est pas la délation : Les traces et souvenirs de l’Occupation et des dénonciations anonymes aux conséquences criminelles ont entrainé une grande « réserve » et méfiance devant les dénonciations et les dénonciateurs.

Cette méfiance n’est pas justifiée : nous sommes dans un état de Droit, les informations et suspicions sont toujours vérifiées soigneusement.

Questions diverses : Efficacité des caméras en ville ? Très efficaces mais coûtent cher aux communes. Insécurité routière ? Trop élevée ; punition avec tolérance (5 Km/h) pour les délits les plus dangereux.

Manœuvre d’entrainement à une tuerie de masse (Lascaux) ; centre d’entrainement (international) à la gestion de troubles urbains (manifs, émeutes…) à Saint Astier. Différences entre gendarmerie départementale territoriale (blanche) et gendarmerie mobile (jaune) ?

Notre rencontre s’est tenue avant le drame de Trèbes-Carcassonne.

Le meurtre sauvage de l’officier de gendarmerie, le Colonel Beltrame (et de trois autres personnes) éclaire vivement le slogan dit par le Cdt TETU.

« Notre engagement, votre sécurité »

Nous nous associons au deuil des familles et de la Gendarmerie

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1 Commentaire

  1. Daniel

    Excellente prestation du chef d’escadron Mathieu TETU. Nous avons appris beaucoup de choses intéressantes.

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