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Oct 15

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Octobre 2014 – La socialisation de nos enfants

SOCIALISATION DE NOS ENFANTS

 Avec le Dr J.L. POITEVIN (médecin pédopsychiatre)

 Le 15 Octobre 2014 Salle Saint Laurent – Bersac

 

 Les photos de la réunion du 15 octobre 2014

L'ARES c'est ça

L’ARES c’est ça

 

Une partie de l'assemblée

Une partie de l’assemblée

Le Président donne ses consignes

Le Président donne ses consignes

Le Dr POITEVIN

Le Dr POITEVIN

on se prépare

On se prépare

les participants

les participants

 Compte-rendu de la réunion

 

54 participants. Un exposé du Dr Poitevin (1/2 heure) a précédé une libre discussion animée par les nombreux parents, les professionnels et les enseignants présents.

 

 

« Parallèlement au développement de l’enfant s’effectue le développement progressif de l’indépendance qui conduit finalement à la socialisation ». La socialisation est une composante essentielle de l’humanisation. C’est la capacité d’aller à la rencontre des autres, d’entrer en relation avec d’autres personnes et d’acquérir la capacité de s’adapter (puis de participer) à la vie de la Cité après avoir incorporé les codes des relations et des valeurs du milieu de vie.

 

 

Des stades et niveaux de relation successifs. Les stades sont repérés comme des signes, des témoins d’une acquisition psychique et d’un niveau de relation plus mature. La période où ils se révèlent est variable et plus ou moins durable, les dates indiquées sont habituelles mais non obligatoires.

 

* Dés le début de la vie humaine, dés la naissance, se tissent des liens, essentiels pour le futur, entre la mère et le nourrisson qui « vivent dans une bulle, une union fusionnelle ». La mère a la capacité de s’identifier au nourrisson dont elle s’occupe particulièrement. Elle répond, suffisamment bien, aux pulsions du bébé (faim, proximité peau à peau…). Le lien devient puissant. Importance de la première tétée (Winnicot).

 

 

* Le stade du 8° mois (« ou premier stade de séparation-individuation ou position dépressive »). Le nourrisson reconnait sa mère comme relation privilégiée et la distingue des étrangers ; il a peur de la perdre (« d’où une angoisse de séparation ») mais, avec des mots et des expériences heureuses, il comprend qu’il va la retrouver.

 

C’est le stade du « doudou » qui est un « objet transitionnel ». Ce doudou est une création de l’enfant utilisant un chiffon (ou autre nounours) associé aux odeurs, images, souvenirs de sa mère, lui permettant d’imaginer la présence affective de sa mère.

 

Si l’enfant de 8 mois va vers l’individuation, une aide, une assistance extérieure, est toujours indispensable matériellement et psychiquement.

 

 

* Stade du sourire à 2 ans (« langage en cours d’acquisition »). « C’est le stade du NON bien connu des parents ». Période de mimétisme, imitation en particulier des parents. Les « non » du bébé sont la reproduction des interdictions des parents. C’est aussi le stade de la manipulation des objets et du langage, «  le plus important et riche symbolisme ». Importance ++ des jeux, de la création pour l’éducation de l’enfant (stade du sourire et suivant). La relation avec la mère est toujours privilégiée. Quand il y a délégation d’éducation (scolarisation ou entrée en crèche) la relation affective à la mère (et au père) reste indispensable.

 

 

* 4 ans le stade de « l’œdipe ». C’est le passage à la relation à 3 (mère-enfant et père), la triangulation. La relation à la mère n’est plus exclusive, l’autre (le père) est reconnu comme un rival affectif. Une bonne relation affective entre père-enfant, mère-enfant et père-mère est indispensable pour dépasser ce conflit (normal et maturant). L’enfant se crée une réalité intérieure différente de la réalité du monde extérieur. Il y a un conflit entre les désirs et la réalité. L’enfant perd l’illusion de toute puissance. « C’est une période propice aux angoisses (phobies, somatisations ou obsessions) et/ou à l’agitation ».

 

 

* Phase de latence entre 5 et 11 ans : phase d’éducation intense ; l’enfant doit intégrer les interdits, en particulier la Loi familiale. Il doit progressivement maitriser ses pulsions. Les parents ont obligation de dire des « non », accompagnés de paroles. C’est le temps des rites, des jeux, des bandes… Il est important que les acquis soient accompagnés de relations affectives avec les parents (ou substituts) et que, si possible, « enfant et parents construisent quelque chose ensemble ».

 

 

* Puberté avec maturation sexuelle et début de l’indépendance/autonomie. Les relations se font particulièrement avec l’extérieur, les amis. Il engage ses propres expériences, hors du contrôle parental, sous sa propre responsabilité.

 

 

Des troubles de la relation aux autres ou à la réalité.

 

A chaque stade de développement correspond un mode de relation. La relation évolue progressivement d’une fusion à une relation à 2, puis à une relation avec un tiers. Cela permet la socialisation avec des relations à l’autre apaisées.

 

Il peut y avoir, à chaque stade, des déficits de relation ou des relations inadaptées. Ce n’est pas toujours le fait de la famille, qui ne doit jamais être culpabilisée, mais ce peut être les aléas de la vie (hospitalisation, maladie, séparations…).

 

La thérapeutique est toujours la nécessaire introduction d’un tiers dans le couple enfant-mère. Cela permet une mise à distance, une dédramatisation d’une relation problématique.

 

Q : Pourquoi et quand parler d’une angoisse du nourrisson, avant langage ? « Devant l’apparition de signes physiques : troubles du sommeil, anorexie… Cela a été mis en évidence devant les grandes carences affectives pendant la 2° guerre mondiale en Angleterre »

 

Q : Cruauté des groupes de jeunes (en particulier filles) ? «… comportement fréquent nécessitant un accompagnement serré des victimes, totalement rejetées et en danger »

 

Q : Isolement d’un enfant de 5 ans ? «nombreuses origines possibles : peut être une angoisse ?Il faut de toutes les façons lui proposer des activités, de jouer avec lui… » ; « il est très utile qu’un enfant ait des moments de solitude pour construire, imaginer, fantasmer.. »

 

Q : Problème d’une société agressive, formatant les enfants, avec jeux informatiques hyper violents ? Danger des réseaux sociaux ? « C’est le danger du virtuel et d’une excitation constante. Il existe des addictions fréquents aux jeux. Exemple d’un enfant… qui a ruiné sa mère en se servant de la carte de crédit pour payer ses jeux. Ce peut être un refuge pour échapper à un manque de parole familiale.. » ; parole de la salle : « il faudrait éliminer toutes les xxx qui vendent ces incitations au crime pour de l’argent »

 

Q : Fusion exagérée à la mère. Part de la mère ? « Très importante place des désirs de la mère (emprise, anxiété, projets…) ; elle a besoin d’un tiers pour mettre au jour ses problèmes »

 

Q : Que penser du QI ? « C’était le tout début de la psychologie. C’est évolutif, juste une photo de l’instant ».

 

 

Des étapes sensibles :

 

L’entrée en maternelle, l’entrée au CP et l’entrée au collège sont des épreuves.

 

Q : enfants qui pleurent à la rentrée ? « C’est le problème de la dé fusion mère/enfant. C’est pareil que les pleurs nocturnes. »

 

Q : Dangers de l’entrée au collège. Présence de groupes, pas toujours bienveillants ; de différents dealers : « Attention à la tentation, à l’effet de groupe ; il est essentiel de premièrement poser des limites, deuxièmement conserver un dialogue familial » «  on peut également s’efforcer d’orienter le choix des relations de ses enfants » (parole de la salle)

 

Q : Comment aider les ados ? »Il existait des rites, des étapes dans la vie d’un jeune : le baptême, l’entrée à l’école, la communion, le conseil de révision, le service armé.. etc. Cela était utile, les jeunes ayant besoin d’un sentiment d’appartenance ; qu’ils vont d’ailleurs chercher dans des groupes, des bandes (punks, gothiques…) avec plus ou moins de profit »

 

Q : Sauter une classe ? La réponse a été laissée aux enseignants : »C’est une mauvaise chose, généralement. Un bon élève s’épanouit avec des enfants de même maturation affective (et d’ailleurs se renforcent en brillant). Il fait partie d’un groupe, sans rupture. C’est un choix où généralement les parents se font plaisir ».

 

Q : Les hyperactifs ? « L’agitation est incontestablement plus fréquente dans les cours (approbation unanime des professionnels). Cependant il faut distinguer la pathologie (l’hyperactivité/troubles de l’attention), d’une agitation simple. Le diagnostic est trop souvent porté (marketing d’un laboratoire ayant commercialisé le produit indiqué) »

 

Q : Les addictions des jeunes ? « Plus grande fréquence inquiétante de l’intoxication au cannabis et des nouvelles formes d’alcoolisme (binge-drinking ou biture-express)

 

Q : Evolution de la sexualité ? « Tout le développement de l’enfant et sa socialisation sont de la sexualité (Freud). A ne pas confondre avec la génitalité. Les mœurs semblent constantes avec les jeux du « Docteur » ou « papa-maman ». Cependant l’intrusion et la diffusion d’images pornographiques peut poser problèmes nouveaux. Trop grand problème pour temps restant »

 

 

Construction d’une personne et société: La socialisation de l’enfant est bien sûr dépendante de la société où il vit, de la culture de ses parents et de la manière de lui présenter le monde, des « interdits de toute société civilisée ». Il doit, de plus, abandonner la toute puissance et accepter les règles de vie qu’on lui enseigne. Mais toujours considérer qu’ « un enfant insupportable est un enfant souffrant, à comprendre et à aider ».

 

Par ailleurs, les parents ont le droit de critiquer ou s’opposer à des principes ou pratiques de la société qui perturbent ou empêchent la socialisation de leurs enfants : la violence, le matérialisme, le consumérisme…

 

 

Et pourtant, malgré tous ces obstacles,

 

Avec l’amour de leurs parents, du bon sens et de la logique

 

La plupart des enfants vont heureusement bien !!!

 

 

 

Questions éthiques et sociales.

 

  • Les parents sont des modèles. Développement et socialisation sont très dépendants des relations affectives. Ne pas hésiter à faire entrer un tiers (thérapeute) dans la relation si problème.

 

  • Concilier épanouissement maximum de l’enfant et bien commun.

  • Ne pas oublier que l’enfant est une personne, un Autre… même pour ses parents. Respecter sa singularité sans rien attendre en retour (cf phrase de F.Dolto c.r. réunion du 15 Avril sur ares-perigord).

 

 

 

 

Etre civilisé selon Claude Halmos (notes DR POITEVIN hors réunion) :

 

  1. On doit tenir compte des autres (on ne cogne pas, on parle)

  2. On ne peut pas tout avoir.

  3. La sexualité est soumise à des règles chez les humains.

  4. On ne réussit jamais sans efforts.

  5. Chacun sa place dans la famille.

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