Nov 18

Novembre 2018 – Douleurs et souffrances

Douleurs et souffrances, Rencontre-débat

Dr Geneviève Demoures

A Bersac, mercredi 14/11/18

1)    Introduction du Dr Geneviève Demoures

La douleur est une donnée de la condition humaine et nul n’y échappe à un moment ou à un autre.

Elle frappe provisoirement ou durablement selon les circonstances. Mais le plus souvent il s’agit d’un malaise vite oublié dès qu’on n’a plus mal.

Pour autant cette douleur renvoie toujours à un contexte personnel et social qui en module le ressenti.

Comme la maladie et la mort, la douleur est la rançon de la dimension corporelle de l’existence. (Un ordinateur ne souffre pas et s’il ne marche plus, il va à la casse tout simplement.)

La douleur est donc le privilège et le tragique de la condition humaine et animale.

On sépare traditionnellement la douleur (atteinte de la chair) de la souffrance (atteinte de la psyché).

Mais ce dualisme corps/esprit ne semble pas plus fondé que la distinction douleur/souffrance.

Descartes, dans les Méditations, explique que « la douleur n’avait aucun effet sur lui, si elle n’était logée dans son corps comme un pilote en son navire.

Tous ces sentiments de faim de soif, de douleur ne sont autre chose que certaines façons confuses de penser qui proviennent du mélange du corps et de l’esprit. »

Ainsi donc il me semble que la douleur, loin d’être limitée à celle d’un organe, d’un fragment de corps, ou d’un trajet nerveux marque un individu et déborde vers son rapport au monde.

La douleur d’avant le sens n’existe pas, il faudrait pouvoir la concevoir sans contenu, sans sujet, sans individu pour l’éprouver. Or cette douleur ne se limite pas à la traduction mathématique d’une lésion, elle est ressentie selon une grille d’interprétation inhérente à chaque individu.

L’être humain n’est pas seulement un corps, pas seulement un cerveau, mais il se définit à travers ce qu’il fait de sa pensée, de son existence dans une relation bâtie sur son histoire personnelle.

Ainsi la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle laissant émerger la question du sens et de la parole.

Il n’y a pas de douleur objective attestée par l’examen médical et plus ou moins ressentie par les patients. Mais plutôt une douleur singulière perçue et marquée par l’alchimie de l’histoire individuelle et du degré de la lésion.

Le sujet qui souffre est le seul à connaître l’étendue de sa peine. (« Vous n’avez rien »)

Le Breton exprime ainsi : « La douleur ne se prouve pas, elle s’éprouve »

Et Canguilhem : « L’homme fait sa douleur bien plus qu’il ne la reçoit »

La douleur n’écrase pas seulement le corps, elle écrase l’individu, elle brise l’écoulement de la vie quotidienne et altère la relation aux autres. Elle est souffrance.

Ainsi donc si la douleur est un concept médical, (qu’il est possible de quantifier par des échelles, de traquer et s’apaiser par des traitements), la souffrance est le concept du sujet qui ressent la douleur impliquant la souffrance.

Le mal aux dents ne reste pas cantonné dans la dent, il envahit la vie de l’individu, altère ses activités et son rapport avec ses proches. Nécessairement la douleur déborde le corps et quand l’individu est percuté par la douleur c’est la chair de sa relation au monde qui en pâtit.

Alors peut-être que la souffrance est fonction du sens que revêt la douleur, elle est le degré de pénibilité de la douleur. Elle est toujours envahissement de soi, impuissance, peut entraîner la disparition du goût de vivre, là où la douleur peut rester sous le contrôle de l’individu.

La souffrance intervient dès lors que la douleur entame les capacités de résistance, là où il perd le contrôle et éprouve le sentiment que sa vie, dépourvue de sens, se défait.

Alors que la douleur est un ressenti pénible, mais encore dans les limites de la tolérance de l’individu, la souffrance est une effraction psychique qui envahit toute la conscience du moi et met à mal la relation à l’autre.

Dans des circonstances maîtrisées la souffrance est insignifiante et l’individu peut connaître des situations douloureuses dont il ne restera qu’une pénibilité supportable.

Ainsi dans des pratiques de sport extrême, chez les stoïciens, les adeptes du chamanisme…

Ou bien l’expérience de l’accouchement, souvenir terrible pour les unes envahies par la douleur et l’absence de compassion, moment magique de la naissance pour d’autres, où le plaisir n’était pas loin ; demande d’une péridurale pour les unes, refus de la médication pour d’autres.

La douleur ressentie s’inscrit dans un projet, un sens perçu par l’individu, elle n’est alors pas souffrance.

Lorsqu’on travaille ce sujet de la douleur et de la souffrance, on ne peut évidemment pas faire l’impasse sur l’enseignement du Livre de Job, même en laissant de côté la théologie.

Ainsi au début de l’histoire, Job est un homme comblé, riche et entouré de ses amis et d’une famille prospère.

Lorsque les maux s’abattent sur lui, Job se tait car seul le silence peut absorber l’abîme de son interrogation. Et la présence de ses amis, loin de l’apaiser, ne fait que le conforter dans l’idée que ses souffrances ne sont pas méritées d’autant qu’elles lui sont incompréhensibles.

Et lorsque Dieu apparaît, il ne lui donne pas les raisons de ses souffrances mais plutôt une figure de sens qui rétablit la confiance dans le monde. « Où étais-tu lorsque j’ai fondé la Terre ? »

Ricoeur ne dit pas autre chose quand il s’exprime ainsi : « Le mal, c’est ce qui ne devrait pas être, mais dont nous ne pouvons pas dire pourquoi cela est. »

Parce que le scandale du mal n’a cessé, depuis la poignante lamentation de Job d’opposer son mystère aux tentatives d’explication :

  • Défaillance de la volonté chez Saint Augustin
  • Simple invention humaine chez Spinoza
  • Effet des blessures d’amour propre infligées par la compétition entre les hommes chez Rousseau
  • Mal radical chez Kant
  • Banalité du mal résultant du vide de la pensée chez Anna Arendt.

Toujours est-il que le mal, comme la souffrance, nous oblige à le combattre… même si nous savons bien que nous n’y parviendrons jamais totalement.

L’humanité continuera à souffrir et à mourir et la société ne sera jamais totalement expurgée de la tentation du mal : c’est abolir sa condition, c’est-à-dire la liberté elle-même. Les humains ne sont pas prédéterminés, car alors ils seraient déresponsabilisés.

Peut-être est-ce parce que le mal n’est pas nécessaire que l’on peut lutter contre lui. Comme le disait encore Paul Ricoeur « pour commencer à combattre, il faut renoncer à expliquer », parce que l’expliquer c’est vouloir assigner des causes au mal, que ce soit le péché, la méchanceté, l’environnement, l’hérédité, etc.

La lutte contre le mal est une lutte à l’infini, mais c’est celle de la liberté.

Alors il y a la place pour l’espérance, il y a la place pour ce qui nourrit la présence à l’autre, pour cette solidarité qui s’exprime dans la consolation. La consolation n’abolit pas la souffrance, elle accueille la plainte de celui qui souffre, elle permet  la relation  et la parole échangée elle autorise à penser l’aventure humaine, y copris dans sa finitude, sous le signe de la fraternité.

Pour moi, aucune souffrance et aucune douleur n’a de sens en elle-même et donc chacun d’entre nous doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour en libérer l’humanité dans la mesure du possible.

Par ailleurs, toute souffrance subie peut acquérir un sens chez celui qui l’assume et la vit consciemment.

Elle peut même acquérir une dimension sociale quand elle est vécue comme com-passion à la souffrance de l’autre. Et pour ceux d’entre nous qui partageons la foi chrétienne elle est compassion aux souffrances du Christ venu nous en libérer. Nous libérer pour nous permettre d’accéder vers une plus grande plénitude de vie.

Ce travail se construit tout au long de l’existence : une vie faite de moments difficiles, de souffrances, de chagrins, de ruptures, d’épreuves qui nous tombent dessus ! Mais une vie aussi faite de rencontres, de petits bonheurs, de tendresse et d’émotions partagées.

Une vie aussi faite de deuil à soi-même, de deuil de ses performances, de son pouvoir sur l’autre, de l’image qu’on a de soi, de la tentation de la maîtrise qui peut faire le lit de la culpabilité.

Ce travail intime qui nous accompagne chaque jour peut permettre alors de mettre des mots et de faire sens pour traverser plutôt qu’affronter le mal à l’œuvre dans le monde pour avancer sur les chemins de conversion… pour autant que la médecine aura su prendre en compte toute la dimension de la douleur. Car il est des douleurs tellement aigües, des souffrances tellement envahissantes qu’elles ne laissent pas de place pour la pensée.

Peut-être que chacun de nous est appelé à entendre respectueusement la souffrance, la sienne, celle des autres et grâce à la rencontre à faire preuve de compassion.

  1. Demoures

2)    Questions et débat

La rencontre de Septembre, « Euthanasie », était un sujet connexe de celui de « douleurs et souffrance ». Elle avait accueilli des témoignages et réflexions impressionnants qui peuvent être interrogés et approfondis ce soir.

La douleur concerne une partie du corps (Mal aux dents, au ventre, au cœur…), la souffrance envahit l’ensemble de la personne. Les limites sont floues : une douleur intense ou prolongée devient toujours une souffrance qui s’empare du corps et de l’esprit. La douleur est parfois choisie (sportifs, jeunes qui se scarifient…). La jouissance où la douleur physique, préférée au vide et à la douleur morale, est recherchée.

Le Mal existe et existera toujours

Les tsunamis, les tempêtes, les guerres, la mort… la souffrance aussi. Le problème n’est pas de le nier mais plutôt de s’interroger : « Qu’est-ce que j’en fais ? Comment vivre avec le Mal ? Quel sens donner à cette situation ? »  Il ne s’agit pas de se résigner ou d’abandonner la lutte contre les fléaux, mais de se poser ces questions.

-Est-ce qu’un animal souffre ? 

-Il a évidemment des douleurs physiques et affectives (ex : une vache séparée de son veau). Mais a-t-il une souffrance ? Pense-t-il sa mort ? Je n’en suis pas sûre.

 

Comme dit dans le Livre de Job, les questions sur l’origine du Mal sont nombreuses mais la seule réponse est le silence.

Les mécanismes naturels de défense.

Il existe des réactions physiques (ex : les endorphines) et des réactions neurologiques (ex : victimes d’accidents graves, sidérées, qui ne souffrent pas pendant un laps de temps).

La perception de la douleur est singulière, dépendante de la personnalité, de la culture, du moment, de l’entourage… (ex : enfant anglais qui, blessé, recevait l’injonction de ne pas pleurer, de ne pas être un chicken (connoté pleutre, douillet, pleurnichard…) chez nos voisins britanniques). La ressenti de la douleur aurait certainement été autre pour un enfant français ou méditerranéen.

Témoignage : un soldat de la guerre de 1870, très grièvement blessé aux jambes, écrit de son lit d’hôpital à sa famille. Alors qu’il est agonisant, il s’enquiert de sa famille, des voisins, de la vie locale. Hypothèses : il veut ainsi rester dans le monde des vivants, de sa famille… Ou/et sa situation de blessé de guerre le pose dans une situation héroïque de défenseur de la patrie qui donnant sens à ses douleurs les atténuent, leur donne un sens. Mécanisme de sublimation.

La douleur ressentie est très influencée par la culture et la religion.

Témoignage : une femme médecin, veuve, avec un enfant atteint de trisomie, une fille est diagnostiquée leucémique… « J’ai eu beaucoup de chance : quand j’ai été éprouvée j’ai toujours rencontré quelqu’un ». Témoignage corroboré « J’ai toujours rencontré quelqu’un qui tend la main. Même un étranger ».

Mécanisme de la résilience (qui nécessite toujours un « tuteur de résilience » disponible). Cela implique toujours que la victime accepte d’être aidée.

Les douloureux et éprouvés doivent être en relation, accompagnés.

Pour métaboliser leur douleur sans qu’elle les submerge, les souffrants doivent trouver un sens pour intégrer ce mal dans leur raisonnement et leur destin (comme le soldat blessé). La culture et les religions sont un guide dans cette recherche d’explication.

 

Pour qu’une personne éprouvée accepte une reconstruction, appelée résilience, l’aidant doit : lui manifester de l’empathie et de l’affection ; s’intéresser prioritairement à ses côtés positifs ; le laisser libre de parler ou de se taire ; ne pas se décourager face aux échecs apparents ; respecter son parcours de résilience ; lui faciliter l’estime de soi ; éviter les gentilles phrases qui font mal ! (Particulièrement avec des souffrants psychiques.)

Trouver du sens, son propre sens, à l’existence telle qu’elle se présente est le premier des mécanismes de défense. On ne trouve du sens qu’en relation avec son entourage, en liens.

Douleurs et souffrances physiques.

La douleur physique est inhérente à tous les êtres sensibles. Mais la douleur peut devenir souffrance et enfermement quand elle envahit l’esprit, l’ensemble de la personne. La souffrance psychique a aussi des douleurs perçues dans le corps. Notre souffrance serait comme l’accumulation dans notre corps des douleurs de toutes les douleurs de notre histoire.

Les traitements efficaces existent (jusqu’à la sédation). Témoignage : une alliance thérapeutique patient/médecin est nécessaire. Cela passe par la parole et non par les examens. La souffrance vécue n’étant jamais objectivable, la souffrance dite ne doit pas être mise en doute. Elle doit être écoutée.

Douleurs et souffrances psychiques.

Moins reconnues, moins acceptées, elles sont souvent déniées. Elles entrent avec effraction dans une vie ; celle-ci perd son sens. Douleurs et souffrances intenses, incommunicabilité, entrainent un isolement et une marginalisation qui peuvent aboutir à une situation de sdf et mener à la toxicomanie. L’asile était autrefois une réponse pour protéger ces malades, malgré des chambrées de 50 malades, des équipements rustiques…

Les maladies psychiques sont diverses : schizophrénie, maladie bipolaire, mélancolie, dépression chronique… et chacune de ces affections ont un pronostic et des traitements différents.

Les dépressions sont caractérisées par la triade : perte de l’élan vital, perte de l’estime de soi, sentiment d’incurabilité.

Le traitement de ces maladies psychiques permet au malade de ne pas se laisser envahir et préserve autant que possible sa vie de famille, au travail, ses relations…

Souffrances des familles de malades psychiques.

Souvent, les souffrances des maladies psychiques sont niées par le malade et par son entourage car elles sont trop dérangeantes.

Il existe un déni souvent lié à la culpabilité. Les proches cherchent quelle erreur ou faute ils ont commis (erreur d’éducation, mauvais exemple, faute de l’entourage…). Le voisinage cherche dans le passé des explications (réparation de fautes ou mauvaise vie des ancêtres, génétique, toxiques…)

Attention !!! aux « gentilles paroles » toxiques !!! « Je me mets à ta place », « tout ça c’est du passé », « il faut te remuer », « il faut ne plus y penser », « tu as tout pour être heureux » … sont de gentilles phrases qui peuvent causer de grandes souffrances chez une personne ayant perdu l’estime de soi. Une écoute bienveillante, sans injonctions, jugement ou intrusion, ne guérit pas mais peut soulager et surtout ne pas nuire.

Il existe des associations regroupant et aidant les familles : UNAFAM… hélas les familles repoussent et n’ont pas assez recours à ces associations (Culpabilité, honte, difficultés à communiquer …)

On peut se laisser toucher par la relation au malade : en faire quelque chose pour soi.

Souffrances des malades atteints de maladie neuro-dégénérative.

Les douleurs (ex : rage de dent) peuvent avoir des conséquences graves chez des personnes dans l’impossibilité de communiquer par la parole. Cela risque d’entrainer un retard de soins et, par exemple, une impossibilité de manger, provoquant une souffrance envahissante.

Une dépression et une anxiété sont souvent présentes surtout aux premiers stades de la maladie : la personne se rend compte de ses déficits et de ses nouvelles limites.

Il existe une persistance de la mémoire émotionnelle, que l’on peut voir dans une larme ou un sourire, même quand les autres mémoires et fonctions (en particulier le langage) sont perdues. Les souffrances existent mais les petits bonheurs aussi !!

Souffrances des familles de personnes atteintes de maladie neuro-dégénérative.

Deux témoignages concordants : Une mère en EHPAD, avec une maladie évoluée sans contact verbal possible. Grande douleur et culpabilité de ne « pouvoir faire que ça ». Soins et accueil jugés insuffisants. Culpabilité de ne pas rendre à leur mère les soins reçus de sa part. Injustice d’une « situation non méritée ».

Les familles sont souvent épuisées physiquement et émotionnellement. Un sentiment de culpabilité les retient de demander une aide nécessaire, professionnelle, familiale ou amicale.

« Il n’y a que moi qui puisse soigner mon mari » ; « C’est à moi de le faire »… Des tentatives d’explications sont avancées : « C’est à cause du divorce du fils, à cause des voisins, à cause du travail » …

Cela retarde une prise en charge médicale et sociale toujours utiles. Il s’agit d’une maladie, personne n’est responsable, il s’agit seulement de trouver la meilleure prise en charge.

Souvent, les conflits avec les soignants sont centrés sur l’alimentation : la fille (ou fils) veut réparer le manque supposé (ou réel) du manque de nourriture de son parent : rendre le bénéfice d’avoir été nourri par ce parent dans l’enfance. La fille ou le fils peuvent aussi apporter une irremplaçable présence, même limitée, une stimulation émotionnelle par la réactivation de souvenirs ou de sensations.

Il faut savoir lâcher prise, sortir de l’illusion de la toute-puissance et de la culpabilité.

Souffrances de soignants de malades souffrant de maladies neuro-dégénératives.

Une confusion à éviter : l’EHPAD n’est pas un « lieu de vie » mais un « lieu de soin ».

La compassion peut être ambigüe : il ne faut pas s’identifier au malade, ne pas se mettre à sa place.

L’empathie consiste à comprendre ce que d’autres éprouvent et à entrer en résonance avec eux sans contagion émotionnelle.

La quantité de travail est importante : l’équipe soignante n’est pas une bande de copains, ce sont des professionnels. L’EHPAD étant un « lieu de soins », les soins au malade sont la priorité. (Et non la décoration de l’étage, les anniversaires ou la fête des mères parfois inadaptée : célébration de fête des mères à des religieuses !).

Le « burn-out » est souvent dans la réparation. La toute puissance des soignants se fracasse sur le mur de la réalité de la souffrance et de l’impossibilité de guérir le malade. Les soignants ou aidants « ne se sentent pas reconnus ». D’où un effondrement physique et psychique.

Souffrances sociales (dans le cadre de la maladie).

Les maladies physiques, et plus encore les maladies psychiques ou dégénératives, nous font voir la réalité en face : nous avons des limites, des fragilités. Nous ne sommes pas tout-puissants, nous ne pouvons pas avoir emprise sur tout, tout maitriser.

Car on ne peut pas nier l’existence de ces maladies, ni l’humanité des personnes qui en sont atteintes, fragiles et diminuées, même si la société de consommation œuvre pour voiler cette condition humaine.

Un malheur peut donner du sens à notre existence. Ne pas fermer cette ouverture.

Témoignage : dame ayant perdu 2 nouveaux nés. Effroyable souvenir de son mari emportant le corps dans un petit cercueil sous le bras. Le bas-âge des enfants ne les plaçaient pas dans l’humanité digne d’obsèques. « Dieu a donné, Dieu a repris » ont été des paroles inadmissibles et blessantes. L’Eglise a heureusement changé totalement de doctrine et de pratique à ce sujet.

Toutes les religions ont essayé de donner un sens au Mal ; les chrétiens croient que le sacrifice de la Passion a racheté le Mal. Par ses paroles, par sa vie et sa fin de vie sur la croix, le Christ a réparé et montré la voie pour les hommes.

Quand il est fait, le bilan financier du traitement des malades ne fait jamais état des économies réalisées par l’investissement en temps et en travail auprès des malades. Les bénévoles (visiteurs à domicile ou en EHPAD, membres d’associations comme Alliance 24 ou France-Alzheimer…) contribuent gracieusement à une aide indispensable.

La judiciarisation croissante des rapports sociaux, professionnels ou particuliers est une conséquence directe de l’individualisme et de la société de consommation. Confrontés à la souffrance « ils ne se sentent pas reconnus à leur juste valeur » et, au lieu d’envisager la voie constructive de la lutte collective, ils demandent réparation par de l’argent, unique valeur.

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Nov 02

Octobre 2018 – Tisseurs de liens en milieu rural

Bersac le 17 Octobre 2018

 

INDISPENSABLES TISSEURS DE LIENS

en milieu rural

Tisser des liens entre personnes, entre générations, entre milieux sociaux : c’est un objectif et une nécessité aussi bien pour les élus locaux que pour les responsables d’associations.

Les liens humains sont une dimension irréductible de la « nature » de l’Homme. Indispensables pour donner sens à la vie, pour le développement des enfants, pour assister les plus démunis, pour créer des occasions joyeuses…

Dans notre milieu, rural, les activités reliant les personnes sont très majoritairement organisées sous le régime du bénévolat (contrairement au milieu urbain), nombreuses et très fréquentées. Parmi la quarantaine de personnes présentes ce soir, 3 seulement, n’appartiennent à aucune autre association que l’ARES !

 

Deux invités passionnés de relations.

Un élu (Lionel ARMAGHANIAN maire de Beauregard) et un responsable sportif (Guy ROUGERIE dirigeant du CAB rugby jeunes) ont animé la rencontre à partir de leur expérience. Ils sont passionnés par leurs responsabilités et activités respectives. Ce sont 2 enfants du pays, attachés à leur terroir, connaissant bien le milieu local, son histoire et ses habitants.

Ils rencontrent les mêmes difficultés et font les mêmes constatations dans leurs domaines respectifs

G.R. « Créer un lien social c’est facile ; mais c’est de l’entretenir et de l’enrichir qui est plus dur » ; « pourtant le sport, en particulier collectif, est une école de la vie » ; « nous responsabilisons les jeunes qui parfois manquent de toute éducation : être à l’heure, dire bonjour, nettoyer son équipement… » ; « C’est un lien entre les personnes et intergénérationnel »

L.A. élu à 31 ans, maire depuis 18 ans de sa commune natale. « Le lien social est la préoccupation principale de tous les maires » ; « parfois pour régler des petits problèmes de voisinage car les voisins ne se parlent pas » ; « il est remarquable que la solidarité, l’aide entre voisins, est spontanée et massive quand il y a des catastrophes : inondations, tempête, grêle… »

Un enseignant remarque que « le lien entre parent et enseignant est essentiel pour la qualité et la réussite des études ».

 

Une évolution ressentie comme préoccupante. Les intervenants, et les participants, jugent négative l’évolution des relations. Dans le sport « le bénévolat est en chute ; en particulier les parents qui déposent les enfants à l’entrainement et viennent les récupérer à la fin ». Parfois avec 2 heures de retard !

L.A. « Les gens ne se connaissent plus ; au Foyer Laïque, les adhérents sont nombreux (142) ; mais les gens d’acteurs sont devenus consommateurs : ils prennent le service proposé et s’en vont, sans s’investir » ; « seuls les anciens s’investissent les jeunes couples ne prennent pas le relai » ; « depuis la télé et surtout depuis internet ».

 

Le passé a laissé place à beaucoup de nostalgie ; « dans la société paysanne les gens étaient obligés de s’entraider, se prêter le matériel, partager veillées et repas » ; « l’USV (rugby du Lardin) était une citadelle, un club rude et besogneux comme ses habitants ouvriers, qui laisse des souvenirs dans toute la région… » ;  avec nombreuses anecdotes pittoresques. « Avec l’individualisme actuel tout s’est effiloché. Quand il y a de nouveaux habitants, ce qu’ils font en premier c’est de planter des haies qui les cachent de tous et mettre un panneau –Propriété privée/ Défense d’entrer- »

 

Une volonté pour travailler et vivre en relation maintenant et demain.

« Actuellement l’école de rugby du CAB forme des joueurs de très haut niveau. Certains dans les grands clubs »-« Oui mais quelle proportion ? »-« 5 sur 300 en formation ». « Il se crée des liens de camaraderie qui perdurent même après la vie sportive commune ». Observation valable pour les petits clubs avec des liens intergénérationnels (ex d’un dirigeant exerçant pendant 60 ans !).

« Le très gros problème c’est le manque de bénévoles, de personnes responsables, en particulier de parents » ; manque généralisé dans les communes et dans les clubs sportifs (grand et petits). Ce déficit humain est démultiplié par les exigences administratives et règlementaires entrainant souvent une prise de risque de la chaine de responsabilité. La multiplication des procédures (plus ou moins légitimes) est sans doute un des facteurs (avec la minimisation des moyens propres) de la vague de démissions ou de non-poursuite du mandat.

Pour les petits clubs, ruraux en particulier se rajoute un manque de moyens financiers.

 

Il est remarqué que le sport n’est pas, loin s’en faut, la seule activité socialisante : moins médiatisés, les clubs de musique, de peinture… sont nombreux et actifs. Aussi le sport peut être désocialisant quand ses exigences empêchent, par exemple, des étudiants de s’intégrer dans leur classe et parfois de suivre des études correctement.

 

Une initiative constructive initiée par la municipalité : « Agenda 21 ». La création et l’entretien de relations de voisinage (bonnes !) est une préoccupation première de la municipalité (« de toutes les municipalités »)

Beauregard est actuellement dans son deuxième plan (de 3 ans) d’ « Agenda 21 ». Il s’agit de rassembler les volontaires (élus, habitants… en fait toute personne même étrangère à la commune) autour de projets locaux ayant 2 buts : améliorer l’environnement et tisser des liens de proximité. Il a été organisé ainsi des nettoyages de ruisseau ou de source, le dégagement de chemins… suivis d’un pique-nique partagé, dans une ambiance souhaitée joyeuse. Cette organisation permet, entre autre, aux nouveaux habitants de rencontrer leurs concitoyens.

« Il est dommage qu’il faille toujours créer un évènement pour que les gens se rencontrent ». « Ce devrait être naturel, sans intervention d’un tiers, que les gens se parlent, se connaissent ».

Cette initiative n’est pas unique : repas des anciens, clubs et associations multiples, journée de la poterie, club d’histoire locale tissant aussi des liens avec les générations précédentes… « Les repas sont les plus fédérateurs… ».

« On peut regretter le fait que les gens d’acteurs sont devenus consommateurs ».

 

Une initiative constructive d’un club sportif : Des membres actifs ou anciens de l’USV ont souhaité célébrer le centenaire du club en 2007. Guy Rougerie a été pressenti, puis coopté, pour coordonner ces manifestations. Ont été organisés des spectacles, des repas, des soirées à thème… et enfin le week-end avec match de gala (3000 spectateurs). Le succès et la renommée de ce « centenaire » ont dépassé les prévisions. Les bénéfices de cet ensemble de manifestations a été versé intégralement à l’école de rugby de l’USV pour la formation et l’éducation des jeunes. Aussi (et surtout ?) ce fut une belle occasion de nouer ou renouer des liens entre anciens, très anciens et jeunes. Un passage de témoin entre générations.

L’équipe organisatrice a, sur sa cohésion, initié puis développé des actions de sensibilisation et d’aide au sportifs handicapés. « …d’une remarquable solidarité et d’une grande qualité de relations ».

« Les liens avec les vulnérables (personnes âgées en isolées, handicapés malades et invalides, les personnes socialement très défavorisées et isolées…) sont certainement à rechercher et cultiver ».

Des freins à la vie de relations : Beaucoup d’obstacles sont sur-souligner, nostalgie aidant.

*Changements structurels du milieu rural : disparition de la paysannerie, services publics rares ou disparus (poste, école, commerces de proximité…), diminution des foires et marchés locaux,

*Conditions sociales actuelles : travail des femmes et éloignement du lieu de travail diminuent les opportunités de rencontres, par exemple à la sortie des écoles. « Quand un couple travaille, loin de son lieu de résidence, on peut comprendre que le soir ils veuillent s’isoler et se reposer. Même si c’est loin de l’idéal social ».

*La décomposition des familles : les clubs apparaissent souvent comme un substitut à l’absence d’autorité et de devoir éducatif des parents.

*Multiplication des normes, règlements et lois. Couplé au juridisme et à l’existence de « procéduriers » compulsifs c’est un frein à l’engagement collectif et aux initiatives : nombreux sont les maires qui renoncent devant le risque judiciaire (et les conflits de voisinage !). Les responsables d’associations prennent souvent des risques personnels avec des actions (par exemple accompagner des enfants ou adolescents) alors qu’ils sont mal couverts par leur assurance ou qu’ils sont hors-règlement (par exemple sous-effectif). Certains se retirent.

*Pour les associations rurales le manque de financement est une limite et un frein.

*Multiplicité des offres avec dispersion des adhérents jeunes ou adulte.

*Il existe des groupes fermés et d’autres ouverts, accueillant : il semble que les seconds aient la préférence de « communautés » autour de centres d’intérêt temporaires en particulier chez les jeunes.

*Enfin : il s’agit d’un problème mondial : il s’est creusé un fossé entre générations et un changement de mode de vie (ex : Hollande). Le changement des formes des relations de proximité et l’investissement moindre des nouvelles générations est universel.

 

Et pourtant !!!! des engagements et des joies. Malgré les limites et les difficultés nous sommes dans un milieu où « quand je vais au marché à Terrasson je connais la plupart des personnes et je les salue ». « Il existe pleins d’activités organisées (par exemple l’Amicale Laïque) et aussi beaucoup d’initiatives personnelles ou des relations s’établissent de personne à personne ou par groupe ». Les « fêtes des voisins » organisées ou spontanées rencontrent du succès et témoignent du besoin de contacts. Même si certains regrettent qu’il faille créer un « évènement » pour que des voisins se parlent.

Il se crée de nouvelles formes de relations. Moins bien qu’avant ???

« Pourquoi vous êtes vous engagés ? » ; « Ce doit être génétique (en riant) ; pour le bien commun, par solidarité avec les habitants de mon village ; pour faire avancer les choses »

« On me l’a demandé. J’ai toute ma vie été dans le rugby. C’est une ambiance, surtout dans le Sud Ouest. Le rugby ne s’arrête pas après la deuxième mi-temps…Il est important qu’il y ait une transmission entre générations ».

 

« Qu’est ce que cela vous apporte ?»

 Tous les deux: « De la joie !!! »

 

Post-réunion : l’Arménie.

Lionel Armaghanian a bien voulu nous renseigner sur la réparation d’un lien très particulier. Il a fait partie d’une délégation, en Arménie, de maires français, ayant un ancêtre arménien. Il est donc allé dans le pays de son grand-père paternel réfugié en France, en passant par la Syrie, pour fuir le génocide ottoman.

Grandes lignes : 3 000 000 d’habitants dont 1 200 000 dans la capitale Erevan. Pays avec contraste très grand entre villes modernes, comparables aux villes européennes, et des campagnes où rien n’est organisé (services publics, circuits économiques…). Pays du mont Ararat (refuge mythique de Noé) et de la première église (toujours autonome) de l’histoire. Bon vin… mais non commercialisé !). Massif  exode des jeunes, en particulier vers la Russie. Mécénat des expatriés très important. Mentalité « d’assistés » avec attentisme, sans initiatives personnelles. Mémorial du génocide : « Très impressionnant, comparable à Auschwitz. Les photos et les noms des victimes : 3 000 000 de personnes sur une population totale de 6 000 000 »

 

Il est prévu une coopération de l’association des maires d’origine arménienne : objectif de stimuler la créativité et la prise en main de leur propre destin par les arméniens.

 

Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux (ce) que l’on aime

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Sep 22

Septembre 2018 L’EUTHANASIE

Ce 19 septembre    l’abbé  Jean Marie BOUYGUES  éthicien   a animé un débat sur  l’euthanasie

 

 

 

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Mai 26

Mai 2018 La vie a t-elle un sens par Genevieves DEMOURES

Pensez vous que la vie a du sens ? que la vie a un sens ?
Quel sens donner à sa vie
Autant de question qui refont surface en Occident après
l’effondrement des grands systèmes religieux et des idéologies
politiques mises à mal. Alors chacun est renvoyé à lui même et peut
légitimement s’interroger sur ce qui fait sens pour lui d’autant que la vie
nous réserve un lot d’épreuves et de changements qui nous
amènent à nous questionner sur notre place, sur l’aventure humaine,
la nôtre et celle plus collective, ,sur  le devenir et la trace que nous
pourrions laisser.

Le sujet est très vaste et modestement nous allons essayer de
réfléchir ensemble; comme vous savez je ne suis pas philosophe,
simplement médecin gériatre, en retraite depuis peu, mais aussi
présidente de France Alzheimer pour la Dordogne, participants aux
travaux de l’espace éthique sur les maladies neuroévolutives.
Enfin mère de 4 enfants, grand-mère de bientôt 7 petits et aussi fille
d’une vieille dame qui perd la tête et ne sait plus trop si je suis sa fille
sa mère ou sa sœur..
C’est de toutes ces places qui je compte réfléchir avec vous en
ajoutant aussi la foi chrétienne qui m’anime au cœur de la rencontre
humaine
Si l’on veut essayer d’y voir plus clair, commençons par nous
interroger sur le sens du mot SENS:

avec 3 significations, la direction, la signification et la sensibilité
La direction est relative à un but; autrement dit une existence ne
prend sens que lorsque ce que l’on fait mène à quelques chose,
lorsque le présent conduit à l’avenir. Mais si l’on identifie sens et
direction alors la vie que l’on mène semblera toujours ailleurs et le bonheur
pour demain; car la plupart des buts s’éloigne lorsqu’on les atteint et c’est
ce qui conduit la pensée religieuse dans son ensemble (toutes les
pensées religieuses) à ne donner sens à la vie que par rapport à un
au-delà d’où son insistance sur l’espérance.
Le sens ne serait donc pas uniquement direction mais signification;
Signifier c’est faire signe, faire signe dans la parole, impliquant une
altérité; nos vies ont du sens dans la mesure ou nous sommes
capables de leur donner par la relation à un autre que moi;
Mais la question du sens renvoie à la question du rapport au temps;
mo présent prend sens par rapport au passé qu’il accomplit dans la
fidélité et les loyautés qui m’accompagnent, mais aussi à l’avenir qu’il
prépare, mes projets à moi mais aussi le devenir collectif;
pour autant présence sensible au présent dans ce qui nous
autorise à savourer les petits bonheurs quotidiens complète ces trois
significations: direction, signification et sensibilité
Alors pourquoi la vie devrait avoir un sens ?

Les grands systèmes philosophiques et religieux de l’humanité se
sont tous emparés de cette question existentielle:
Pour Platon le sens de la vie est d’atteindre la forme de connaissance
la plus pure qui soit, pour Aristote il s’agit de rechercher le bonheur
suprême alors qu’Epicure met en avant le plaisir tranquille dénué de
souffrance.
Les stoiciens prônent une vie en harmonie avec le Logos (la parole)
le principe d’ordre de l’univers par une maîtrise de soi dépassionnée;
la pensée libérale met en avant la recherche de la liberté, par le
travail et la proprété; d’autres courants prônent l’amélioration de la vie vers
une conception d l’Eternité selon que l’on est fidèle ou pas aux lois

du Coran pour les musulmans; la suppression du soi intérieur

pour devenir un avec l’absolu cosmique et être délivré du cycle des

réincarnations pour les hindouistes; chez les bouddhistes la

recherche de l’illumination permet la fin de la douleur et de l’illusion

de soi ; enfin dans la Bible la réconciliation avec Dieu est la porte de

la vie éternelle et permet à l’homme d’être sauvé.

Dans nos sociétés occidentales où le relativisme règne en maître, nos

contemporains désireux de se libérer de tout système de pensée

refusent souvent d’admettre que la vie pourrait avoir un sens absolu

et collectif ; on ne compte pas toutes les publication prônant le bien-

être individuel, la connaissance de soi, le développement personnel

et la réconciliation avec son être profond, etc..

En effet le sens de la vie sur terre peut nous apparaitre comme

absurde à cause de la mort qui vient frapper chacun de nous parfois

prématurément laissant les questions sans réponses, souvent dans

des conditions difficiles ou absurdes, toujours avec douleur.

C’est que nous livre Albert Camus, philosophe de l’absurde quand il dit

« si la vie avait un sens on ne le chercherait pas r»

L’absurde étant la rencontre inévitable entre la détresse de

l’homme et l’indifférence du monde

Alors à part se mentir à soi-même, comment trouver du sens au cœur

d’un réel qui ne répond à aucune questions ?

Je citerai un phrase du photographe BRAISSAÏ: « on se demande

parfois si la vie a un sens… et puis on rencontre des êtres qui

donnent un sens à la vie »

En effet ces questions, pour importantes qu’elles soient, sont quand

même l’apanage des riches que nous Sommes, car nous n’avons pas à

lutter pour notre survie ; au contraire les personnes très pauvres,

démunies de tout, de nourriture, de terre, d’espoir tentent tout

simplement de survivre au jour le jour sans s’interroger sur le sens de du Coran pour les musulmans; la suppression du soi intérieur pour

devenir un avec l’absolu cosmique et être délivré du cycle des

réincarnations pour les hindouistes; chez les bouddhistes la

recherche de l’illumination permet la fin de la douleur et de l’illusion

de soi ; enfin dans la Bible la réconciliation avec Dieu est la porte de

la vie éternelle et permet à l’homme d’être sauvé.

Dans nos sociétés occidentales où le relativisme règne en maître, nos

contemporains désireux de se libérer de tout système de pensée

refusent souvent d’admettre que la vie pourrait avoir un sens absolu

et collectif ; on ne compte pas toutes les publication prônant le bien-être individuel, la connaissance de soi, le développement personnel

et la réconciliation avec son être profond, etc..

En effet le sens de la vie sur terre peut nous apparaitre comme

absurde à cause de la mort qui vient frapper chacun de nous parfois

prématurément laissant les questions sans réponses, souvent dans

des conditions difficiles ou absurdes, toujours avec douleur.

C’est que nous livre Albert Camus, philosophe de l’absurde quand il dit

« si la vie avait un sens on ne le chercherait pas r»

L’absurde étant la rencontre inévitable entre la détresse de

l’homme et l’indifférence du monde

Alors à part se mentir à soi-même, comment trouver du sens au cœur

d’un réel qui ne répond à aucune questions ?

Je citerai un phrase du photographe BRAISSAÏ: « on se demande

parfois si la vie a un sens… et puis on rencontre des êtres qui

donnent un sens à la vie »

En effet ces questions, pour importantes qu’elles soient, sont quand

même l’apanage des riches que nous Sommes, car nous n’avons pas à lutter pour notre survie ; au contraire les personnes très pauvres

démunies de tout, de nourriture, de terre, d’espoir tentent tout, simplement de survivre au jour le jour sans interroger sur le sens de

leur existence. Cequi peut les aider à vivre, ce qui peu les soutenir
au-delà de la recherche de nourriture, ce sont peut être les liens familiaux,
amicaux, communautaires;
Comment ne pas être interpellés par le regard des petits enfants
affamés et de leur mères en république du Congo, par les regards
fous des enfants soldats, par la détresse des migrants sur leurs
embacations de fortune, par les images des camps de concentration
ou la folie humaine avait fait perdre la raison et continue à
questionner sur le sens?
Comment ne pas être interpellés encore par cette vénération de
ceux qui produisent avec le regard condescendant posé sur les
assistés et les improductifs au sein desquels les vieux, malades ou
non se vivent comme un charge.
Ccomment ne pas être interpellés par ceux qui défendent les
avantages acquis ceux qui ne peuvent vivre dignement de leur
travail, et ceux qui sont envahis par la peur d’être abandonnés parce
que trop dépendants?
Comment ne pas être interpellés enfin face aux enjeux écologiques
pour notre planète, aux ravages induits par toujours plus de profit,
face aux armes qui ne cessent de proliférer y compris dans une
grande puissance mondiale.. Quel sens produit cette course en
avant ?

Le doute peut alors légitimement s’installer sur le sens de la vie
d’autant que si tout ce qu’on a appris ne sert à rien alors pourquoi en
garder mémoire ?
Et si l’on n’imagine pas d’avenir qui permette l’épanouissement
comment ne pas se tourner vers un passé souvent fantasmé, dont la
lecture ne correspond plus au présent et qui devient source de repli ?
L’oubli dans lequel la société maintient certains groupes de
population ne peut conduire qu’à la violence ou aux maladies de

‘oubli car il vaut peut-être mieux perdre la mémoire que de
constater qu’on appartient plus à l’histoire du présent.
Il nous faut alors chercher ce qui donne sens..
Le philosophe Michel de Montaigne écrivait que » philosopher c’est
apprendre à mourir »
Et Cicéron affirmait que  » toute la sagesse du monde se concentrait
en un point: « nous apprendre à ne craindre de mourir »
Est-ce que vivre pour préparer sa mort serait le sens de la vie? Mais
alors si la mort est aussi inéluctable et absurde pourquoi donc
génère-t-elle autant d’angoisse ? Notre quête de sens se
dans le néant de nos finitude..
Cependant l’être humain a toujours gardé en lui une aspiration
d’éternité. Pour lui-même ou pour l’humanité
Et au cœur de cette espérance se trouve la parole.
C’est la parole qui fonde l’avenir, qui promet l’avenir en ouvrant le
temps présent.
Au commencement était la Parole et la parole était Dieu et la
Parole était Dieu(Jean1)
La parole permet la rencontre, la rencontre avec soi et la rencontre
avec l’autre. c’est la parole qui fait sens dans nos relations
humaines. nous sommes membres les uns des autres; et
l’épanouissement de chacun n’est pas à mon sens accumulation de
performances, de richesses, voire de connaissances il s’agit là
d’accumulation
Au contraire le sens de toute une vie est plutôt dépouillement et
c’est en cela que vieillir peut se comprendre comme le moyen
d’apprendre à se dénuder de tout ce qui n’est pas essentiel;

Vieillir pourrait être un chemin ou l’on réécrit son histoire afin de la
rendre plus acceptable, pourrait être la mémoire d’une révolte
contre les mesquineries, le conformisme et les postures.
Comme le prix à payer pour être enfin libre.
 » Accéder à une vie bonne, avec et pour autrui dans des institutions
justes » ainsi que le dit Paul Ricoeur.
Tel est sans doute le sens d’une vie, construite depuis l’enfance, pas à
pas afin que chacun de nous puisse en faire un destin non pas
égoïstement mais au cœur d’une générosité sans cesse mise en
œuvre.
Nous ne maitrisons ni l’origine, ni la fin et en cela le sens de la vie
peut paraître absurde; le Politique( avec un P au sens large) est
arrachement à la fatalité dans ce qu’il permet la fécondité sociale de
chaque être humain et traduit ce que chaque homme possède en
commun dans une exigence à Se Penser et non à subir les mirages du
paraître et de l’avoir.
C’est ce que m’ont appris les personnes qu’on dit « insensés » à
travers les colères et les étrangetés de leur comportement, à travers
les mots balbutiés pour tenter la rencontre, à travers ce temps
suspendu qu’ils habitent ou le passé et le présent se mêlent, à travers
Cette quête inlassable de la rencontre..

Alors pourrons nous devenir ces veilleurs de l’Espérance,
annonciateurs que demain est déjà possible si nous savons
expérimenter cet Amour qui place l’éternité dans le Sens de notre vie

COMPTE RENDUE DE CETTE  CONFERENCE

DONNER DU SENS A SA VIE

A Bersac la salle Saint Laurent était complète pour participer avec le Dr Geneviève DEMOURES à une réflexion sur le sens de la vie. Geneviève DEMOURES, dans un exposé apprécié, définit en ouverture les questions posées. « Est-ce que la vie a du sens ? » « Est-ce que la vie a un sens ? », « Comment donner du sens à ma vie ? ». Elle propose de réfléchir ensemble à partir de nos expériences sur ces questions où il n’y a pas une seule réponse. Elle propose d’exposer sa vision du problème à partir de son expérience professionnelle de médecin gériatre, mais aussi de sa vie de femme, de mère, de grand-mère et aussi de fille et aussi à partir de son éducation et de ses convictions.

Le sens a plusieurs définitions. Il est direction : alors la vie sera toujours une attente insatisfaite. Il est signification en rapport avec mon expérience. Il est alors exprimé dans la parole. Il est aussi présence sensible par nos ressentis qui s’originent dans nos organes des sens.

Les religions, les philosophies tentent de satisfaire cette recherche de sens en promettant un au-delà ou un futur radieux.

Pour d’autres le sens de la vie peut apparaître comme absurde à cause de la mort inéluctable, souvent difficile et cruelle. Absurde aussi quand dans la vie collective nous rencontrons la misère matérielle dans nos villes nos campagnes ou sur les autres continents, ou la violence criminelle des enfants du Congo par exemple. Absurdité aussi dans le regard condescendant de ceux qui produisent sur les improductifs (vieux, malades…) ou les égoïsmes sociaux. Absurdité aussi des ravages écologiques induits par la course à l’accumulation, à la croissance… économique exclusivement.

La recherche de sens a aussi une dimension communautaire, collective, universelle.

Nous pouvons avoir un doute : la vie a-t-elle un sens ?

Alors il faut chercher ce qui donne sens à cette vie qui va se finir un jour.

Geneviève DEMOURES met au centre de cette quête la parole. La parole comme relation avec les autres mais aussi réécriture de sa vie. Ainsi le vieillissement ne serait plus la perte de la capacité d’accumuler (richesse, savoirs, performances…) mais un lent dépouillement, un moyen de se dénuder de tout ce qui n’est pas essentiel. C’est le prix à payer pour être enfin libre.

Le but d’une existence serait alors « d’accéder à une vie bonne, avec et pour autrui dans des institutions justes » (Paul Ricoeur). La politique (au sens noble de gestion de la Cité) apparait ici comme une activité donnant sens à un destin collectif.

Discussion libre où de nombreuses opinions et beaucoup de témoignages ont enrichi la réflexion. Nous les regroupons par thèmes :

*La parole : Pour l’humain elle est au centre de la possibilité de donner un sens à la vie selon G. DEMOURES. « C’est dans le regard de l’Autre que nous existons ».

La parole peut construire, réparer ou donner un sens à une existence. Quand une maman dit à son bébé « tu es le plus beau des bébés », ou l’amoureux à sa fiancée  « tu es la femme que j’attendais » ou le mari à son épouse « tu es la femme de toute ma vie » la personne existe pleinement, ressent sa valeur pour autrui. Par là elle construit son estime de soi et élabore son destin.

Positive la parole l’est aussi quand un mendiant reçoit une parole, aussi estimée selon eux qu’une obole. Il en est de même pour un prisonnier ou pour un écolier, pour un malade ou une personne en fin de vie par exemple, écoutant et écouté.

Mais la parole, ou son absence, peut être blessante voire destructrice. Un deuil non dit ou dénié, par exemple, aux enfants de la défunte, peut être destructeur et extrêmement douloureux. Il en est de même quand on se retrouve exclu par la maladie ou le handicap. La parole de la personne n’existe plus : elle est « mise dans une case », à l’extérieur du réseau social naturel.

Seule la relation humaine peut réparer ces blessures. Une illustration : une mère, très âgée, appelle « maman » sa fille. Quand celle-ci corrige son erreur, la mère se ferme et rompt le dialogue. La parole ne peut revenir que quand la fille reprend la conversation au niveau des préoccupations de la mère : « Oui, je comprends. Ta mère te manque… ». C’est un exemple de parole réparatrice.

Dans les témoignages de personnes exclues du fait d’un handicap ou de l’âge c’est aussi la présence d’une épouse ou de mains tendues qui ont permis une reprise de la vie. C’est la fameuse « résilience » (B.Cyrulnik) qui demande pour émerger des « tuteurs de résilience » c’est-à-dire une personne tendant la main nécessaire au bon moment. « J’ai eu beaucoup de chance parce que quelqu’un m’a toujours tendu la main ».

*Le matérialisme, l’évaluation de toute chose et tout être à la mesure de l’économie ôte tout sens et valeur à la vie humaine. « Devenir riche n’est pas donner un sens à sa vie : on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un cercueil ».Par exemple il faudrait, dans les EHPAD, « gérer » une personne agitée, fugueuse, agressive… Il faudrait aussi « gérer » le personnel, l’établissement, sa vie, le stress… Quand il s’agit de personnes, « gérer », empêche de réfléchir aux causes du comportement (malades) ou des difficultés dans l’organisation du travail (soignants).

Il est souligné la disparition des « vocations » : vocation de soignant, d’agriculteur, d’artisan… Le critère de choix étant uniquement matériel : rentabilité et commodité. L’absence de « vocation » est sans doute une cause du nihilisme, de la désespérance ou des aigreurs de certains jeunes.

*La vie prend sens loin des clivages et divisions souvent artificiels entre catégories de personnes. La vie est multiple. Ces oppositions, souvent exacerbées par la publicité, le clientélisme ou le sectarisme ôtent une source de sens. Par exemple l’opposition du binôme séniors-jeunes. Des exemples illustrent le vide de ce concept et des vécus pratiques permettant de dialoguer, de faire des ponts entre les générations, dont tous bénéficient. Les séniors voient que des jeunes assurent la relève ; les jeunes voient que le vieillissement n’est pas la néantisation de la personne. Chacun enrichit l’autre de son expérience.

Il suffit de ne pas rompre la relation par une attitude ou des paroles excluant notre commune humanité.

*La souffrance et « le Mal » sont une réalité et un mystère. Est-ce que l’existence du Mal ne rend pas la vie absurde ? Sans signification propre ?

En cas de malheur, de deuil, il faudrait poser la question autrement : « qu’est ce que je vais faire de ça ? » après bien sûr la période de révolte, de déni, de deuil.

La mort « permet de relativiser nos mesquineries ».Elle permet de « goûter l’instant présent. Les petits bonheurs. Surtout partagés ». « La souffrance peut être un chemin vers le haut… ou pas ! ».

*Les traditions, les communautés naturelles donnaient un sens à la vie par des phases symboliques, en particulier aux changements de statut : accueil dans la famille, adolescence, mariage, décès. « A la suite de la perte de ces repères on se retrouve seul ; en particulier de nouvelles générations qui ont perdu le sens de la vie ». La perte ou la dissolution des traditions, des rituels, la vie dans l’instant, ont ôté du sens à la vie de beaucoup déracinés et anxieux, en particulier dans les épreuves de la vie. Parfois ils fuient les questions existentielles dans une suractivité et/ou des addictions (possibles). La plus fréquente est la dépendance au « Dieu télé qui leur enlève tout désir de se battre ».

Il est difficile de trouver, seul, un sens à sa vie. Mais chacun a une responsabilité dans la recherche d’un sens collectif : il faut répondre et se répondre ; « même je ne sais pas ; même à soi-même ».La phrase de Ricoeur « accéder à une vie bonne, avec et pour autrui » prend tout son sens.

*Croyances et spiritualité sont des boussoles pour certains dans un élan de sublimation.

Les réponses de chacun sont bien sûr libres et variées. Pour Dr G.DEMOURES : «Il s’agit de faire de nos vies des destins». « Le but ultime c’est l’humain » ; « il faut suivre son chemin de vie ; cela fait sens d’avoir une fidélité » (toutes fidélités : conjugale, religieuse, patriotique…).

Il est fait remarquer qu’il existe actuellement toutes sortes de croyances ou de religions en France. Mais « n’est ce pas plutôt des idolâtries ? Idole OM, PSG ou autre et surtout idole-argent, ou la plus fréquente l’idolâtrie de son nombril, de sa petite personne ? Je suis Dieu »

Pour Geneviève DEMOURES : « …importance de s’abandonner à l’Amour universel et qui nous relie. C’est la définition de la communauté humaine et ce qui constitue l’Humain » ; « Je ne sais pas si je crois à la résurrection. Mais je crois à l’éternité, à la vie »

Assemblée générale/Apéritif le 8 Juin à 18h30. Salle Saint Laurent

Participation libre. Tous sont bienvenus

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Avr 30

Avril 2018 LES RELATIONS INTERGENERATIONNELLES

ARES le 27 Avril 2018

LES RELATIONS INTERGENERATIONNELLES

Pour aider et éclairer le débat l’ARES avait invité de jeunes adultes habitués à encadrer des enfants et adolescents : Jacob AYLEY (responsable de la pastorale des jeunes) accompagné d’Océane (son épouse), Edouard et Carole tous animateurs et dirigeants chevronnés de groupes et de camps.

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité les « jeunes » enseignent les générations précédentes dans un domaine vaste et important : l’informatique, les écrans et ce qui en découle (internet, circulation de l’information privée et publique). Il en découle une rupture culturelle qui aboutit parfois à une rupture de la relation parent/enfant ou grand parent/enfant. Cette séparation, voire hostilité, entre les générations avait été constatée lors de la rencontre ARES, « Internet est il bon pour l’Homme ? » en Novembre 2017.

Le téléphone portable est le signe et le « marqueur » de la révolution numérique pour les nouvelles générations. Portable permettant de communiquer (vocalement, sms, Facebook), d’accéder à une information sans limites (films, journaux…) et surtout de jouer parfois sans limites de temps (des mois toutes les nuits) ou morales : on tue, bombarde, agresse, domine… dans ces jeux.

Pour les animateurs-jeunesse présents « c’est impossible à interdire et difficile à limiter ». En effet l’utilisation « massive » du portable est autorisée dans les familles, sans limites souvent. « Le portable fait partie d’eux ». Il en a été ainsi de toutes les introductions de techniques : avant c’était la TV, puis la Gameboy, puis la Gamegear… Or ces technologies existent et « il n’y aura pas de retour en arrière ».

Pourquoi le portable a-t-il pris une telle place dans la vie des jeunes ? Il y a une angoisse du « vide », la nécessité « d’une relation permanente, d’une illusion de contact qui, paradoxalement, les isole ». Chez les petits, il y a une fascination réflexe pour les écrans, sans discrimination. La séparation d’avec le portable est angoissante, voire paniquante. Cependant, dans de petits groupes, lors d’activités spécifiques (temps calme, lecture de BD…) et pendant ce temps, la séparation est possible et bénéfique, en particulier pour la vie de groupe et de relation.

Quelles en sont les conséquences ? Il est constaté « une baisse de l’imaginaire, une impossibilité à se projeter, à s’impliquer, à avoir un désir d’action ». De plus la solitude, recherchée initialement, devient un handicap social induisant une grande anxiété pour entrer en relation réelle aggravant l’isolement par phobie du contact (phobie sociale).

Il existe aussi un risque que les jeunes soit exposés à des images traumatisantes : « il est fréquent que en allant normalement sur le net, il me soit imposée la vision de spams, avec des scènes explicites de rapports sexuels ou de décapitation par exemple ». Il existe une banalisation, des mots et des images, de la violence et de la pornographie. Cette diffusion répétée peut entrainer chez les jeunes un mal-être et parfois des passages à l’acte.

« Le portable existe. Le problème n’est pas son existence mais comment il est utilisé. Cela pose le problème de l’éducation en général et de l’indispensable éducation aux écrans ». Il est nécessaire, très souvent, d’envisager une éducation des parents préalable à une éducation respectueuse et efficace des enfants.

L’éducation problème central. Les familles se sont beaucoup reposées sur l’éducation nationale, se dédouanant du devoir d’éducation des enfants. Or, l’école est chargée de l’instruction et non de l’éducation. Ces 2 fonctions étaient possibles quand les familles coopéraient loyalement avec l’enseignant. Depuis « l’enfant roi », les enseignants craignent et redoutent les réactions des parents ; ils se protègent en étant parfois laxistes.

Une éducation familiale absente ou laxiste favorise l’isolement et est cause du refus de l’autorité ou des contraintes. Selon les participants là est le problème central de l’éducation.

« Il ne faut pas accuser les parents qui sont dépassés. Soit pour des raisons professionnelles (maman qui travaille…) ou culturelles (origines) ou sociales (mères isolées, situation précaire, dépression des parents…). Ils sont eux aussi isolés devant leur écran ».

La scolarité était (années soixante) l’occasion, et la chance, de promotion sociale et aussi d’une éducation, en particulier dans les milieux populaires : ex la Nicle à Terrasson : « la discipline apprise à l’école rendait de jolis services ; qui duraient toute la vie. Hélas cette discipline n’existe plus et c’est désolant».

Du fait de la présence envahissante des écrans les jeux de société et les jeux psychomoteurs ne sont plus utilisés : dommage !  «J’avais le meccano qui permettait le développement de l’imaginaire ; maintenant ils n’ont plus d’imaginaire, plus de rêves ; ils sont passifs ; le meccano est sans doute à l’origine de ma carrière d’ingénieur » 

« Finalement c’est le très ancien problème de la bête humaine : l’enfant est-il bon par nature (Rousseau) ? et donc il ne faut pas de contraintes ; ou, est-il nécessaire de l’éduquer, dans la discipline ? »

Les transformations de la famille ont des conséquences profondes sur les capacités de relation des jeunes, à l’intérieur de leur famille mais aussi dans la société.

«Les deux, famille et société sont responsables. Les familles n’ont plus la cote ». La famille nucléaire (papa-maman-enfant) n’est plus la règle. Les parents sont parfois absents du fait de leurs horaires de travail. Ils peuvent démissionner, se décourager, devant les difficultés de l’éducation.

La société incite à la consommation (surconsommation ?) entrainant une obsession du matériel, de l’argent. « Les parents de mes petits voisins ne parlent que d’argent. C’est l’apparence, la voiture, les voyages toujours plus…Les enfants le voient. Il n’y a pas de dialogue dans la famille. Il manque les mots, le vocabulaire. Ils ne connaissent pas les noms des choses les plus simples ».

Cet enfant-roi est il responsabilisé ? Le statut d’enfant dure longtemps (on parle d’adulescent pour les jeunes jusqu’à 25 ans). Dépendants économiques ils ne sont pas actifs et même, souvent, pas concernés par la vie économique et sociale. Dans les générations précédentes, dés 8-9 ans les enfants aidaient les parents dans des tâches ménagères, de jardinage, de ménage…Ce changement n’est pas sans conséquences sur leur vie et aussi sur les rapports entre les générations.

La place des grands parents est spécifique et très importante : « ne croyez pas que nous nous désintéressons des récits de votre jeunesse. Au contraire, c’est tellement loin de ce que nous vivons. Il est plus facile de dialoguer avec les grands-parents. Avec les parents il y a toujours des conflits qui parasitent la relation ». Les souvenirs difficiles ou dramatiques (vie en temps de guerre, grande précarité) sont enrichissants pour les descendants mais ne doivent pas être envahissant et récurrents.

Attention !!! le dialogue n’est possible que si le discours n’est pas trop moralisateur et péremptoire : « moi je… » ; «vous c’est facile..» ; « de mon temps nous faisions…» ; «c’est comme moi que vous devez faire…» sont des ruptures de dialogue qui doit être respectueux et laisser place à la parole de chacun. ». Le changement de langage (en particulier pour les marques de respect et la politesse) ne doit pas être une cause de rupture de lien.

La génération des grands-parents a un rôle social et éducatif très important ; par la distance acceptée avec le vécu de l’enfant ils peuvent être une référence non conflictuelle. « Au Pélé VTT (240 personnes concernées), c’est intergénérationnel. Chacun a une fonction les enfants, les adolescents, les adultes et les grands parents. Les enfants aiment côtoyer les anciens, le soir en particulier ».

Les écrans, largement utilisés par les parents, sont une solution de facilité ou la seule possible : l’enfant est occupé, passif, sans efforts. Il reste dans sa bulle, dans l’appartement.

L’exemplarité des parents, est un préalable. Elle est bien plus efficace que les recommandations ou les attitudes strictes et autoritaires.

Pour vous (responsables de jeunes) quelle est la plus grande difficulté des jeunes actuels ? « C’est le manque d’engagement et de se tenir à son choix. Ils pensent « j’ai tous les droits ». Il leur est difficile de s’engager : trop de propositions ?manque de volonté ? Ils sont incapables de se projeter dans le futur ». Pour ce qui est de l’expérience des invités, il est impossible de prévoir la participation à un camp pourtant choisi par le jeune. Organiser une activité quelques mois à l’avance est impossible.

Il s’agit là d’une évolution rapide et récente : les portables sont ils responsables ? les injonctions de la société hyper matérialiste et marchande ? le manque d’autorité et de principes des parents ?

Pour Jacob « le problème est qu’ils ne croient en rien. Il faut croire en quelque chose ; croyance religieuse mais aussi autre croyance » ; « il n’y a plus de communautés ce qui manque pour un développement harmonieux de l’enfant » ; « ils ont des difficultés d’identification ».

La baisse de vigueur des communautés religieuses, mais aussi villageoises, familiales… ne permet pas à l’enfant (ou adolescent) d’avoir des certitudes sur son importance et sur son destin. Il en résulte un marasme ou une angoisse permanente. Parfois les clubs sportifs, les fans de chanteur ou vedette sont un substitut à ce manque de modèle, d’idéal. « C’est mieux que rien, que de ne faire partie d’aucun groupe ».

Un exemple réussi d’adhésion à un groupe est « le scoutisme. Il y a de plus en plus d’adhérents, les demandes étant parfois trop importantes (toutes obédiences). Les jeunes viennent chercher un cadre ferme, une responsabilisation. Un cadre qui ne lui est pas donné. Il doit s’engager lors du serment ». « La vie dans la nature, être responsable du feu, de la construction de l’abri… sont des activités valorisantes et plaisantes. ». Ce qui explique, pour une part, le succès du scoutisme actuellement. Un cadre strict et bien posé rassure tout le monde : les jeunes, les parents et les grands parents.

Jacob : « Croire en quelque chose entraine le respect qui entraine des conduites respectueuses »

Questions diverses :

*La drogue ? « Dans nos camps et regroupements nous n’avons jamais eu un seul problème. Si une fois un adolescent avait amené des alcools forts. Il a été expulsé définitivement du camp ». Les animateurs reconnaissent qu’ils ont affaire à des jeunes «cathos», avec une éducation et une présence parentale qui n’est pas forcément la même pour tous les enfants.

*Le projet de service national est il attendu ? : « on n’en a pas entendu parler. Ce n’est pas un sujet de discussion entre nous ».Pour les générations précédentes l’avis diverge radicalement : « Dans le passé c’était très important. Il inculquait des valeurs et une discipline ».

*L’Europe ? « Pas un sujet. Pas même avec le voisin de palier. Nous n’avons plus du tout confiance dans la politique. Qui peut croire qu’ils vont appliquer leurs propositions ? »

La défiance envers les politiques est généralisée et radicale : la politique n’a aucune importance. « C’est une répulsion ! ».

*Patriotes ? «La France, l’Europe cela ne nous évoque rien». «Moi je défends ma petite patrie : le Périgord». L’humanitaire, la mondialisation les mobilisent plus.

*L’avenir, en particulier professionnel : « C’est difficile de s’insérer. On a le choix entre : faire des études et après les études, travailler et ne rien faire ». Pour les générations précédentes il n’y avait qu’une seule option : travailler. Il s’agit là d’un changement de société majeur.

On en revient à la question : « ils rêvent de quoi ??? »

Des raisons d’espérer :

  • Il ne faut pas idéaliser le passé : dans les années 70 seulement 0,5% des diplômés de 3° cycle étaient des enfants d’ouvriers ! (actuellement 5,2% d’enfants d’ouvriers et 7% d’employés)

  • Nous avons déjà vu que de nombreux enfants cherchent spontanément un cadre « sérieux » (ex scouts). Tous les jeunes et toutes les familles ne sont pas semblables.

  • Une expérience intéressante : « nous sommes un groupe qui a été dans des collèges et lycées exposer  « l’amour intégral», c’est-à-dire l’amour dans toutes ses dimensions, physique, affectif, spirituel. Ils sont habitués à entendre des discours sur l’amour physique, la mécanique. Ils ont été fort intéressés. A la fin du cycle 80% des élèves ont été convaincus de la beauté de l’amour intégral, de l’intérêt de cette approche ». Les enfants sont demandeurs d’éducation ; encore faut- il qu’ils aient des propositions.

Jacob conclut « c’est à nous de leur donner envie de faire partie de quelque chose » ; bien sûr en sauvegardant la relation : pas de moralisme, pas de «nous on faisait…», pas de «au bon temps…»…

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Avr 03

Mars 2018 – Insécurité et citoyenneté

INSECURITE ET CITOYENNETE

Le chef d ‘escadron TETU Matthieu invité par l’ARES a eu l’amabilité de se déplacer en personne pour exposer sa mission et les conditions dont il dispose pour l’accomplir. Dans un dialogue avec l’assemblée il a pu aussi dire l’intérêt de la coopération avec les citoyens, les bénéfices que chaque partie en retire et les conditions d’une amélioration de cette contribution.

Le chef d’escadron TETU est le commandant de la Compagnie de gendarmerie de Sarlat qui recouvre (en gros) l’ancien arrondissement de Sarlat qui va de Terrasson à Villefranche et de Salignac au Bugue soit 75 000 habitants environ. Donc un vaste territoire rural, avec quelques petites villes, traversé par des axes de communication importants (principalement la D6089) et une activité touristique soutenue l’été (Lascaux, Sarlat, vallée de la Dordogne et de la Vézère…) : ces données géographiques influencent beaucoup la délinquance et les risques.

Moyens humains. La Compagnie de gendarmerie de Sarlat est constituée de 110 gendarmes (dont environ 30 gedarmes femmes) dont une brigade motorisée. Elle héberge sur son territoire une brigade autoroutière à La Bachellerie. Ce sont deux unités dédiées à la sécurité routière. Elle comporte un PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) chargé des interventions les plus physiques. Ce PSIG a une compétence PSIG sabre, dédiée à la gestion des situations à risque de « tuerie de masse ». Il existe également une « brigade de recherche ».

Pour le terrain, le travail de proximité, il y a 4 COB (Communautés de gendarmerie : exemple la communauté de Terrasson-Montignac avec 22 gendarmes). Ce sont les COB qui effectuent le travail principal : être au contact de la population, être visibles, être placées pour prévenir, être informées et réagir vite. Chaque gendarme est affecté une demi-journée par semaine à la recherche de renseignements au contact de la population.

Les appels d’urgence (« police secours ») sont en augmentation nette mais le département de la Dordogne reste le 9° département le plus sûr de France. « Dans le temps, un curé devait rester longtemps pour connaitre bien ses pécheresses. Le turn over n’est il pas préjudiciable à l’efficacité ? »–« Certains gendarmes restent longtemps et sont la mémoire locale de la gendarmerie. Par ailleurs il est difficile de refuser durablement des demandes de mutation »

Après un temps où « la politique du chiffre » a paralysé la gendarmerie (énormité des tâches administratives, statistiques…) la gendarmerie nationale a pu se recentrer sur son cœur de métier. Lutter contre toutes les formes d’insécurité. Avec un bémol : la gendarmerie doit faire la chasse aux « charges indues », en particulier le gros travail à l’interface gendarmerie-judiciaire qui consomme beaucoup de temps et d’énergie.

« Avez-vous assez de personnel ? »– « Oui ; cela est convenable. Il y a parfois des postes non pourvus ou absents (maladie…), mais globalement nous sommes normalement pourvus ».

« Notre slogan : notre engagement, votre sécurité »

« Les réglementations européennes concernant le temps de travail interdisent ce qui était le statut traditionnel où le gendarme, qui est un militaire, était mobilisable, à chaque heure ou jour, selon les besoins et les ordres de la hiérarchie »

Moyens matériels : A une époque, pas très lointaine, la gendarmerie a pu manquer de moyens pourtant essentiels : parc auto vieillissant, dotation en carburant insuffisante… Ce temps est révolu. Sont mis à disposition des moyens tout à fait modernes d’investigation et d’intervention.

Un hélicoptère partant de Limoges ou Egleton pour la recherche de personne, de véhicule…. Le parc auto a été renouvelé. Chaque gendarme est doté d’un smartphone qui met à sa disposition, en intervention, tous les renseignements dont il disposerait au bureau.

« Vous pouvez comme ça savoir quel est le propriétaire d’un véhicule ? Qui est telle personne ? »–« Non le droit d’accès aux renseignements est sévèrement encadré et doit être en rapport avec une procédure judiciaire. Pas une recherche par curiosité ou intérêt personnel »

« Oui, mais maintenant quand on va à la gendarmerie de Thenon ou de Terrasson la nuit, il n’y a personne. On nous demande de nous adresser à une gendarmerie éloignée »–« En fait il y a un interphone qui sonne à Périgueux, où, 24h/24 et tous les jours, un gendarme vous répond pour vous informer, recevoir votre demande et déclencher les secours si nécessaire ».

Participation citoyenne. La gendarmerie Nationale s’investit beaucoup dans ce nouveau concept. Il s’agit d’une collaboration, gratuite, institutionnelle des citoyens avec ses services. Il s’agit d’un modèle créé en Angleterre où il a montré son efficacité. Ce dispositif est, après accord de la municipalité, une invitation à signaler des personnes ou des situations suspectes.

On sait que, si votre voisin est cambriolé, vous avez 3 fois plus de chance d’être cambriolé à votre tour. « Donc, en protégeant le voisin vous vous protégez vous-mêmes ». Il s’agit de signaler tel démarcheur non déclaré, telle personne qui se présente comme employé de l’électricité (ou de la police…), tel fourgon rôdant autour d’une maison fermée…

« Peut-on signaler aussi une suspicion de violence ? de salafisme ? de maltraitance ? de trafic de stupéfiants ?.. »–« Bien sûr cela ne concerne pas uniquement les risques de cambriolage »

« Attention !!! Il ne s’agit pas de créer une milice privée, encore moins d’essayer d’appréhender les délinquants. Il faut signaler à la gendarmerie, qui, après vérifications, se chargera de l’affaire dans le cadre de la Loi ».

La participation citoyenne peut être rapprochée de l’OTV (opération tranquillité vacances) : témoignage d’un terrassonnais qui signale son absence avant de partir en vacances : la gendarmerie surveille périodiquement son domicile ; les voisins jettent un œil sur sa maison. A charge de revanche lorsque les voisins s’absentent.

Intervention de Monsieur le Maire du Lardin : « Nous avons eu plusieurs cas d’escroquerie. Nous n’avons pas encore signé de convention-participation citoyenne- mais déjà nous avons signalé plusieurs fois, en particulier dans le bulletin municipal les numéros d’urgence et la marche à suivre en cas de suspicion »

Cambriolages : C’est un problème très fréquent. Avec des délinquants locaux, généralement connus et faciles à interpellés, et des délinquants itinérants, parfois traversant les frontières, et se déplaçant et volant surtout le long des axes de circulation (la RD 89 et les autoroutes essentiellement). Principalement, seuls l’argent liquide et l’or les intéressent, faciles à transporter et à écouler.

La PTS (police technique et scientifique) a fait faire de gros progrès ; un exemple est l’interpellation d’un voleur de nationalité lituanienne, ayant sévi en Espagne et dans d’autres pays européens, qui a pu être interpellé dans le centre de la France. Ses empreintes génétiques avaient été retrouvées sur un petit caillou. La pose de petits cailloux sur le portail est une technique fréquente de repérage : si le caillou n’a pas bougé c’est qu’il n’y a pas de passage et donc que la voie est libre !

Une participation citoyenne des voisins permettrait, dans de nombreux cas, d’avoir une action préventive, de protection ou de résolution du problème.

« Quel est le taux de résolution des enquêtes après vol ? »–« En France (pas de statistiques locales) le taux de résolution est de 16% ; Il sera meilleur si la participation citoyenne est installée permettant les renseignements humains. Nous avons pour volonté de bleuir le territoire ; c’est-à-dire de déployer les gendarmes sur tous les territoires, être visibles. Il y a un effet dissuasif et protecteur ».

« Peut on piéger son domicile ? »–« Non. Il existe toujours la nécessité d’adapter la hauteur de la réplique au risque de l’agression. La légitime défense est très encadrée ».

Protection des vulnérables. Les victimes sont souvent des personnes vulnérables, à protéger en priorité : personnes isolées, personnes faisant confiance à priori et se faisant détrousser « par ruse » après avoir ouvert leur porte… Les voisins « participation citoyenne » doivent être doublement vigilants. Le signalement à la gendarmerie peut se faire directement au bureau, par l’interphone (en dehors des heures d’ouverture), par téléphone (le 17 ou 112 avec un portable et le 114 pour les personnes sourdes et malentendantes) ; il existe aussi un site internet gendarmerie Accessible depuis un ordinateur, une tablette ou encore un téléphone, la brigade numérique de la gendarmerie vous répond 24 heures sur 24. Pour cela, il vous suffit de vous rendre sur :

pour faire une déclaration et un compte Facebook départemental où de nombreux objets volés sont en photo.

Notre individualisme exacerbé a pu faire baisser l’esprit de civisme voire développer une indifférence à nos voisins, en particulier les vulnérables : « a minima éthique, la protection des voisins est notre protection ».

« L’insécurité et la sécurité sont des sentiments. Ils ne sont pas des données objectives ». On comprend que les personnes fragiles se sentent vulnérables face aux agressions et vols.

Nouvelle délinquance : La multiplication des délinquants itinérants a été signalée. Ils utilisent des techniques toujours renouvelées : passer par les toits, repérer les maisons (surtout les résidences principales) temporairement inhabitées..

Il existe aussi une nouvelle délinquance, en particulier informatique. Par mail, ou autre moyen de communication, se développent des escroqueries : demande d’argent car perte de moyens de paiement à l’étranger, virus informatique à éliminer (virus qui a été introduit par l’escroc !), parrainage… Toutes ces escroqueries doivent être dénoncées, le croisement des informations peut aboutir à la neutralisation des sites et des délinquants.

La participation citoyenne n’est pas la délation : Les traces et souvenirs de l’Occupation et des dénonciations anonymes aux conséquences criminelles ont entrainé une grande « réserve » et méfiance devant les dénonciations et les dénonciateurs.

Cette méfiance n’est pas justifiée : nous sommes dans un état de Droit, les informations et suspicions sont toujours vérifiées soigneusement.

Questions diverses : Efficacité des caméras en ville ? Très efficaces mais coûtent cher aux communes. Insécurité routière ? Trop élevée ; punition avec tolérance (5 Km/h) pour les délits les plus dangereux.

Manœuvre d’entrainement à une tuerie de masse (Lascaux) ; centre d’entrainement (international) à la gestion de troubles urbains (manifs, émeutes…) à Saint Astier. Différences entre gendarmerie départementale territoriale (blanche) et gendarmerie mobile (jaune) ?

Notre rencontre s’est tenue avant le drame de Trèbes-Carcassonne.

Le meurtre sauvage de l’officier de gendarmerie, le Colonel Beltrame (et de trois autres personnes) éclaire vivement le slogan dit par le Cdt TETU.

« Notre engagement, votre sécurité »

Nous nous associons au deuil des familles et de la Gendarmerie

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Mar 03

Février 2018 LES LOIS DE LA BIOETHIQUE:

Une rencontre-débat sur le thème de la bioéthique s’est tenue le jeudi du 28 février 2018 en salle Saint-Laurent au Lardin. L’ARES a déjà réfléchi sur ce thème en juin 2011. Toutefois, les changements dans ce domaine sont très rapides et il n’est pas inutile de débattre à nouveau sur les nouvelles questions qui se posent!

La bioéthique est l’étude des problèmes éthiques posés par les avancées en matières de biologie et de médecine. La bioéthique diffère de la déontogie en ce qu’elle ne concerne pas que les médecins.

Ce sujet invite à réfléchir sur des questions sociétales, car les progrès nous annoncent des changements majeurs. Un nouveau monde va surgir. C’est pourquoi la loi sur la bioéthique est révisée tous les sept ans afin d’articuler la loi et les découvertes.La loi s’articule avec l’air du temps.Des conférences citoyennes se tiennent un peu partout avant que le débat législatif ne s’engage.

SYNTHESE:

                                                                                                                                —————

TRANSHUMANISME :

Qu’est ce que c’est ?

 

MANIPULATIONS GENETIQUES :

Comment ça marche ?

Principe de précaution respecté pour thérapeutique ? Quel est le bilan bénéfice/risque ?

Est-ce éthique et raisonnable pour les cellules germinales, la transmission à la lignée ?

 

RECHERCHES SUR CELLULES EMBRYONNAIRES

L’embryon (« personne humaine potentielle ») bénéficie t il de la dignité due à une personne ? Est ce un matériau jetable et manipulable ? A quel âge doit-il être protégé ?

 

DIAGNOSTIC PRENATAL :

Les femmes sont elles vraiment libres de leur choix ?

L’élimination des « a normaux » ne renforce t elle pas le non accueil de toute personne handicapée ? leur non accompagnement ?

 

DIAGNOSTIC PRE IMPLANTATOIRE :

Toute puissance des parents et des professionnels avec choix des caractéristiques de l’enfant ? Eugénisme ?

 

PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE

Le désir d’enfant est il un droit à l’enfant ?

Droit des femmes seules ? des couples de lesbiennes ?

La sélection par la richesse est elle éthique ?

L’usage, l’habitude créent ils le droit et la Loi doit elle suivre ?

 

DON D’ORGANE

Doit-il être un don (gratuit) ou être un devoir, même contre la volonté de la famille?

 

GROSSESSE POUR AUTRUI : sujet qui fera l’objet d’une future rencontre.

 

FIN DE VIE : sujet qui fera prochainement l’objet d’un débat.(fin mai avec le Dr.Desmours)

 

 

 

Quelques pistes de réflexion ont été proposées par les participants :

  • Les neurosciences, l’homme augmenté.
  • Coupler le cerveau humain à l’électronique.
  • L’insémination artificielle avec donneur.
  • Indépendance et capacités à disposer de soi. Arguments pour et contre.
  • Soulager et supprimer la souffrance.
  • La procréation : quelle en est la valeur intrinsèque ?
  • Gestation pour autrui : c’est interdit en France, pour combien de temps ?
  • Geste de réconfort et de soutien aux agonisants.

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer la condition humaine notamment par l’augmentation des caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Les transhumanistes considèrent certains aspects de la condition humaine tels que le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort subie comme inutiles et indésirables.

La génétique progresse, ainsi que les sciences cognitives et l’étude du cerveau.

Calico (California Life Company), est une société de biotechnologies fondée en 2013 par Google avec le but avoué de se concentrer sur le défi de la lutte contre le vieillissement et les maladies associées.

Leur budget est de 425 millions de dollars, Google rêve de faire le bonheur de l’unanimité, Google rêve de faire de dollars.

Vivre plus vieux, plus intelligent, plus longtemps.on sait déjà faire :

  • La composition des cellules de cochons ont été modifiées afin de fabriquer plus d’Omega3 et moins d’Omega 6 ; le campagnol est devenu fidèle par manipulation génétique. ; un ver : sa durée de vie a été multiplié par six ,et une souris de 60 %.

 

Cellules embryonnaires

Le CRISPR : Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeatsn .Véritable « ciseaux à ADN », le CRISPR Cas9 (associated protein 9) ouvre la voie à toutes les manipulations génétiques en permettant de supprimer un gène ou de le remplacer. Ces travaux non pas d’applications cliniques néanmoins apportent des espoirs pour la recherche sur la myopathie de Duchenne et dans le traitement du sida.

D’où viennent les embryons : fécondation in vitro (FIV) ? Sept ou huit embryons sont fabriqués pour augmenter les chances de réussite. S’ils ne font plus l’objet d’un projet parental et si les parents y consentent, les embryons surnuméraires peuvent faire l’objet de recherche sur les cellules souches sous certaines conditions, selon la loi française de bioéthique de 2011.

221538 embryons congelés en 2016 :70% le sont pour un projet parental,30 % sont mis en réserve,les embryons sont des « personnes humaines potentielles ».Ceux mis en réserve sont:soit utilisés pour la recherche (surtout cosmétique et médicaments), soit réimplantés, soit donnés à d’autres couples stériles , ou jetés au bout de 5 ans s’il ne sont pas utilisés.

FIV pour les couples stériles :

  • On prend un ovule de la femme et le sperme de l’homme ou un ovule de la femme et le sperme d’un donneur ou le sperme de l’homme et l’ovule d’une donneuse, puis on procède à la réimplantation.

En France il ne peut y avoir d’embryons conçus grâce à un double don (don de spermatozoïdes et don d’ovocytes). Les Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) gèrent les dons de gamètes .Les couples ayant des embryons cryoconservés reçoivent chaque année du CECOS un courrier leur demandant ce qu’ils souhaitent pour leurs embryons .

Techniquement, le prélèvement de sperme est facile (il suffit d’une masturbation), par contre le prélèvement d’ovule est plus difficile : il faut une hyper stimulation des ovaires (HSO) cela est dommageable pour la femme.

Aux États-Unis, un traitement de fécondation in vitro avec don d’ovocytes peut coûter entre 30 000 et 65 000 dollars ; en Espagne : la pratique est facilitée. Les pays voisins sont plus libéraux que la France. Toutefois, après 1945, les Allemands étaient très réticents à toute manipulation génétique suite à celles effectuées par les nazis. Si Hitler avait connu une les techniques d’aujourd’hui ça aurait été le foutoir. Il est curieux de constater qu’il existe plus de lobbies pour défendre les souris de laboratoire que les embryons.

L’église considère que l’embryon à une âme dès la conception, mais où va -t-elle ?.

L’embryon est une personne mais cela reste difficile à imaginer.

Certains pensent que l’embryon n’a pas forme humaine, il n’est donc pas un être humain.

Les cellules souches qui viennent de l’embryon sont indifférenciées, elles peuvent se transformer en os, muscles … Tant que les cellules ne sont pas différenciées, s’agit-il d’un être humain ?

D’autres cellules peuvent être manipulés.

Il ne faut toutefois pas perdre de vue que ces manipulations peuvent apporter la guérison.

Remplacement des noyaux de cellules -.Cellules somatiques — cellules germinales.

Autrefois les manipulations génétiques étaient interdite sauf autorisation..

Aujourd’hui les manipulations génétiques sont autorisés sauf interdiction.

L’homme est capable du pire comme du meilleur.L’homme a toujours cherché à améliorer, c’est la technique qui évolue. Darwin. Mendel. Des lois existait pour tout le vivant. L’homme manipule sans savoir ce que ça va donner.

En Chine des chimpanzés ont été cloneés. A Bordeaux à cheval de course a été cloné. Aux etats-unis des animaux de compagnie ont été clonés. La brebis Dolly.

Le clone humain existe-t-il ? La limite n’est qu’économique…Les clones sont ils des sous-hommes ? Les clones ont-ils une âme ? Des bébés clonés pour servir de réserve de cellules.Il y a eu un saut qualitatif.Saut dans l’inconnu, ça va s’enchaîner très vite.

La Convention d’Oviedo est la Convention pour la protection des droits de l’Homme et de la dignité de l’être humain en rapport avec les applications de la biologie et de la médecine. Elle est signée en 1997. Elle a été ratifié par de nombreux pays sauf la Chine et les Etats-unis.

Modifier le génome un rôle de transmettre aux descendants.

Comité d’éthique

Qui forme les comités d’éthique ?

Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, souvent abrégé en Comité consultatif national d’éthique (CCNE), est un organisme consultatif français ayant le statut d’autorité administrative indépendante, dont la mission est de « donner des avis sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé » .Le législateur en est décisionnaire.

Le comité national d’éthique est nommé par le parlement. Composition du comité d’éthique : 40 membres de différentes familles philosophiques et spirituelle secteur de la recherche et élus pour quatre ans renouvelables.1

Le parlement n’a pas suivi toutes les conclusions.

Le monde de l’argent a pris le dessus : Don d’organes, vol d’organes, commerce d’organes.

Les lobbies sont puissant.

Commission différentes communautés.

Diagnostic prénatal

—DPI : diagnostic préimplantatoire. -DPN : diagnostic prénatal

Si le diagnostic prénatal a décelé la trisomie : tous sont éliminés. Ce n’est pas une médecine préventive c’est une médecine d’élimination.

Jusqu’où peut aller cette médecine d’élimination ?

Ou bascule dans une fabrication d’enfants : : yeux bleus, prix Nobel…Eugénisme…

On ne sait pas encore ce que donnent les manipulations. Quel désir est à l’origine de ces manipulations ? La liberté de la femme de garder ou pas l’enfant.

Un couple décide d’arrêter la grossesse : IVG de confort pour la femme ,ou pour le couple ?

L’église distingue IMG et IVG. Concernant l’ IVG les barrières sont tombées.

Laisser naître certains enfants serait en faire des martyrs, pourtant s’ils deviennent handicapés suite d’un accident, on ne les élimine pas. On les met de côté …Diagnostic préalable implantatoire interdit en France sauf pour chercher une maladie particulière.

Il est interdit de faire un génome.Un jour ce verrou va sauter. Que se passera-t-il alors ?

Un génome ne coûte pas très cher. On peut faire un pronostic de durée de vie, etc.

Est-ce de l’escroquerie ?

Quand on fait un génome, il y a de très fortes probabilités qu’on découvre une maladie ou une anomalie. A partir de quand s’agit-il d’une IMG ?

La nature fait bien les choses : plus de mâles sont nés avant la seconde guerre mondiale.

Aide médicale à la procréation

24839 pratiquées en France en 2016,

Trois critères : -Moins de 43 ans-Couple hétérosexuel-Couple stable depuis au moins deux ans.

Il existe trois méthodes : Insémination artificielle-Fécondation in vitro (FIV) -Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde. Puis implantation in utero.

Embryons surnuméraires :6699 sont jetés-3012 où sont destinés à la recherche-1508 sont donnés à d’autres parents stériles

L’anonymat des donneurs de spermatozoïdes est-il respecté ?

Certaines informations concernant la santédu donneur peuvent être transmises à l’enfant : des maladies comme le diabète.

Un homme qui se sait et malade est-il être donneur de spermatozoïdes ?

Si le donneur l’autorise si l’enfant en fait la demande, il est possible de les mettre en contact.

Il y a risque de consanguinité avec des donneurs qui donnent souvent ou beaucoup.

Concernant l’héritage quid des enfants des donneurs de sperme ?

Procréation médicalement assistée quel est le prix ?

En France s’est gratuit, en Espagne c’est 5000€.

Une interruption volontaire de grossesse est remboursée à 100 %

La procréation médicalement assistée et moins cher que l’adoption.

Un couple de lesbiennes à payeé 5000€ pour avoir deux enfants : un chacune.

Trois embryons ont été réimplantés à une femme hétérosexuelle. Un embryon a été supprimé. Deux jumelles sont nés qui vont très bien. Sept ans plus tard la mère a fait une dépression.

Le pouvoir de conviction du corps médical peut être très puissant.

Est-ce que le désir crée un droit ?

Il n’y a pas assez de gamètes en France. Tentation de les acheter.

« L’indisponibilité du corps humain » est une expression utilisée par la Cour de cassation française pour dénommer ce qu’elle qualifie de « principe essentiel du droit français » selon lequel le corps humain ne serait pas une chose pouvant faire l’objet d’un contrat ou d’une convention, posant ainsi des limites à la libre disposition de soi.

Cette interdiction est incontournable, on ne peut pas vendre la moindre cellule humaine.

Tient-on compte de la couleur de peau dans les dons de sperme ?

La loi doit-elle toujours suivre les mœurs ? La loi consacre les mœurs.

Est-ce la décadence ? Tout cela est-il bon pour l’humain ?

« La GPA est interdite dans notre code civil », rappelle Christine Taubira. Quel est l’état-civil des enfants nés par GPA ? Ambiguïté. la loi est mise devant le fait accompli.

La loi suit les mœurs : courants de pensée, lobbies, etc.

Bientôt on saura faire des enfants en couveuse, ex utero.

Quelle est la position de l’église par rapport à la gestation pour autrui ? 2

Greffe d’organes

Tout le monde est potentiellement donneur. On manque d’organes.

5899 greffes en 2016 en augmentation par rapport en à 2015

4937 reins ou foies. D’un foie on fait plusieurs greffes

Greffe de cellules neuves : Régénération : fabriquer cœur, foie, poumon.

Excellents résultats, bonne qualité de vie ,réussite.

Conditions :Le donneur doit être réellement mort -Pas inscrit sur le registre des refus, la famille peut s’opposer au prélèvement -Le receveur doit avoir de bonnes chances de réussite.

Au nom de la solidarité nationale, c’est le principe du consentement présumé qui a été choisi. La loi indique que nous sommes tous donneurs d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus d’être prélevé. Si vous ne souhaitez pas donner, le principal moyen pour vous opposer au prélèvement après la mort est de vous inscrire sur le registre national des refus,

Ce système français est illégal au regard de la convention européenne des droits de l’homme.

Age limite pour les donneurs ? Pour les receveurs ? Les dons sont à 100% anonymes.

Les prélèvements d’organes « à cœur arrêté » sont une modalité particulière de don d’organe pour lequel la mort du donneur n’est plus seulement cérébrale mais consécutive à un arrêt cardiaque jugé irréversible. Acharnement thérapeutique ?

Acharnement thérapeutique, euthanasie ou soins palliatifs ?

Le suicide assisté ?

Proposition de loi pour la énième fois.

Ce sont des groupes qui font pression.

 

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Jan 25

Janvier 2018 Manger quoi?comment?avec qui?

Bersac le 24/01/2018
MANGER : quoi ? comment ? avec qui ?

Care : « tout geste de la vie est éthique ou pas »

Manger, nécessité physiologique, indispensable à la vie est bien sûr une constante, dans le temps et l’espace, de l’humain. Cette activité, dans ses formes, sa représentation, son contenu se transforme de manière accélérée chez nous. Manger, est aussi une activité sociale sujette à de grandes variations selon la culture et la géographie.

Avoir assez à manger ?
En France : bien sûr on ne meurt pas de faim en France. Cependant des personnes ont un manque quantitatif de nourriture : sans emploi, famille monoparentale (souvent femme), personnes âgées, immigrés, « travailleurs pauvres » surtout dans les villes… A noter l’augmentation de certaines catégories : familles monoparentales et personnes âgées.
Il peut s’agir d’insuffisance de ressources mais aussi, souvent, d’une inversion des priorités : l’achat de tabac, par exemple, ou les différents frais de moyens de communication (écrans, téléphone…)
Des organismes publics ou associations de bénévoles luttent contre ces carences : « banque alimentaire », « restos du cœur », « secours catholique », « croix rouge »… Tous n’en bénéficient pas par pudeur ou honte de faire partie des « assistés ».
Il est noté que cette organisation, publique ou institutionnelle, est venue se substituer à la solidarité des communautés naturelles (famille, voisinage…) d’antan.
A coté du manque quantitatif de nourriture, la « malbouffe » s’est répandue : le gras, le sucre, apportent beaucoup de calories, peu onéreuses, mais induisent l’obésité et ses conséquences : diabète, maladies cardiovasculaires…
Dans le monde : 795 000 000 de personnes en 2015 (815 000 000 en 2016) souffrent de faim dans le monde. Dans les pays en voie de développement 12,9% est dans ce cas (25% de la population subsaharienne).
Concernant les enfants : 3 100 000 enfants de moins de cinq ans décèdent chaque année de malnutrition. 100 000 000 d’enfants sont en insuffisance pondérale. 66 000 000 vont à l’école le ventre vide. Or, selon le PAM (programme alimentaire mondial), 2,2 milliards $ suffiraient à nourrir tous ces enfants. A rapprocher : chaque année la population américaine dépense plus d’argent en « régimes » qu’il n’en faudrait pour nourrir tous les gens qui ont faim dans le monde !
Corruption : témoignage de la situation à Madagascar où une famine par manque de riz a pu être traitée en faisant cesser la spéculation et en permettant le redémarrage de la production locale (action FAO). Les famines sont souvent la conséquence de guerres et de spéculations financières venant aggraver des calamités naturelles (sècheresse, chaleur, épuisement des sols…).
Quelle est l’importance de la surpopulation avec familles très nombreuses, dans des pays en voie de développement où nombreuses sont les personnes souffrant de la faim ?

Qualité suffisante de la nourriture ?
La qualité de la nourriture en France est plébiscitée. La qualité du made en Périgord traditionnel est glorifiée ! (par les présents). La nourriture variée, produite traditionnellement, est jugée appétissante et saine. Le monde entier n’est pas dans le Périgord et les coutumes, les gouts sont variés, parfois étonnants : insectes et vers en Asie, hamburger sorti du frigidaire et mangé solitairement dans les pays anglo-saxons… Les caravaniers en Mauritanie font, essentiellement, un très gros repas hebdomadaire avant un départ et grignotent quotidiennement avec un petit verre de thé !
Il semble exister dans de nombreuses familles une fracture générationnelle avec des jeunes complètement orientés vers l’alimentation rapide importée des pays anglo-saxons : « mac.do » et autres ; Les générations précédentes ne semblent pas prêtes à adhérer à ce mode de vie !
Etre locavore (manger les produits locaux) est hygiénique et vertueux : aliments frais, de saison, dont on connait l’origine et le mode de production, évitant les transports (polluant) et les conservateurs.
La nourriture industrielle, à l’opposé, cumule les inconvénients. Certes les labels, les garanties, les aoc… sont un gage de sérieux minimum. Mais ils ne disent pas tout. Un produit « bio » importé n’a pas été produit avec les mêmes contraintes qu’un produit sous législation française. Des raviolis peuvent être, autre exemple, garanti « pur bœuf ». Certes la viande de cheval en est absente, mais tous les morceaux de bœuf y sont intégrés, peau, viscères et sabots compris !!! Ils contiennent de plus de nombreux colorants, additifs, conservateurs… certes contrôlés en France, mais nombreux sont les produits autorisés telle année qui sont interdits quelques années plus tard. On peut être interpellés et même méfiants !
La préparation familiale (traditionnellement par la femme mais maintenant participation fréquente de l’homme) n’est pas enseignée, pas connue par les jeunes générations. Quel jeune sait tuer un poulet ? écorcher un lapin ?… Autant de lacunes qui obligent à recourir à des plats cuisinés tout faits industriels.

Le mode industriel de production, de transformation et de vente induit, toujours étant donné les finances mises en jeu, la contribution de moyens de persuasion ou de contrainte pour inciter à plus de consommation, plus onéreuse.

Manger sous influence ? des lobbys, des médias, de la publicité…
La consommation, en particulier alimentaire, est une activité économique faisant circuler d’énormes sommes d’argent : il n’est pas étonnant que des lobbys de producteurs, de l’agroalimentaire, de distributeurs influencent et essaient de capter ces flux. Ainsi la mode des fast-food qui séduit tant de jeunes est promue aussi bien par les séries tv américaine que par de la publicité directe. Sans nier l’intérêt de l’alimentation « bio », nous notons que, par exemple, sur 2 jours consécutifs aucune publicité tv pour des produits alimentaires mais uniquement des publicités pour produits « bio » : est-ce une coïncidence si l’augmentation de chiffre d’affaire (et des marges) de la grande distribution et de l’agroalimentaire se fait à 100% par substitution de produits « bio » à des produits conventionnels moins chers ?
La publicité dans ce domaine, comme dans d’autres, incite à la surconsommation : dates de péremption rapides (dont l’expérience prouve qu’elles sont abusives) et excitation des désirs poussent à l’achat. Le principe étant de faire acheter le plus cher possible des produits dont on peut se passer.
Un légalisme exacerbé (les dates de péremption en sont un exemple, comme l’interdiction de don direct- pour non traçabilité-) entraine un gaspillage scandaleux aussi bien chez les producteurs que dans la grande distribution.

Peut-on manger de tout avec tout le monde ? régimes, tabous, singularités…
Il existe de vraies allergies alimentaires et de vraies intolérances. Elles ont généralement vérifiables par la biologie (Ac anti-transglutaminases pour l’intolérance au gluten, appelée maladie cœliaque, par exemple). Il est noté une multiplication de refus de certains aliments « pour cause médicale », qu’aucun argument scientifique ne vient étayer. Les modes dans ces domaines évoluent très vite : ont été accusés les œufs, le sucre, le lait et laitages, la viande, le gluten… Avec parfois une réhabilitation quelques années plus tard. On est en droit de se poser la question : ces habitudes de consommation ne coïncident-elles pas avec l’augmentation de longueur des rayons dédiés aux aliments « spéciaux » dans les supermarchés ? et la possibilité d’augmentation de leurs marges bénéficiaires ? Sans entrer dans le complotisme ne sommes nous pas manipulés par les médias, les écrans, la publicité… ? jusqu’à penser choisir librement un mode de consommation alimentaire en fait induit par la communication de groupes ayant un intérêt direct en ce domaine ?
Autres ont les interdits et tabous alimentaires d’origine idéologique ou religieuse. C’est l’interdiction du porc et de nombreuses viandes par l’islam et le judaïsme pour suivre des injonctions « sacrées » d’une part. Et les végétariens, végétaliens, végans… d’autre part par soucis de la vie et de la sensibilité animale.
Cela peut poser des problèmes sociaux : cantines scolaires ou d’entreprise par exemple.
Cela pose aussi des problèmes relationnels : ces personnes peuvent vous inviter mais ne peuvent accepter votre invitation, sauf si vous faites partie du même groupe de croyance et de pratiques : il s’en suit une séparation des populations radicales : ceux qui font comme moi (les bons) et ceux qui ne le font pas (les mauvais).
Hypothèse : dans un monde où les décisions impactant nos vies sont incompréhensibles, prises loin, par des gens que l’on ne connait pas… il existe un sentiment d’impuissance et de dépossession. Il est alors tentant de, inconsciemment, se singulariser en agissant sur les seules choses que l’on contrôle encore : l’alimentation ; et aussi le style des vêtements, un prénom original pour les enfants, des tatouages, une coiffure très personnelle, des rites spéciaux… Pour avoir l’impression de ne pas faire partie du troupeau, d’être une personne à part entière, libre.

Manger est une nécessité mais c’est aussi un acte social et socialisant. On mange avec ses amis, en famille. Il est des rituels, des traditions, des « arts de la table », fort développés en France. Mais ce n’est pas universel, c’est un choix culturel. A noter que le repas gastronomique Français est reconnu comme patrimoine immatériel universelDans de nombreux pays on mange en collectivité, de voisinage ou tribale. L’accueil alimentaire de l’affamé ou du passant est spontanée et habituelle dans certaines cultures (Proche Orient, Chine, régions d’Afrique…)
Manger seul, quand ce n’est pas choisi, est une épreuve pour beaucoup. Pourquoi et pour qui cuisiner ? pourquoi s’appliquer et s’efforcer ?

Enfance, jeunesse, éducation :
Il existe une véritable rupture de transmission entre les générations en particulier pour les habitudes alimentaires. Le grignotage, manger devant un écran, des plats industriels (hamburger, pizza, kebab, frites…) et des sodas pour boisson, tous aliments déconseillés par les diététiciens, sont habituels. Les goûts prononcés, les aliments naturels (légumes…), les aliments de consistance dure ou ferme sont évités : « je n’aime pas ». Il y a une méconnaissance des plats traditionnels et peu de curiosité pour les découvrir.
Des campagnes, dans les cantines scolaires, lors de « semaine du goût » tentent d’atténuer cette tendance forte.

Pistes pour une réflexion éthique :
· Encourager et développer l’éducation diététique des enfants et des parents ?
· Le consommateur est responsable : il peut choisir ses achats et dépenses avec une préoccupation éthique.
· Informer largement (spots tv comme pour la lutte anti-tabac ?) sur une alimentation respectueuse en particulier des consommateurs, des producteurs mais aussi de la terre ?
· Partager ? Retisser les liens de proximité, les solidarités naturelles.
· Contrôle plus serré de l’information des consommateurs et de la publicité ?
· A l’international seule des décisions collectives peuvent avoir une efficacité : les citoyens peuvent peser sur les élus… ne serait ce que par leur bulletin de vote et des interpellations.

 

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Nov 25

Novembre 2017 Internet et nous

Compte-rendu de la rencontre du jeudi 23 novembre 2017

INTERNET : est ce bon pour l’Homme ?

Internet : est ce bon pour l’Homme ? Est ce humanisant ? Facilite t il le bien commun ?

C’est à ces questions que les participants du dernier atelier de réflexion éthique (ARES) ont essayé de répondre. Ils étaient utilisateurs d’internet dans les mêmes proportions que dans la société en général (85% en France).

 

Les bouleversements qui se produisent actuellement, avec le monde numérique, est plus qu’une révolution technologique : c’est un remaniement complet de notre façon d’appréhender le monde. La mise à disposition constante et gigantesque d’images et d’idées ainsi que leur transmission instantanée ont des conséquences à la fois positives et négatives : sur le développement psychique, sur les règles morales, sur l’économie, sur les liens sociaux. Cette révolution est déjà bien installée et tout le monde devra faire avec.

 

L’influence d’internet sur les jeunes est la première préoccupation : ils sont de très gros utilisateurs et ils semblent plus influençables et vulnérables. Avec l’usage, en particulier, du smartphone, ils sont constamment connectés. Internet peut être une source presque infinie de connaissances dans tous les domaines : informations scientifiques, artistiques, sur l’actualité, sur d’autres façons de vivre ou de penser. Cela peut constituer un enrichissement et une ouverture d’esprit très positifs. Les réseaux sociaux (Facebook et autres) sont principalement utilisés pour communiquer entre jeunes. Mais ils peuvent aussi permettre un lien instantané avec la famille ou des amis éloignés géographiquement.

Information, éducation, communications, jeux… sont des aspects incontestablement positifs. Mais il est aussi des conséquences négatives. La désinformation (comme pour les adultes) est possible. Le correspondant sur les réseaux sociaux même si il s’inscrit comme « ami », reste inconnu et peut être animé d’intentions dangereuses voire criminelles : des prédateurs économiques (racket) ou sexuels (pédocriminels) peuvent choisir puis attirer leurs proies derrière l’anonymat d’un écran. Par ailleurs les rencontres virtuelles, bien que parfois avec une heureuse issue, remplacent hélas les véritables rencontres où le visage de l’autre est réel. C’est pourtant ces rencontres face à face qui construisent une vie sociale et l’aptitude à éprouver la relation à l’autre, à éprouver de l’empathie et même la relation intime et indispensable que nous avons avec notre propre corps.

La surexposition aux écrans, en particulier pour les enfants en âge préscolaire, a une toxicité prouvée sur de nombreuses capacités : l’acquisition du langage, les capacités d’attention et de concentration (même si l’enfant est dans une pièce avec télévision branchée, sans la regarder), la psychomotricité, la capacité d’initiative… ainsi que sur le surpoids et l’obésité.

 

Aussi il a été diffusé la règle « 3-6-9-12 ».

*Pas d’écran avant 3 ans (le moins possible)

*Pas de console de jeux portable avant 6 ans ; préférer les jeux sensori-moteurs

*Pas d’internet avant 9 ans et internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège

*Internet à partir de 12 ans ; mais avec des règles claires : horaires prédéfinis, contrôle parental, pas d’internet (ou smartphone) la nuit…

 

Dés les premiers contacts avec internet l’enfant doit intégrer 3 règles essentielles : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l’on y met y restera indéfiniment et tout ce que l’on y trouve est sujet à caution parce qu’il est impossible de savoir si c’est vrai ou faux.

 

Reste le problème de « l’addiction à internet ». Cette notion est niée par les scientifiques et spécialistes pour trois raisons : ce ne sont pas les mêmes circuits et zones neuronaux qui sont en cause ; le sevrage n’est pas comparable au sevrage de produits avec accoutumance physique ; enfin il ne faut pas le considérer comme une maladie pour éviter de médicaliser ce qui est une surconsommation, sans addiction, et risquer de prendre des médicaments qui, eux, seraient addictifs.

 

Interdire les écrans et internet est peu possible (après 9 ans) et peut être contre-productif, l’écran prenant le charme supplémentaire du transgressif. La meilleure attitude préconisée actuellement est une éducation (adaptée à l’âge de l’enfant) et un accompagnement par un adulte responsable. Des campagnes sur le bon usage d’internet et des écrans pourraient être lancées à l’école et par spots informatifs.

Il serait injuste et inefficace d’accuser ou de culpabiliser des parents laissant leurs enfants de longues heures devant les écrans : la plupart du temps ils sont eux-mêmes frustrés, déshumanisés et dans la solitude et un sentiment d’impuissance : ils ne peuvent pas voir en face leur enfant, encore moins avoir un échange de parole ou de sourire. Leur vide est artificiellement rempli par les écrans. Plutôt que de donner des conseils, qui ne seront pas suivis, il faut retisser du lien social et lutter contre la solitude et le sentiment d’impuissance.

 

Les seniors sont connectés (63% de digital-seniors). Ils l’utilisent en particulier pour les démarches administratives, pour s‘informer ; la prise en main et la formation sont abordables et les services publics (ainsi que les enfants, beaucoup plus experts !) permettent aux séniors de rester connectés et participer à l’évolution de cet outil et de la société.

Les seniors, du fait de leur longue carrière, sont très réticents au fichage réel qui accompagne internet ave l’intrusion constante de publicités : sur leurs habitudes de consommation, sur leur mode de vie et aussi sur leur identité et leur passé qui sont des violations de leur vie privée. Ils demandent le « droit à l’oubli » c’est-à-dire le droit à contrôler ou interdire ce qui peut être dit d’eux-mêmes dans les pages, forcément publiques, d’internet. Les informations sont inscrites anonymement, incontrôlables et sont des immixtions, intolérables pensent certains, dans leur intimité.

 

Information et désinformation. La crédibilité des informations lues sur internet est sujet à caution. Entre les affirmations péremptoires mais sans preuve, les délires négationnistes divers, les manipulations idéologiques ou politiques, les guerres de l’information entre les pays… il est parfois difficile de se faire une opinion raisonnée. Il faut se fier d’abord aux journalistes professionnels, vérifier les sources et le site rédacteur. Il faut toujours garder à l’esprit qu’une information « vue sur internet » n’est pas synonyme d’exactitude prouvée : ce peut être une opinion subjective, ou une erreur et ce peut être une manipulation.

 

Consommation et impact économique : les commandes de marchandises, la recherche de pièces de rechange difficiles à trouver, les comparaisons de prix et l’adresse du commerçant pouvant délivrer le produit… tous ces services sont bienvenus, spécialement pour les personnes isolées, handicapées ou à mobilité difficile.

Ces nouveaux circuits de commerce ruinent cependant les commerces de proximité. Outre l’impact économique ils réduisent les contacts humains et la sociabilité.

Fondamentalement internet excite les désirs par ses publicités omniprésentes et incite à la consommation et même la surconsommation, en particulier de produits inutiles.

 

Modèle économique : garder à l’esprit que les sites ou moteur de recherche (Google, Facebook…) sont « gratuits »… mais ne sont pas des philanthropes. Le chiffre d’affaire du GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) est comparable au PIB de toute la France !!! Les sites « gratuits » se payent avec la publicité et en vendant les informations privées des internautes (centres d’intérêt, achats prévus…) !!! Internet est fait pour faciliter et aussi augmenter le commerce et la consommation. C’est là son modèle économique.

 

CONCLUSION : Internet est un outil et seulement un outil. Il apporte de nombreux services aux personnes : information, communication, commerce, échanges culturels, compréhension du monde et des civilisations, brise des isolements… Il peut contribuer à la paix et la prospérité, à la croissance intellectuelle et esthétique.

Cependant il faut insister et demander qu’une véritable éducation à l’usage d’internet, en particulier auprès des jeunes, soit instituée par les pouvoirs publics et par l’éducation nationale. L’usage des écrans doit évoluer avec l’âge de l’enfant. Il est dangereux de ne pas en tenir compte.

Jeunes, et moins jeunes, doivent garder à l’esprit que ce qui est sur internet doit être vu avec un esprit critique. Que ce que l’on met sur internet y est inscrit à tout jamais (y compris par les employeurs et les générations futures…) quelles que soient les manœuvres et que quiconque pourra le consulter.

Enfin Internet ne remplace pas et ne doit pas empêcher les véritables rencontres, face à face, des humains de tous âges.

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Google

 Règles de confidentialité et conditions d’utilisation

Comment appliquez-vous la récente décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant le droit à l’oubli ?

Le récent arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne a de profondes répercussions pour les moteurs de recherche en Europe. La Cour a estimé que certains utilisateurs ont le droit de demander aux moteurs de recherche tels que Google de supprimer les résultats de recherche qui incluent leur nom. Pour que cette décision soit applicable, les résultats affichés doivent être inadéquats, pas ou plus pertinents ou excessifs.

Depuis la publication de cette décision le 13 mai 2014, nous avons mis tout en œuvre pour nous y conformer. Il s’agit d’un processus complexe, car nous devons évaluer chaque demande individuelle et trouver un juste équilibre entre les droits d’un individu à contrôler ses données personnelles et le droit du public à accéder à ces informations et à les diffuser.

Si vous souhaitez soumettre une demande de suppression, veuillez remplir ce formulaire en ligne. Vous recevrez une réponse automatique confirmant que nous avons reçu votre demande. Celle-ci sera ensuite examinée. Notez que cette procédure peut prendre un certain temps en raison du volume de demandes du même type que nous recevons. Lors de l’évaluation de votre demande, nous vérifierons si les résultats comprennent des informations obsolètes sur votre vie privée. Nous chercherons également à déterminer si la conservation de ces informations dans nos résultats de recherche présente un intérêt public, par exemple, si elles concernent des escroqueries financières, une négligence professionnelle, des condamnations pénales ou votre conduite publique en tant que fonctionnaire (élu ou non élu). Ces cas sont complexes, d’autant que, en tant qu’entreprise privée, nous ne sommes pas les mieux placés pour statuer. Si vous n’êtes pas d’accord avec notre décision, vous pouvez contacter votre autorité locale de protection des données.

Nous sommes impatients de collaborer étroitement avec les autorités de protection des données et d’autres organismes compétents en la matière au cours des prochains mois afin de perfectionner notre approche. La décision de la CJUE implique un changement de taille pour les moteurs de recherche. Bien que son impact nous préoccupe, nous pensons également qu’il est important de respecter l’arrêt de la Cour et mettons tout en œuvre pour élaborer une procédure conforme à la loi.

Lorsque vous recherchez un nom, une notification peut indiquer que les résultats sont susceptibles d’avoir été modifiés conformément à la législation européenne en matière de protection des données. Nous affichons cette notification en Europe quand un utilisateur recherche des noms, et non simplement des pages concernées par une suppression.

Quelles mesures Google met-elle en œuvre pour protéger ma vie privée et mes informations ?

Nous savons que vous accordez une grande importance à la sécurité et à la confidentialité, et c’est également notre cas. C’est la raison pour laquelle Google fait de la protection de vos données et de leur accessibilité quand vous en avez besoin une priorité.

Nous veillons en permanence à assurer une sécurité maximale, à protéger votre vie privée, et à rendre les produits et services Google encore plus pratiques et plus utiles pour vous. À cette fin, nous consacrons chaque année plusieurs centaines de millions de dollars à la sécurité, et nous faisons appel à des spécialistes de la sécurité des données mondialement reconnus. Nous avons par ailleurs développé des outils de sécurité et de confidentialité simples à utiliser, tels que Google Dashboard, la validation en deux étapes et les paramètres des annonces. Vous conservez ainsi la maîtrise des informations que vous partagez avec Google.

Pour en savoir plus sur les méthodes qui vous permettent de garantir votre sécurité et celle de vos proches en ligne, consultez le Centre de sécurité Google.

En savoir plus sur la manière dont nous assurons la confidentialité et la sécurité de vos informations personnelles, et dont nous vous en donnons le contrôle.

Comment puis-je supprimer mes données personnelles des résultats de recherche Google ?

Les résultats de recherche Google reflètent le contenu accessible à tous sur le Web. Sachez que les moteurs de recherche n’ont pas la faculté d’effacer directement le contenu des sites Web. De ce fait, supprimer des résultats de la recherche Google n’entraînera pas la suppression des contenus correspondants. Pour que des données n’apparaissent plus sur le Web, vous devez contacter le webmaster du site publiant les informations en question. En outre, si, au titre de la législation européenne en matière de protection des données, vous souhaitez demander la suppression de certaines informations vous concernant qui s’affichent dans les résultats de recherche Google, veuillez cliquer ici. Une fois qu’il aura été supprimé du site et que Google aura pris en compte la mise à jour, le contenu incriminé ne figurera plus dans les résultats de recherche Google. En cas de demande urgente de suppression de contenu, vous pouvez également consulter notre Centre d’aide pour plus d’informations.

Mes requêtes de recherche sont-elles transmises aux sites Web lorsque je clique sur des résultats de recherche Google ?

Dans certains cas, oui. Lorsque vous cliquez sur un résultat de recherche Google, votre navigateur Web peut également envoyer le référant HTTP, c’est-à-dire l’adresse Internet (ou URL) de la page de résultats de recherche, à la page de destination. L’URL de la page de résultats de recherche peut parfois contenir votre requête de recherche. Si vous utilisez la recherche SSL (la fonctionnalité de recherche chiffrée de Google), dans la plupart des cas, vos termes de recherche ne figurent pas dans l’URL du référant HTTP. Il existe toutefois certaines exceptions, notamment si vous utilisez des navigateurs moins connus. Des informations supplémentaires sur la recherche SSL sont disponibles ici. Les requêtes de recherche ou les informations contenues dans le référant HTTP peuvent être disponibles via Google Analytics ou une interface de programmation d’application (API). En outre, les annonceurs peuvent recevoir des informations concernant les mots clés exacts ayant entraîné un clic sur une annonce.

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« Détox numérique » : règles de base d’un bien vivre ensemble

Posté par Serge TISSERON

Comme chaque année à la période des vacances, des stages coûteux sont organisés pour ceux qui souhaitent rompre avec leurs excès numériques. Ils ont lieu dans des endroits merveilleux où chacun peut trouver un coach attentionné soucieux de son bien-être. Les clients se sentent à tout moment entourés, choyés, compris… de telle façon qu’il ne leur viendrait pas à l’idée d’aller compter leurs Like ou leurs Lol sur les réseaux sociaux même s’ils en avaient la possibilité !
Ces séjours sont en général plutôt réussis du point de vue de leur capacité de faire renouer les personnes qui y participent avec elles-mêmes. Mais la plupart du temps, quand leurs participants reviennent chez eux, la tentation est grande de reprendre les mauvaises habitudes (voir mon blog « Détox numérique » : halte à l’intox ! de juillet 2014). C’est bien compréhensible. La plupart des consommations excessives des technologies numériques sont liées à l’angoisse de ne se sentir exister pour personne, et donc de ne plus exister du tout. C’est pourquoi la seule manière efficace d’organiser autrement notre relation aux technologies numériques passe par la création de règles de vie commune, en famille et en collectivités. Essayons de résumer les règles d’hygiène de base d’un bien vivre ensemble avec les technologies numériques.

Des règles de vie familiale et collective

Conseil n°1 
Prendre le repas du soir en famille sans télévision ni téléphone mobile… ni journal. De manière à faire de ce moment l’occasion d’échanges conviviaux. Et il est bien évident que ce conseil s’applique aux adultes autant qu’aux enfants, et même aux adultes avant les enfants pour ceux qui ont des très jeunes enfants qui ne sont pas encore en âge d’avoir le téléphone mobile. S’ils voient leurs parents décrocher le leur, il sera bien inutile, quand ils en auront un, de leur dire que les règles ont changé !

Conseil n°2 
Débrancher le Wifi la nuit. On peut se mettre d’accord en famille sur l’heure à laquelle débrancher le fameux Wifi, mais cela évite la tentation de la dernière partie de jeu vidéo, ou de la consultation de quelques mails avant d’aller au lit… L’expérience montre que ces consultations absorbent toujours beaucoup plus de temps que prévu initialement.

Conseil n°3
Dresser le soir la table du petit déjeuner et exiger de chacun qu’il y dépose son téléphone mobile au moment où il va se coucher. C’est une manière de rappeler que la nuit est faite pour dormir. Il y aura bien sûr des tricheurs, mais créer une règle n’a jamais eu pour effet qu’elle ne soit pas transgressée. Elle est là pour rappeler que son respect est une condition souhaitable du bien vivre ensemble.

Conseil n°4
Mettre son téléphone sur vibreur en permanence et ne consulter ses messages que dans des tranches horaires spécifiques. Par exemple à la pause du déjeuner. Autrement dit ne jamais imposer à ses interlocuteurs le fait de prendre soudain une autre conversation. Non seulement c’est très humiliant pour l’interlocuteur, mais c’est en plus très fatiguant et morcelant pour celui qui se livre à cette gymnastique mentale bien inutile.

Conseil n°5
Eviter le plus possible, en entreprise, de mettre des mails en copies. En effet cette pratique qui relève de la création d’une sorte de parachute est ravageuse pour chacun des usagers qui se trouvent envahis d’un grand nombre de mails qui ne lui sont pas spécifiquement destinés. La tentation est grande de n’en lire plus aucun, ou de les lire de façon si superficielle qu’on risque de passer à côté de messages importants.

Conseil n°6
Se donner des moments dans la journée que certains appelleront de relaxation, et d’autres de méditation pleine conscience, pendant lesquels il est important de se rendre réceptifs, ouverts et sensibles à l’ensemble des stimulations sensorielles auxquelles notre corps est capable de se rendre sensible. Savoir se rendre sensible aux odeurs qui nous entourent, à la multiplicité des sons que nos oreilles peuvent capter, aux sensations intimes de notre corps comme l’air froid qui rentre dans nos bronches et l’air chaud qui en sort ou encore la consistance de notre salive… Percevoir la température de l’air sur notre corps, le fait que chacune de ses parties puisse avoir une température différente… Bref nous rendre sensibles à la fois à la beauté du monde et à notre harmonie intérieure.

Car les technologies numériques ne menacent pas seulement notre vie sociale. Elles font courir aussi un risque important à la relation indispensable et intime que nous avons chacun avec notre propre corps.
Mais en même temps, c’est notre vie sociale à chacun qui tient la clé des usages que nous faisons de ces technologies. Seul, nous ne pouvons qu’en être chacun toujours un peu plus victime. Ensemble, nous pouvons créer des règles de vie commune que nous respecterons d’autant mieux que nos proches nous les rappelleront, nous encourageront à les respecter et nous féliciteront d’y parvenir.

 

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Juin 28

Juin 2017 – Après l’hiver, le printemps, un film de Judith Lith

Le 22 juin 2017
Sur le thème:
Demain, nos campagnes, l‘avenir de la ruralité
Projection suivie d’un débat
« APRES L’HIVER LE PRINTEMPS »
Un film de Judith Lit
Salle du centre socio-culturel du Lardin

Nous avons été honorésde la présence de la réalisatrice, Judith Lit, ainsi que d’un acteur important qui a porté un témoignage fort de son vécu.

Brigitte Ovaguimian a présenté son livre, « La nature d’un territoire »

« En Périgord, dans le sud-ouest de la France.
Une communauté rurale est confrontée à une question grave :
La génération actuelle d’agriculteurs sera-t-elle la dernière?
Quel avenir pour cette région cultivée sans interruption depuis plus de 5 000 ans? »

« Un documentaire poignant sur les derniers paysans du Périgord qui résistent et maintiennent un esprit de l’agriculture à dimension humaine et humaniste. La fin d’un monde, d’une région qui ne peut vivre sans eux ? Il reste quelques signes d’espoir. Un beau film qui semble rester confiné dans les circuits spécialisés, et même en Dordogne alors que ce film a déjà été récompensé aux USA et sélectionné dans plusieurs festivals. »

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